Le résumé Novistart
Les cotisations sociales sont souvent la première question que se pose un futur micro-entrepreneur. Combien vais-je payer ? Sur quelle base ? Et à qui ? Ce guide répond à ces questions avec les taux exacts en vigueur en 2026, un mode de calcul pas à pas et une explication claire de l’ACRE, le dispositif qui réduit ces charges sur demande, pour les profils éligibles.
Bonne nouvelle : le système de cotisations en micro-entreprise est l’un des plus simples qui soit. Vous appliquez un taux fixe à votre chiffre d’affaires encaissé, et vous obtenez le montant à payer. Pas de minimum, pas de forfait annuel, pas de régularisation en fin d’année. Si vous n’encaissez rien, vous ne payez rien. C’est l’un des atouts les plus concrets du statut.
Les cotisations sociales ne sont pas une taxe supplémentaire, elles ouvrent des droits. En les payant, vous construisez une protection sociale à votre nom, au même titre qu’un salarié, selon des règles propres à la micro-entreprise.
| Ce que vous financez | Vos droits |
| Retraite de base | La validation de trimestres pour votre pension future, jusqu’à quatre par an selon votre chiffre d’affaires. |
| Retraite complémentaire | Un deuxième niveau de pension, pour les activités relevant du SSI ou de la Cipav. |
| Assurance maladie-maternité | Le remboursement de vos soins et des indemnités journalières en cas d’arrêt, sous condition d’un chiffre d’affaires minimum. |
| Invalidité-décès | Une rente ou un capital versé à vos proches en cas d’invalidité ou de décès. |
| Formation professionnelle | L’accès à des formations financées, mobilisables via votre compte personnel de formation (CPF). |
Une fois ces droits compris, voyons comment elles se calculent et quels taux s’appliquent selon votre activité. Un consultant en libéral, une esthéticienne en prestation de services et un plombier artisan ne relèvent pas du même taux.
Vos cotisations se calculent en appliquant un pourcentage fixe à votre chiffre d’affaires encaissé. Ce pourcentage dépend de votre famille d’activité. Il ne change pas selon votre revenu ou vos charges : en micro-entreprise, vous payez toujours le même taux, quel que soit votre niveau d’activité.
Quatre grandes familles d’activité existent : la vente de marchandises, les prestations de services BIC, les professions libérales relevant de la SSI et celles relevant de la Cipav. Le tableau et les exemples chiffrés de la section suivante détaillent chaque taux avec un calcul concret.
| Famille d’activité | Exemple de métier | Taux 2026 | Taux ACRE |
|---|---|---|---|
| Vente de marchandises | E-commerçant, artisan qui revend | 12,3 % | 9,2 % |
| Prestations de services BIC (artisanat) | Plombier, coiffeur à domicile | 21,2 % | 15,9 % |
| Professions libérales relevant de la SSI (BNC) | Consultant, graphiste, rédacteur | 25,6 % | 19,2 % |
| Professions libérales relevant de la Cipav | Architecte, ostéopathe, psychologue | 23,2 % | 17,4 % |
Un taux plus bas ne garantit pas une meilleure rentabilité. La vente affiche le taux le plus faible, mais votre marge dépend surtout de votre coût d’achat. Les services BIC se situent au milieu. Les libéraux relevant du SSI supportent le taux le plus élevé, souvent compensé par des frais réduits. La Cipav, elle, concerne des professions réglementées, avec ses propres règles de retraite. Le bon repère n’est jamais le taux seul, mais ce qu’il vous reste une fois toutes vos charges déduites.
Les taux ACRE s’appliquent jusqu’à la fin du 3e trimestre civil suivant le démarrage de l’activité, pour les micro-entrepreneurs éligibles. Nous y reviendrons en détail dans la section suivante.
Les chiffres parlent mieux que les taux. Voici trois cas concrets.
Sophie est consultante en stratégie digitale et exerce en micro-entreprise sous le régime des professions libérales relevant de la SSI. Au cours du premier trimestre, elle a encaissé un chiffre d’affaires de 14 500 €. Ses cotisations sociales sont calculées en appliquant le taux de 25,6 % à ce montant : 14 500 € × 25,6 % = 3 712 €. Sophie devra donc déclarer un chiffre d’affaires de 14 500 € et verser 3 712 € de cotisations sociales pour ce trimestre.
Marc est plombier. Il exerce en prestation de services BIC. Ce trimestre, il a encaissé 11 300 €. Ses cotisations s’élèvent à : 11 300 € × 21,2 % = 2 395,60 €. Marc devra donc déclarer 11 300 € et verser 2 395,60 € à l’Urssaf.
