Le résumé Novistart
L’ARCE permet de percevoir 60 % de vos droits ARE restants sous forme de capital, versé en deux fois, afin de financer le lancement de votre micro-entreprise.
Pour en bénéficier, vous devez être inscrit à France Travail, être éligible à l’ARE et avoir obtenu l’ACRE, condition indispensable. Les 40 % de droits non versés ne sont pas perdus et peuvent être récupérés en cas d’arrêt d’activité, sous conditions.
L’ARCE est adaptée si vous avez besoin de trésorerie immédiate pour investir. Le maintien de l’ARE reste plus sécurisant si votre activité démar lentement et que vous souhaitez conserver un revenu mensuel stable.
👉 Le bon choix dépend avant tout de votre projet et de votre situation financière.
Créer sa micro-entreprise lorsque l’on est inscrit à France Travail peut être une formidable opportunité, à condition de disposer d’un minimum de trésorerie pour démarrer sereinement. Car au lancement, les premières dépenses arrivent vite alors même que le chiffre d’affaires met parfois du temps à se concrétiser.
C’est précisément pour répondre à ce besoin que l’ARCE (Aide à la Reprise ou à la Création d’Entreprise) a été mise en place. Cette aide encore trop méconnue permet de transformer une partie de vos droits au chômage en capital afin de financer concrètement votre projet.
En optant pour l’ARCE, vous pouvez percevoir 60 % de vos droits ARE restants, versés en deux fois. Une solution particulièrement utile pour acheter du matériel, lancer votre communication, investir dans une formation ou sécuriser vos premiers mois d’activité.
Dans cet article complet, vous allez comprendre comment fonctionne l’ARCE, qui peut en bénéficier, comment la demander, le montant auquel vous pouvez prétendre, mais aussi dans quels cas il est préférable de conserver le maintien de l’ARE afin de faire le choix le plus adapté à votre situation et à votre projet de micro-entreprise.
L’ARCE, Aide à la Reprise ou à la Création d’Entreprise, est un dispositif proposé par France Travail. Il permet à un demandeur d’emploi de percevoir une partie de ses allocations chômage sous forme de capital, afin de financer le lancement de son projet entrepreneurial.
Concrètement, au lieu de recevoir vos allocations chaque mois, vous choisissez de transformer une partie de vos droits ARE en un versement en deux temps. Cette option vous permet de disposer rapidement d’un budget immédiat pour démarrer votre activité dans de meilleures conditions.
L’ARCE existe depuis plusieurs années, mais son fonctionnement a évolué pour devenir plus attractif. Depuis 2023, le montant versé correspond à 60 % des droits ARE restants, ce qui en fait une aide particulièrement intéressante au moment de la création d’une entreprise.
Son objectif est clair, permettre aux créateurs d’entreprise de se lancer plus rapidement, avec moins de pression financière, en sécurisant les premières dépenses liées au démarrage de l’activité.
Pour pouvoir bénéficier de l’ARCE, vous devez remplir trois conditions indispensables.
Vous devez être inscrit auprès de France Travail au moment de la création de votre entreprise. Il n’est pas obligatoire de percevoir l’ARE immédiatement, mais votre inscription comme demandeur d’emploi est indispensable pour ouvrir vos droits.
L’ARCE correspond à un versement anticipé de vos droits ARE. Autrement dit, si vous ne pouvez pas prétendre à l’ARE, vous ne pourrez pas bénéficier de l’ARCE. Les deux dispositifs sont donc directement liés.
C’est un point clé. Pour débloquer l’ARCE, vous devez impérativement obtenir l’ACRE, une aide qui permet une réduction de vos cotisations sociales pendant la première année d’activité. Sans ACRE accordée, l’ARCE ne peut pas être versée.
À retenir
Sans ACRE accordée, aucune ARCE ne peut être versée.
Imaginons qu’il vous reste 12 000 € de droits ARE.
