Le résumé Novistart
Vous avez envoyé un devis il y a une semaine, et depuis, silence. Vous avez terminé une mission pour un client content, mais vous n’osez pas revenir vers lui. Vous repensez à ce client de l’an dernier qui n’a jamais rappelé. Dans les trois cas, une relance bien menée peut débloquer la situation, sans passer pour insistant.
La plupart des micro-entrepreneurs relancent trop peu, par peur de déranger. C’est souvent l’erreur qui coûte le plus cher. Un client qui ne répond pas n’a pas forcément dit non, il a peut-être oublié, il hésite, ou il attend simplement qu’on lui facilite la décision.
Ce guide vous montre quand et comment relancer sans braquer, avec des modèles d’email prêts à adapter selon la situation, et ce que prévoit la loi quand la relance concerne une facture impayée.
La première chose à changer, c’est le regard que vous portez sur la relance. Relancer un client, ce n’est pas quémander, c’est faire votre travail jusqu’au bout. Un prospect reçoit des dizaines de messages par jour, le vôtre a pu se perdre, arriver un mauvais jour ou passer après une urgence. Le relancer lui rend service autant qu’à vous.
Surtout, un silence ne signifie pas forcément que le client refuse votre proposition. Il peut avoir oublié votre message, être en pleine réflexion, attendre un budget ou une décision qui ne dépend pas de lui. Une relance ne force rien, elle remet simplement votre proposition dans son champ de vision au bon moment.
Il y a quatre moments clés où une relance change tout. Le devis resté sans réponse d’abord, le cas le plus fréquent, surtout quand votre activité repose sur peu de prospects et que chaque client compte. La fin d’une mission ensuite, le meilleur moment pour proposer la suite et transformer un client ponctuel en client régulier. Le client dormant, celui que vous n’avez pas vu depuis des mois et qu’un simple message peut réveiller. Et la facture impayée enfin.
Ces situations ne se traitent pas de la même façon. Les trois premières relèvent de la relation commerciale, où l’objectif est d’obtenir une réponse ou une nouvelle mission, et où l’on cherche aussi à fidéliser, car un client qui revient coûte bien moins cher à convaincre qu’un nouveau. La dernière, la facture impayée, relève d’une créance et d’un cadre juridique précis, que nous voyons en fin de guide.
Une relance réussie ne sert d’ailleurs pas seulement à remplir votre carnet de commandes, elle doit aussi améliorer la rentabilité de votre activité. Pour voir concrètement ce qu’une mission supplémentaire change sur votre revenu net, testez votre situation dans le simulateur Novistart.
Avant d’écrire quoi que ce soit, une bonne relance répond à quatre questions simples. C’est la méthode Novistart, et elle tient en une idée, une relance efficace ne demande pas « avez-vous vu mon message », elle facilite la prochaine décision.
Pour un devis, inutile d’improviser. Une séquence de trois relances espacées permet de rester présent sans multiplier les rappels, puis on laisse reposer.
| Étape | Quand | Le message |
|---|---|---|
| Envoi du devis | Jour J | Le client reçoit votre proposition |
| Relance 1 | 3 à 5 jours ouvrés après | Rappel court et ouvert |
| Relance 2 | 7 à 10 jours après | Un élément nouveau, précision ou disponibilité |
| Dernière relance | Vers 15 jours | Un message simple qui permet de dire non ou de reporter |
Le ton fait le reste. Vous restez courtois, direct et détendu, jamais sur la défensive ni dans le reproche. Une formule comme « je me permets de revenir vers vous » passe mieux que « je n’ai toujours pas eu de retour de votre part ». Pensez aussi à présenter un prix clair et rentable dès le devis, car une relance ne rattrape jamais une proposition floue.
Côté canal, l’email reste le plus simple et le moins intrusif, car il laisse le client répondre quand il le veut. Pour un client que vous connaissez bien, un message téléphonique peut débloquer plus vite. L’important est de choisir un seul canal à la fois et de ne pas multiplier les rappels le même jour.
Voici quatre relances qui couvrent les situations les plus courantes. Reprenez-les en changeant le prénom, le contexte et le détail concret, pour qu’elles sonnent comme vous et non comme un modèle recopié. Le « détail concret », en particulier, doit toujours appartenir vraiment au projet, un délai, une disponibilité, une précision technique ou une idée neuve.
Objet, votre projet [nom du projet]
Bonjour [Prénom],
Je reviens vers vous au sujet du devis envoyé le [date]. Je reste bien sûr disponible pour l’ajuster si certains points méritent d’être revus, ou pour en discuter de vive voix si c’est plus simple pour vous.
Je serais ravi de démarrer ce projet avec vous. Dites-moi ce qui vous conviendrait le mieux.
Bonne journée,
[Votre prénom]
Objet, et la suite de [projet] ?
Bonjour [Prénom],
J’espère que le résultat de notre collaboration vous rend service depuis. Je pensais à vous, car une prochaine étape logique pourrait prolonger ce qui a déjà été fait.
Si le sujet vous intéresse, je vous prépare une proposition. Au plaisir de retravailler ensemble,
[Votre prénom]
Objet, cela faisait longtemps
Bonjour [Prénom],
Cela fait un moment que nous n’avons pas échangé, et je voulais prendre de vos nouvelles. De mon côté, une nouveauté qui pourrait vous être utile a vu le jour.