Camille crée et vend des bijoux artisanaux en ligne. Son activité relève de la vente de marchandises, avec un taux de 12,3 %. Ce trimestre, elle a encaissé 18 600 €. Ses cotisations s’élèvent à : 18 600 € × 12,3 % = 2 287,80 €. Camille devra donc déclarer 18 600 € et verser 2 287,80 € de cotisations.
Conseil Novistart. Votre taux de cotisations s’applique sur ce que vous encaissez, jamais sur ce qui vous reste. Intégrez-le dans vos prix dès le premier devis. Un tarif fixé sans penser aux cotisations, c’est une marge qui fond à chaque déclaration.
Lors de la création de votre micro-entreprise, vous choisissez de déclarer votre chiffre d’affaires chaque mois ou chaque trimestre. En déclaration mensuelle, vous effectuez votre déclaration avant la fin du mois suivant. En déclaration trimestrielle, les échéances sont fixées au 30 avril, 31 juillet, 31 octobre et 31 janvier. La déclaration s’effectue exclusivement en ligne, sur le site autoentrepreneur.urssaf.fr ou via l’application mobile officielle de l’Urssaf. Vous devez déclarer votre chiffre d’affaires même s’il est nul : dans ce cas, il suffit d’indiquer « 0 ». En l’absence de déclaration, l’Urssaf peut appliquer une taxation d’office ainsi que des pénalités.
Si vous démarrez votre activité et souhaitez savoir si vous pouvez bénéficier d’une réduction de vos cotisations, la section suivante détaille les conditions et la durée exactes.
L’ACRE, l’Aide à la Création ou à la Reprise d’Entreprise, réduit vos cotisations sociales de 25 % pendant les premiers mois de votre activité. Depuis janvier 2026, ce taux s’applique jusqu’à la fin du 3e trimestre civil suivant votre date de création. Concrètement, si vous démarrez en début de trimestre, vous profitez de la réduction jusqu’à la fin du trimestre suivant, soit jusqu’à 12 mois. Si vous démarrez en milieu de trimestre, la période peut être plus courte. Les taux réduits figurent dans le tableau de la section précédente.
L’ACRE est accessible à plusieurs profils. Les demandeurs d’emploi indemnisés, c’est-à-dire les bénéficiaires de l’ARE, peuvent en bénéficier. Les demandeurs d’emploi non indemnisés inscrits à France Travail depuis plus de six mois au cours des dix-huit derniers mois y ont également droit. Les bénéficiaires du RSA ou de l’ASS, les jeunes de moins de 30 ans, les personnes en situation de handicap reconnues, les salariés d’une entreprise en redressement ou liquidation judiciaire qui reprennent l’activité, et les créateurs d’une activité dans certaines zones prioritaires : les quartiers prioritaires de la politique de la ville et les zones France ruralités revitalisation sont aussi éligibles.
Marc est plombier. Il a créé sa micro-entreprise après une période de chômage indemnisé. Éligible à l’ACRE, son taux de cotisations passe de 21,2 % à 15,9 % pendant la durée de l’exonération. Ce trimestre, il a encaissé 11 300 €. Avec l’ACRE, ses cotisations s’élèvent à : 11 300 € × 15,9 % = 1 796,70 €. Sans l’ACRE, Marc aurait versé 2 395,60 €. L’ACRE lui permet donc d’économiser 598,90 € sur ce seul trimestre.
La demande doit être déposée auprès de l’Urssaf dans les 60 jours suivant la date de création de votre micro-entreprise. Vous remplissez le formulaire de demande ACRE disponible sur autoentrepreneur.urssaf.fr, et vous le transmettez via l’espace messagerie de l’Urssaf accompagné des pièces justificatives. L’Urssaf statue dans les 30 jours. En l’absence de réponse, l’ACRE est considérée comme accordée.
Si vous ratez le délai de 60 jours, il n’est pas possible de revenir en arrière. Vérifiez votre éligibilité dès le début de vos démarches d’immatriculation, avant même votre premier encaissement.
Pour vérifier votre éligibilité ou obtenir le formulaire de demande, rendez-vous directement sur autoentrepreneur.urssaf.fr.
Pour aller plus loin sur ce dispositif, consultez notre guide complet : L’ACRE en micro-entreprise : comment réduire vos charges sociales.
La première erreur est de ne pas déclarer un mois à zéro. Même si vous n’avez encaissé aucun chiffre d’affaires sur une période, vous devez faire votre déclaration à l’Urssaf en indiquant « 0 € ». L’absence de déclaration est interprétée comme un oubli, et l’Urssaf peut vous appliquer une majoration ou une taxation d’office estimée. Ce n’est pas grave si cela arrive une fois par inadvertance, mais cela doit rester exceptionnel.