En choisissant l’ARCE, France Travail vous verse 60 % de cette somme, soit 7 200 € au total.
Ce capital est versé en deux fois.
Un premier versement intervient peu après la création de votre entreprise et l’acceptation de votre demande d’ARCE.
Le second versement est effectué six mois plus tard, à condition que votre activité soit toujours en cours.
Les 40 % de droits ARE non versés ne disparaissent pas. Ils sont mis en réserve.
Vous ne pouvez pas les percevoir tant que votre entreprise est en activité.
En revanche, si votre entreprise cesse son activité et que vous remplissez à nouveau les conditions pour être indemnisé, vous pourrez récupérer ces droits restants, dans la limite des règles fixées par France Travail.
L’ARCE est versée en deux temps, afin de vous accompagner à la fois au lancement et dans la durée.
Premier versement
Vous percevez 50 % du montant total de l’ARCE dès que France Travail reçoit votre justificatif d’immatriculation.
Ce document confirme que votre entreprise est officiellement créée.
Ce premier versement permet de financer les premières dépenses liées au démarrage de votre activité.
Second versement
Les 50 % restants sont versés six mois plus tard, à condition que votre micro-entreprise soit toujours en activité.
Autre condition essentielle, vous ne devez pas avoir repris un CDI à temps plein entre-temps. Si ces conditions sont remplies, le second versement est alors débloqué automatiquement.
Imaginons que vos droits ARE restants s’élèvent à 14 500 €.
Pour calculer le montant de l’ARCE, France Travail applique un taux de 60 % sur cette somme. Le capital auquel vous pouvez prétendre est donc de 8 700 €.
Ce montant n’est pas versé en une seule fois. Vous recevez d’abord un premier versement de 4 350 € au moment de la création de votre entreprise, une fois votre immatriculation transmise à France Travail.
Un second versement de 4 350 € est ensuite effectué six mois plus tard, à condition que votre activité soit toujours en cours.
Cette somme peut représenter une véritable bouffée d’air pour financer les premières dépenses liées à votre projet. Elle peut notamment servir à acheter du matériel professionnel, comme de l’informatique, de l’outillage ou un véhicule léger, à financer une formation, à créer un site internet, à lancer des actions de communication ou de publicité, à bénéficier d’un accompagnement professionnel, ou tout simplement à sécuriser votre trésorerie durant les premiers mois d’activité.
La démarche pour obtenir l’ARCE est relativement simple, à condition de respecter l’ordre des étapes et de fournir les bons justificatifs.
La demande d’ACRE doit être effectuée dans les 45 jours suivant la création de votre micro-entreprise.
Il s’agit d’un dispositif distinct de l’ARCE, avec son propre formulaire. Sans ACRE accordée, l’ARCE ne peut pas être versée.
Vous devez procéder à l’immatriculation de votre micro-entreprise via le Guichet unique.
Une fois la création validée, vous recevez votre avis de situation au RNE, qui fait office d’équivalent du K-bis pour les micro-entrepreneurs.
Une fois votre entreprise créée et l’ACRE obtenue, vous devez transmettre les documents suivants
votre justificatif d’immatriculation
votre justificatif d’ACRE
une lettre de demande d’ARCE, généralement fournie ou validée par votre conseiller
Après validation complète de votre dossier, le premier versement de l’ARCE, correspondant à 50 % du capital, intervient généralement quelques jours ou quelques semaines plus tard.
Six mois après le premier versement, France Travail vérifie que
votre micro-entreprise est toujours en activité
vous n’avez pas repris de CDI à temps plein
Si ces conditions sont remplies, le second versement de l’ARCE est alors déclenché.
C’est l’une des questions les plus fréquentes lorsque l’on crée une micro-entreprise en étant inscrit à France Travail. Deux options existent, chacune avec ses avantages et ses limites. Le bon choix dépend avant tout de votre situation financière et de la maturité de votre projet.