Si vous avez un projet en tête, même flou, ce sera un plaisir d’en parler.
Bien à vous,
[Votre prénom]
Objet, un dernier mot sur [projet]
Bonjour [Prénom],
Je me permets un dernier message au sujet de [projet]. Sans retour de votre part, je considérerai que le sujet n’est pas d’actualité pour le moment, et je n’y reviendrai pas.
Si le besoin réapparaît dans les prochaines semaines, ce sera avec plaisir. Bonne continuation,
[Votre prénom]
Un client satisfait est aussi celui qui vous recommande et vous laisse un avis. Après une mission réussie, pensez à lui demander un mot public, par exemple sur votre fiche Google Business Profile, un levier de fidélisation autant que de visibilité.
Relancer une facture n’a rien à voir avec relancer un devis. Ici, vous disposez de règles précises qui encadrent le retard de paiement. Entre professionnels, le délai est en principe de trente jours après la réalisation de la prestation ou la réception des marchandises. Les parties peuvent convenir de délais plus longs, dans les limites fixées par la loi, jusqu’à soixante jours à compter de la facture ou quarante-cinq jours fin de mois.
Passé l’échéance, les pénalités de retard sont dues de plein droit, sans qu’un rappel soit nécessaire. Lorsque leur taux n’est pas fixé dans vos conditions de règlement, le taux supplétif s’élève à 12,40 % par an au second semestre 2026, car il correspond au taux de refinancement de la Banque centrale européenne majoré de dix points. Ce taux évolue chaque semestre. S’y ajoute une indemnité forfaitaire de 40 €, due pour chaque facture réglée en retard, au titre des frais de recouvrement. Ces mentions doivent d’ailleurs figurer sur vos factures.
Attention, ce cadre vaut entre professionnels. Face à un client particulier, ces pénalités automatiques et cette indemnité ne s’appliquent pas de la même manière. La démarche par étapes, elle, reste valable face à un particulier comme à un professionnel. Un premier rappel courtois quelques jours après l’échéance, souvent un simple oubli. Puis une relance plus ferme rappelant les sommes dues. Enfin, une mise en demeure formelle, souvent adressée en lettre recommandée, peut être envoyée si le paiement n’intervient toujours pas. Le cadre officiel complet est décrit sur le site service-public.fr.
Cinq erreurs reviennent sans cesse. La première, ne pas relancer du tout, par peur ou par gêne, et laisser filer ventes ou paiements. La deuxième, le fameux « avez-vous vu mon précédent message », qui n’apporte aucune information nouvelle et met le client face à son inaction. La troisième, la relance fleuve, quinze lignes de justifications que personne ne lit. La quatrième, la question trop vague du type « alors, vous en pensez quoi », qui n’appelle aucune décision. La cinquième, la relance sans prochaine étape, sans date ni action claire, qui laisse le client sans rien à faire.
À retenir : relancer, ce n’est pas insister. C’est remettre la discussion en mouvement. Donnez au client une bonne raison de répondre, laissez suffisamment d’espace entre vos messages et terminez toujours par une prochaine étape claire. Pour un impayé, le principe est différent, vous entrez alors dans un cadre juridique précis.
Après un devis, comptez trois à cinq jours ouvrés avant une première relance. C’est assez pour laisser le temps de la réflexion, sans laisser le projet retomber dans l’oubli. Si cette relance reste sans réponse, attendez environ une semaine avant la suivante.
La clé est d’apporter quelque chose de nouveau à chaque message plutôt que de demander un simple retour. Une précision, une disponibilité ou une idée pour le projet donne au client une raison de répondre. Un ton courtois et détendu, sans reproche, fait le reste.
Deux à trois relances espacées suffisent dans la plupart des cas. Au-delà, insister devient contre-productif et risque d’abîmer la relation. Mieux vaut alors laisser reposer et revenir plus tard avec une nouvelle occasion ou une nouvelle offre.
Envoyez une dernière relance simple et sans pression, en laissant la porte ouverte pour l’avenir. S’il s’agit d’un ancien client, un message de réactivation quelques mois plus tard, avec une nouveauté à lui proposer, fonctionne souvent mieux qu’une insistance immédiate.
Sans accord particulier, le paiement est dû dans les trente jours suivant la réception de la prestation. Les parties peuvent convenir d’un délai plus long, dans la limite de soixante jours à compter de la date de facture, ou quarante-cinq jours fin de mois (valeurs 2026).
Entre professionnels, des pénalités de retard sont dues automatiquement dès le dépassement de l’échéance, même sans relance. S’y ajoute une indemnité forfaitaire de 40 € par facture pour frais de recouvrement. Ces montants doivent figurer sur vos factures et dans vos conditions de vente.
L’email est le plus simple et le moins intrusif, car il laisse le client répondre à son rythme. Le téléphone convient mieux à un client que vous connaissez bien ou à une situation qui traîne. L’essentiel est de choisir un seul canal à la fois plutôt que de multiplier les rappels.
À propos de l’auteur
Jonathan Bouveret
Fondateur de Novistart • Expert micro-entreprise
Lancer. Développer. Vivre de son activité.
Jonathan Bouveret aide les micro-entrepreneurs à y arriver. Sans jargon, sans complexité, sans se perdre dans l’administratif. Novistart, c’est son terrain de jeu. Un seul objectif : rendre la micro-entreprise aussi simple qu’elle devrait l’être.
Parce que la liberté se construit.