La deuxième erreur concerne la confusion entre le chiffre d’affaires facturé et le chiffre d’affaires encaissé. Les cotisations sont calculées sur les sommes réellement reçues sur votre compte bancaire, pas sur les factures émises. Si vous émettez une facture en décembre mais que vous n’êtes payé qu’en janvier, c’est le mois de janvier qui compte pour vos cotisations. Déclarer avant d’avoir encaissé revient à payer des cotisations que vous n’avez pas encore dû payer.
La troisième erreur est de ne pas provisionner ses cotisations. En micro-entreprise, les cotisations ne sont pas prélevées automatiquement : c’est vous qui les déclarez et les payez. Si vous dépensez l’intégralité de vos encaissements sans mettre de côté le montant des cotisations, vous vous retrouverez en difficulté à chaque échéance. Une bonne pratique est de virer systématiquement le montant des cotisations (et de l’impôt sur le revenu si applicable) sur un compte séparé dès réception de chaque règlement client.
La quatrième erreur touche à la mauvaise identification de la famille d’activité. Un micro-entrepreneur qui se déclare en « vente » alors qu’il exerce une activité de services paie un taux de cotisations trop bas et accumule un risque de redressement URSSAF. À l’inverse, une mauvaise classification en « libéral » au lieu de « BIC services » peut entraîner un trop-perçu de cotisations difficile à récupérer. En cas de doute sur votre famille d’activité, consultez le site de l’Urssaf ou vérifiez votre code APE lors de votre immatriculation.
La cinquième erreur est d’oublier de prendre en compte l’impact des cotisations sur les tarifs. Si vous facturez 100 € de prestation de services BIC, vous en gardez en réalité 78,80 € avant impôt sur le revenu. Fixer ses tarifs sans intégrer ce prélèvement conduit à une sous-estimation systématique du revenu net réel. Beaucoup de micro-entrepreneurs connaissent leur chiffre d’affaires, mais pas ce qu’il leur restera vraiment une fois les cotisations, l’impôt et leurs dépenses déduits. Le Cockpit Novistart calcule votre revenu net réel en quelques secondes.
Cotisations et fiscalité en micro-entreprise : la page de référence sur toutes les obligations fiscales et sociales, avec le tableau complet des taux par famille d’activité.
TVA en micro-entreprise : franchise en base, seuils 2026 et mention obligatoire sur les factures.
Plafond de chiffre d’affaires : les limites à ne pas dépasser selon votre activité et les conséquences d’un dépassement.
Le Cockpit Novistart : calculez votre revenu net en intégrant cotisations, impôt et votre situation personnelle, directement en ligne.
L’analyse Novistart. Ce contenu est rédigé et mis à jour par l’équipe Novistart à partir des textes officiels (URSSAF, impots.gouv.fr, service-public.fr) et des retours de micro-entrepreneurs accompagnés. Les taux et plafonds présentés sont valables en 2026 et révisés chaque année. Chaque guide est vérifié avant publication afin de garantir l’exactitude des taux, plafonds et obligations en vigueur. Dernière vérification réglementaire effectuée en juillet 2026.
À retenir. Vos cotisations sociales sont un pourcentage de votre chiffre d’affaires réellement encaissé : 12,3 % pour la vente de marchandises et 21,2 % pour les prestations de services artisanales et commerciales. Pas de chiffre d’affaires, pas de cotisations, mais vous devez tout de même déclarer un montant de 0 pour rester en règle. La déclaration se fait chaque mois ou chaque trimestre sur votre espace Urssaf, selon l’option choisie au départ.
Les cotisations sont dues dès votre premier encaissement, quelle que soit la date de création de votre micro-entreprise. Si vous créez votre activité en mars 2026 et que vous encaissez votre première facture en juin 2026, vos premières cotisations seront dues lors de la déclaration suivante. En déclaration mensuelle, ce sera la déclaration de juillet. En déclaration trimestrielle, ce sera celle d’octobre. Il n’y a pas de cotisations minimales : si votre chiffre d’affaires est nul sur une période, il suffit d’indiquer « 0 » lors de votre déclaration. Vous ne payez alors rien.
