Le résumé Novistart
Quand on se lance en micro-entreprise, le plus difficile n’est pas toujours de créer son activité. C’est souvent de trouver ses premières missions. Les plateformes spécialisées vous mettent directement face à des clients qui cherchent déjà des freelances, sans devoir commencer par prospecter seul. Elles prélèvent une commission, mais vous font gagner du temps sur la prospection et sécurisent le paiement de vos missions. L’objectif de ce guide n’est pas de désigner « la meilleure » plateforme, mais de vous aider à choisir celle qui correspond à votre activité et à comprendre ce qu’elle vous coûte vraiment. Vous allez voir les commissions réelles, les types de missions et la façon de les intégrer dans votre tarif.
Avant de vous inscrire partout, regardez ce que chaque plateforme vous coûte réellement et le type de missions qu’elle apporte.
| Plateforme | Positionnement | Frais / commission pour le freelance | Marché |
|---|---|---|---|
| Malt | B2B, profils qualifiés | 10 % puis 5 % après 6 mois (même client) | France / Europe |
| Upwork | International | 0 à 15 % selon le contrat | International |
| Fiverr | Prestations standardisées | 20 % | International |
| Comet | Tech, data, experts | Intégrée au tarif client | France / Europe |
| Freelance.com | Généraliste, entreprises | Principalement côté client | France |
Malt est l’une des principales plateformes freelance en France pour les missions B2B. Elle est particulièrement présente auprès des profils tech, data, conseil, marketing et design. Ses clients sont surtout des PME et des grandes entreprises. Sa commission s’élève à 10 % HT sur une nouvelle relation client, puis tombe à 5 % HT après six mois avec le même client. Pour un micro-entrepreneur en franchise de TVA, ces taux représentent 12 % puis 6 % TTC. En franchise de TVA, cette TVA n’est pas récupérable et représente donc un coût supplémentaire pour le freelance. En échange, Malt prend en charge la facturation, le paiement sécurisé et l’assistance en cas de litige.
Upwork fait partie des principales plateformes freelance internationales, avec des clients partout dans le monde. Elle convient aux profils à l’aise en anglais et familiers des pratiques internationales. Ses frais de service côté freelance sont variables, de 0 à 15 % selon le contrat. Le taux est affiché avant votre candidature, puis reste fixe pour toute la durée du contrat. La concurrence y est mondiale et peut tirer les prix vers le bas, mais l’offre de missions est très importante.
Fiverr fonctionne par « gigs », des offres packagées à prix fixe que vous mettez en vitrine. Le modèle se prête surtout aux prestations courtes et standardisées, pour une clientèle internationale. Avec une commission de 20 %, elle doit être intégrée à votre tarification dès le départ.
Comet cible les profils tech et data pour des missions d’entreprise, avec une commission intégrée au tarif payé par le client. Freelance.com adopte une approche plus généraliste, tournée vers les grands comptes. Crème de la Crème, plus sélective, cible des profils expérimentés. Le bon choix dépend moins de la notoriété de la marque que de l’adéquation entre la plateforme et votre activité.
Ces plateformes règlent le problème le plus douloureux du démarrage : trouver des clients quand personne ne vous connaît encore. En quelques jours, vous accédez à des entreprises qui cherchent activement un indépendant, avec le paiement sécurisé en prime. C’est un raccourci précieux la première année. Mais ce raccourci a un prix et une limite. Le prix, c’est la commission, qui rogne votre revenu sur chaque mission. La limite, c’est la dépendance : bâtir toute son activité sur une seule plateforme, c’est confier son chiffre d’affaires à un algorithme et à une grille tarifaire qu’on ne maîtrise pas. Voyez-les donc comme un point de départ, le temps de constituer un premier portefeuille de clients et des preuves concrètes de votre travail.
C’est le point que beaucoup de freelances comprennent de travers. En micro-entreprise, vous déclarez votre chiffre d’affaires sans en déduire vos charges, une règle rappelée par l’URSSAF. La commission de la plateforme n’est donc pas retranchée de ce montant. Ce n’est pas votre chiffre d’affaires qui baisse, c’est votre revenu net. Dans la plupart des cas, une mission facturée 500 € reste 500 € de chiffre d’affaires déclaré, même si la plateforme vous en prélève une partie. La commission est un coût à intégrer dans votre calcul de rentabilité, au même titre que les autres dépenses de votre activité, et c’est pourquoi elle doit entrer dans votre TJM minimum dès le premier devis.
Une commission de 10 % n’est pas forcément une mauvaise affaire. La vraie question est de savoir si vous auriez décroché cette mission sans la plateforme. Si la réponse est non, cette commission représente le coût d’acquisition de ce client. Elle peut alors être préférable à plusieurs semaines de prospection sans résultat. Chez Novistart, la question n’est pas « combien prend la plateforme », mais « combien me coûte, tout compris, l’acquisition d’un client par ce canal, et est-ce rentable ». C’est ce calcul, pas le pourcentage affiché, qui doit guider votre décision.
