Le résumé Novistart
Le plafond de chiffre d’affaires est l’une des règles les plus importantes du régime de la micro-entreprise, et pourtant l’une des plus mal comprises. Beaucoup d’auto-entrepreneurs (terme encore très utilisé malgré son remplacement officiel par « micro-entrepreneur » en 2016) ne savent pas exactement ce qui se passe si leur activité se développe au-delà de ces seuils. Ce guide répond à cette question avec des chiffres précis, des exemples concrets et une explication claire des conséquences en 2026.
Le plafond de CA n’est pas une pénalité : c’est simplement la limite au-delà de laquelle le régime micro-entrepreneur n’est plus accessible. Il existe pour garantir que ce régime simplifié, conçu pour les petites activités, ne soit pas utilisé à grande échelle. Si votre activité dépasse ces seuils de manière durable, c’est souvent le signe que votre entreprise grandit et qu’il est temps d’envisager un autre cadre juridique et fiscal.
Ce guide couvre les seuils en vigueur en 2026 selon votre famille d’activité, la méthode de calcul du chiffre d’affaires à retenir, les conséquences exactes d’un dépassement, et les points de vigilance que même les micro-entrepreneurs expérimentés oublient parfois.
Le régime de la micro-entreprise est accessible à toute personne dont le chiffre d’affaires annuel reste en dessous d’un certain seuil. Ce seuil dépend de votre famille d’activité : il n’est pas le même selon que vous vendez des marchandises ou que vous exercez une activité de prestation de services.
| Famille d’activité | Exemples de métiers | Plafond de CA 2026 |
|---|---|---|
| Vente de marchandises (BIC commerce) | E-commerce, dropshipping, vente Etsy, restauration à emporter, chambres d’hôtes | 203 100 € |
| Prestations de services artisanales (BIC) | Plombier, électricien, maçon, menuisier, coiffeur à domicile | 83 600 € |
| Prestations de services libérales (BNC SSI) | Consultant freelance, rédacteur web, graphiste, coach, sophrologue | 83 600 € |
| Professions libérales réglementées (Cipav) | Psychologue, ostéopathe, diététicien, architecte | 83 600 € |
Valeurs 2026, mises à jour annuellement en fonction de l’indice des prix à la consommation. Ces plafonds sont revalorisés chaque année par décret. Ils ont été relevés en 2026 par rapport aux exercices précédents. Si vous avez retenu les anciens seuils (188 700 € et 77 700 €), mettez à jour votre suivi de chiffre d’affaires dès maintenant.
Certains micro-entrepreneurs exercent à la fois une activité de vente de marchandises et une activité de prestation de services. Dans ce cas, deux conditions doivent être remplies simultanément : le chiffre d’affaires total doit rester sous les 203 100 € et le chiffre d’affaires issu des services seuls doit rester sous les 83 600 €. Il ne suffit donc pas de surveiller le total global : chaque catégorie d’activité a sa propre limite.
Si vous exercez une activité mixte (vente et services), vous devez tenir deux compteurs séparés dans votre livre de recettes. Un tableau Excel suffit, mais il doit distinguer clairement les deux types d’encaissements dès le premier euro.
Un ostéopathe, un psychologue ou un sophrologue, tous en profession libérale, relèvent du même plafond que les autres prestataires de services.
Dépasser le plafond de chiffre d’affaires n’entraîne pas de sortie immédiate du régime de la micro-entreprise. Vous ne quittez ce régime que si vous dépassez le plafond de chiffre d’affaires pendant deux années civiles consécutives.
Si vous dépassez le plafond en 2026 pour la première fois, vous conservez le régime de la micro-entreprise pendant toute l’année 2027. Cette deuxième année est déterminante : si votre chiffre d’affaires dépasse de nouveau le plafond, vous quitterez le régime micro à compter du 1er janvier 2028. En revanche, si vous repassez sous le plafond en 2027, vous conservez le régime de la micro-entreprise sans interruption.
Si vous dépassez le plafond en 2026 puis à nouveau en 2027, vous basculez au régime réel de l’entreprise individuelle à partir du 1er janvier 2028. Vous devrez alors tenir une comptabilité plus complète, déterminer votre bénéfice réel, établir les déclarations fiscales correspondantes et ne bénéficierez plus du régime micro-social ni du régime micro-fiscal.
Ce changement n’est pas nécessairement défavorable. Si votre activité génère des charges importantes, le régime réel peut permettre de les déduire et s’avérer plus avantageux. Si vous approchez régulièrement des plafonds, mieux vaut anticiper cette évolution afin de choisir le régime le plus adapté à votre situation.
Le plafond de CA qui conditionne l’accès au régime micro-entrepreneur est différent du seuil de franchise en base de TVA. Ce seuil TVA est plus bas : 85 000 € pour la vente de marchandises, et 37 500 € pour les prestations de services (valeurs 2026). Dépasser ce seuil TVA ne fait pas perdre votre statut de micro-entrepreneur : il vous rend simplement redevable de la TVA, que vous devrez facturer à vos clients et reverser à l’administration fiscale. Pour en savoir plus sur ce mécanisme, consultez notre guide complet sur la TVA en micro-entreprise.