Non. Le taux de cotisations dépend de votre famille d’activité. Un plombier, relevant des prestations de services BIC, cotise à 21,2 % de son chiffre d’affaires. Un consultant ou un rédacteur web, relevant du libéral SSI, cotise à 25,6 %. Cette différence s’explique par la structure des droits ouverts : les libéraux SSI bénéficient d’une couverture retraite plus étoffée. Les activités de vente bénéficient quant à elles du taux le plus bas, 12,3 %, en raison du poids des marchandises dans leur chiffre d’affaires. Vérifiez votre famille d’activité dans votre extrait K-bis ou sur votre attestation URSSAF si vous avez un doute.
Oui. Lors de votre immatriculation, vous choisissez librement entre une déclaration mensuelle (avant le dernier jour de chaque mois pour le mois précédent) et une déclaration trimestrielle (avant le 30 avril, 31 juillet, 31 octobre et 31 janvier). Vous pouvez changer de rythme une fois par an, en formulant la demande avant le 31 octobre pour une prise d’effet au 1er janvier suivant. La déclaration trimestrielle est souvent préférée au démarrage car elle laisse plus de temps pour accumuler les encaissements et disposer de la trésorerie nécessaire au règlement.
En cas d’oubli de déclaration, l’Urssaf vous envoie généralement un rappel. Si la déclaration n’est pas faite dans les délais, l’Urssaf peut appliquer une majoration de retard. Cette majoration représente généralement 5 % du montant des cotisations dues, augmentée de 0,2 % par mois de retard supplémentaire. Dans les cas persistants, l’Urssaf peut pratiquer une taxation d’office basée sur une estimation de votre chiffre d’affaires. La régularisation est toujours possible après coup, mais elle génère des pénalités évitables. En cas de chiffre d’affaires nul, il suffit d’indiquer « 0 » : cette déclaration prend moins d’une minute.
Les cotisations en micro-entreprise ouvrent des droits à la retraite, mais leur montant dépend directement de votre chiffre d’affaires. Pour valider quatre trimestres de retraite en une seule année, votre chiffre d’affaires doit dépasser un seuil minimum fixé annuellement. En dessous de ce seuil, vous validez moins de trimestres, voire aucun si le chiffre d’affaires est trop faible. En micro-entreprise, la retraite est souvent insuffisante pour constituer à elle seule une pension décente sur le long terme, ce qui rend la prévoyance complémentaire particulièrement importante.
Si vous bénéficiez de l’ARE (allocation chômage) et que vous créez une micro-entreprise, vous pouvez demander l’ACRE au moment de votre immatriculation. Elle réduit vos cotisations de 25 % jusqu’à la fin du 3e trimestre civil suivant votre date de création. En parallèle, vous pouvez continuer à percevoir vos allocations chômage selon les règles de cumul ARE + micro-entreprise : France Travail calcule chaque mois le montant d’ARE maintenu en fonction de votre chiffre d’affaires déclaré. Ces deux dispositifs sont cumulables. Pour les détails, consultez notre page sur les cotisations et la fiscalité, qui détaille les taux réduits ACRE par famille d’activité.
Non. En micro-entreprise, il n’est pas possible de déduire des charges ou frais professionnels réels. Vos cotisations s’appliquent sur votre chiffre d’affaires brut encaissé, sans aucune déduction. C’est précisément pour tenir compte de cette spécificité que le régime micro-entrepreneur prévoit un abattement forfaitaire lors du calcul de l’impôt sur le revenu : 71 % pour la vente, 50 % pour les services BIC et 34 % pour les libéraux. Cet abattement est censé représenter les charges moyennes de votre activité. Si vos charges réelles sont beaucoup plus élevées, le régime réel (accessible après sortie du régime micro) peut devenir plus avantageux.
Oui. Les taux affichés (12,3 %, 21,2 %, 25,6 %, 23,2 %) comprennent la contribution à la formation professionnelle (CFP). Cette contribution représente 0,1 % de votre chiffre d’affaires pour la vente et 0,2 % pour les services et libéraux. Elle vous ouvre droit à la formation professionnelle continue et peut être mobilisée via le CPF (Compte Personnel de Formation). C’est l’Urssaf qui la collecte en même temps que vos autres cotisations, sans aucune démarche supplémentaire de votre part. Pour en bénéficier, vous devrez vous connecter à votre espace sur moncompteformation.gouv.fr.
À propos de l’auteur
Jonathan Bouveret
Fondateur de Novistart • Expert micro-entreprise
Lancer. Développer. Vivre de son activité.
Jonathan Bouveret aide les micro-entrepreneurs à y arriver. Sans jargon, sans complexité, sans se perdre dans l’administratif. Novistart, c’est son terrain de jeu. Un seul objectif : rendre la micro-entreprise aussi simple qu’elle devrait l’être.
Parce que la liberté se construit.