Les plateformes sont un excellent point de départ, mais bâtir toute son activité autour d’une seule plateforme reste risqué, car un changement d’algorithme, une hausse des frais ou une concurrence accrue peut rapidement réduire vos opportunités. Une fois votre activité installée, travailler aussi en direct permet de réduire les frais et de gagner en autonomie. Cela ne veut pas dire tourner le dos aux plateformes, qui continuent d’apporter des missions et de sécuriser les paiements. À noter : travailler pour un seul client ne signifie pas automatiquement que vous êtes salarié. La question se pose surtout lorsqu’il existe un vrai lien de subordination, par exemple lorsque le client impose ses horaires, ses directives et ses moyens de travail comme à un employé.
Conseil Novistart : une plateforme sert à décrocher vos premières missions, pas à porter toute votre activité. Servez-vous-en comme d’un tremplin, récoltez vos premiers avis, puis réinvestissez cette crédibilité pour attirer aussi vos propres clients en direct.
Le choix d’une plateforme dépend avant tout de votre activité et de votre cible. Si vous visez des clients français en B2B, Malt peut être un bon point de départ. Pour travailler à l’international, Upwork peut être pertinent, notamment si vous êtes à l’aise en anglais. Pour des prestations courtes et standardisées, Fiverr répond davantage à ce besoin. Dans tous les cas, soignez votre profil. Votre présentation, vos réalisations et vos premiers avis font souvent la différence quand un client compare plusieurs freelances. Pour estimer votre TJM minimum viable après commission, cotisations et impôts, utilisez le simulateur Novistart. Si vous réfléchissez à votre stratégie de lancement, notre guide sur la préparation de votre projet vous donne les bases pour structurer votre offre avant de créer votre profil.
À retenir : les plateformes offrent un accès rapide à des missions, mais leurs frais varient selon le service utilisé et doivent être intégrés à votre TJM dès le premier devis. Le bon réflexe : les utiliser pour démarrer, puis diversifier progressivement vos canaux d’acquisition pour ne dépendre d’aucun d’eux.
Oui. Les grandes plateformes freelance sont accessibles aux micro-entrepreneurs, sous réserve de respecter leurs conditions d’inscription. Vous créez votre profil en indiquant votre statut d’indépendant et vous facturez via votre micro-entreprise. La commission prélevée par la plateforme ne réduit pas votre chiffre d’affaires déclaré. En micro-entreprise, vous déclarez le chiffre d’affaires que vous facturez, brut, et la commission reste un coût à votre charge.
Malt prélève 10 % HT sur une nouvelle relation client, puis 5 % HT après six mois de collaboration avec le même client. Pour un micro-entrepreneur en franchise de TVA, comptez plutôt 12 % puis 6 % TTC, car la TVA appliquée sur la commission n’est pas récupérable. Intégrez cette commission dans votre TJM minimum dès le départ pour ne pas être surpris par le montant réellement encaissé.
Ce n’est pas obligatoire, mais être présent sur deux ou trois plateformes au démarrage augmente votre visibilité et vos chances de trouver des missions rapidement. Une fois que vous avez des clients récurrents, l’essentiel de votre activité peut venir de recommandations et de contacts directs, réduisant votre dépendance aux plateformes.
Votre TJM doit couvrir vos cotisations sociales, votre impôt, la commission de la plateforme, et vous laisser un revenu net suffisant. Une méthode simple : calculez votre revenu net souhaité par mois, ajoutez les cotisations (environ 22 à 25 % du CA selon l’activité), l’IR et la commission plateforme. Divisez par le nombre de jours facturables. Le simulateur Novistart vous donne ce chiffre précisément.
C’est possible, mais fragile. Dépendre d’une seule plateforme vous expose à une perte d’activité brutale si ses conditions changent. Sur le plan juridique, travailler pour un seul client ne suffit pas à vous requalifier en salarié. Le risque de contrat de travail déguisé n’apparaît que s’il existe un vrai lien de subordination, c’est-à-dire si le client impose vos horaires, vos directives et vos moyens de travail comme à un employé. Dans tous les cas, diversifier vos clients et vos canaux reste la meilleure sécurité.
À propos de l’auteur
Jonathan Bouveret
Fondateur de Novistart • Expert micro-entreprise
Lancer. Développer. Vivre de son activité.
Jonathan Bouveret aide les micro-entrepreneurs à y arriver. Sans jargon, sans complexité, sans se perdre dans l’administratif. Novistart, c’est son terrain de jeu. Un seul objectif : rendre la micro-entreprise aussi simple qu’elle devrait l’être.
Parce que la liberté se construit.