Vous continuez à percevoir vos allocations chômage chaque mois, tout en pouvant cumuler une partie de vos revenus de micro-entrepreneur. Cette solution est souvent perçue comme plus rassurante, notamment lorsque l’activité démarre progressivement.
Les avantages
un revenu mensuel régulier
un cumul possible entre ARE et revenus d’activité
des trimestres de retraite validés
une solution moins risquée si votre chiffre d’affaires est incertain
L’inconvénient
une trésorerie limitée au démarrage, ce qui peut ralentir le lancement de votre activité
Avec l’ARCE, vous percevez 60 % de vos droits ARE restants sous forme de capital, versé en deux fois. Cette option est particulièrement adaptée si vous avez besoin de fonds immédiats pour démarrer.
Les avantages
une trésorerie immédiate
aucun plafond de cumul avec vos revenus d’activité
une solution idéale pour les projets nécessitant un investissement initial
Les inconvénients
plus d’ARE versée chaque mois
pas de validation de trimestres de retraite pendant cette période
40 % des droits non versés, récupérables uniquement en cas de cessation d’activité sous conditions
L’ARCE est souvent la meilleure option si :
votre activité nécessite un investissement de départ
vous avez déjà des clients potentiels ou des opportunités commerciales
vous êtes prêt à vous lancer à temps plein rapidement
Le maintien de l’ARE est généralement plus adapté si :
vous anticipez un démarrage lent
vous souhaitez sécuriser vos finances personnelles
vous n’avez pas de besoin d’investissement important au départ
Si votre activité cesse, vous ne perdez pas définitivement vos droits au chômage. Les droits ARE non versés via l’ARCE, correspondant aux 40 % restants, peuvent être récupérés, sous réserve de remplir certaines conditions.
Pour cela, l’arrêt d’activité doit être réel et officiel. Vous devez procéder à la radiation de votre micro-entreprise au RNE, ce qui permet de prouver que l’activité est bien terminée.
Vous devrez ensuite vous réinscrire auprès de France Travail afin de rouvrir vos droits à l’assurance chômage. La situation qui a donné naissance à vos droits initiaux doit toujours ouvrir droit à l’indemnisation chômage.
Enfin, un délai raisonnable doit être respecté entre le premier versement de l’ARCE et votre nouvelle inscription. Un laps de temps trop long peut remettre en cause la reprise des droits.
En résumé, même en cas d’échec du projet, vous ne perdez jamais totalement vos droits ARE. L’ARCE reste donc un dispositif sécurisant, à condition de respecter les règles prévues par France Travail.
Voici les erreurs les plus fréquentes commises par les créateurs de micro-entreprises lorsqu’ils souhaitent bénéficier de l’ARCE.
Penser que l’ARCE se déclenche automatiquement
L’ARCE n’est jamais automatique. Il s’agit d’une demande volontaire qui doit être effectuée auprès de France Travail, avec un dossier complet.
Créer son entreprise sans prévenir France Travail
Avant toute démarche, il est fortement recommandé de prévenir votre conseiller. Créer votre entreprise sans l’en informer peut retarder ou compliquer l’obtention de l’ARCE.
Oublier la demande d’ACRE
L’ACRE est obligatoire pour obtenir l’ARCE. Sans ACRE accordée, aucune ARCE ne peut être versée.
Sous-estimer vos besoins en trésorerie
Même avec l’ARCE, il est prudent de prévoir entre 3 et 6 mois de sécurité financière pour faire face aux charges personnelles et professionnelles.
Confondre ARCE et ACRE
À propos de l’auteur
Jonathan Bouveret
Fondateur de Novistrart • Expert micro-entreprise
Lancer. Développer. Vivre de son activité.
Jonathan Bouveret aide les micro-entrepreneurs à y arriver. Sans jargon, sans complexité, sans se perdre dans l’administratif. Novistrat, c’est son terrain de jeu. Un seul objectif : rendre la micro-entreprise aussi simple qu’elle devrait l’être.
Parce que la liberté se construit.