La confusion entre ces deux seuils est très fréquente. Pour être clair : vous pouvez être micro-entrepreneur, dépasser le seuil TVA et donc facturer la TVA, tout en restant bien en dessous du plafond de CA qui conditionne votre statut.
La première erreur est de confondre le plafond de CA et le seuil TVA. Ces deux seuils ont des conséquences très différentes. Le premier conditionne votre statut de micro-entrepreneur. Le second déclenche une obligation de facturer et reverser la TVA. Beaucoup de micro-entrepreneurs qui dépassent le seuil TVA pensent à tort qu’ils vont perdre leur statut, ce qui génère une inquiétude inutile. Vérifiez toujours de quel seuil il s’agit avant de tirer des conclusions.
La deuxième erreur concerne la date d’encaissement. Certains micro-entrepreneurs calculent leur CA sur la base des factures émises plutôt que des sommes effectivement reçues. Si un client paie avec 30 ou 60 jours de délai, les montants correspondants ne doivent pas être comptabilisés avant d’être encaissés. Ce décalage peut faire plusieurs milliers d’euros de différence en fin d’année et créer une mauvaise évaluation de votre situation réelle.
La troisième erreur touche aux activités mixtes. Un micro-entrepreneur qui fait à la fois de la vente et de la prestation de services pense parfois qu’un seul plafond global s’applique. Or, comme expliqué plus haut, les deux conditions doivent être remplies simultanément. Un artisan qui revend des matériaux à ses clients (vente) en plus de ses heures de travail (service) doit surveiller deux plafonds distincts.
La quatrième erreur est de ne pas anticiper le dépassement. Si votre CA croît rapidement et que vous approchez du plafond en milieu d’année, attendre décembre pour réagir est trop tard. L’idéal est de définir un point d’alerte à 75-80 % du plafond dès le 1er janvier, d’évaluer votre trajectoire, et de prendre des décisions en amont : reporter certains encaissements sur janvier, commencer les démarches pour une transition vers un autre statut, ou consulter un expert-comptable pour évaluer vos options.
La cinquième erreur, souvent méconnue, est d’oublier de déclarer le dépassement. En cas de bascule vers le régime réel, certaines formalités administratives sont nécessaires. Ne pas les effectuer dans les délais peut entraîner des pénalités. Le centre de formalités des entreprises (CFE) ou le site formalites.entreprises.gouv.fr vous accompagne dans ces démarches.
Pour aller plus loin sur la gestion de votre activité, consultez notre guide sur les cotisations sociales en micro-entreprise et notre guide sur le versement libératoire de l’impôt, deux sujets directement liés à votre niveau de chiffre d’affaires.
Pour approfondir l’ensemble de vos cotisations et de votre fiscalité en micro-entreprise, consultez notre guide complet.
Oui. Les plafonds de chiffre d’affaires sont revalorisés chaque année en fonction de l’indice des prix à la consommation. En 2026, le plafond pour les activités de vente de marchandises est de 203 100 € et le plafond pour les prestations de services (BIC, BNC, Cipav) est de 83 600 €. Ces valeurs sont supérieures aux seuils des années précédentes. Si vous pilotez votre activité avec d’anciens chiffres en tête, mettez-les à jour pour ne pas sous-estimer votre espace de chiffre d’affaires disponible.
Un dépassement en cours d’année ne change rien à votre situation immédiate. Vous restez micro-entrepreneur jusqu’au 31 décembre et vous continuez à déclarer et payer vos cotisations normalement. C’est le total annuel, calculé au 31 décembre, qui détermine si vous avez dépassé ou non. En revanche, si ce dépassement se confirme une seconde année consécutive, vous quitterez le régime micro à partir du 1er janvier de l’année suivante.
Non. Le dépassement du plafond deux années consécutives entraîne automatiquement et obligatoirement la sortie du régime micro-entrepreneur. Il ne s’agit pas d’une option : c’est une règle légale. En revanche, vous avez le choix du statut vers lequel vous basculez : entrepreneur individuel au régime réel, EURL, SASU, etc. Cette décision mérite d’être préparée en amont, idéalement avec un expert-comptable, pour choisir la structure la mieux adaptée à votre activité et à vos objectifs.
Si vous avez créé votre micro-entreprise en cours d’année, le plafond est calculé au prorata temporis, c’est-à-dire en proportion du nombre de jours d’activité. Par exemple, si vous avez démarré le 1er juillet 2026, votre plafond pour cette première année est environ la moitié du plafond annuel. À partir de l’année civile complète suivante (2027), c’est le plafond plein qui s’applique. Cette règle est souvent méconnue et peut conduire à un dépassement non anticipé lors de la première année d’activité.
Pour les prestations de services, le plafond de CA est identique quel que soit votre statut : 83 600 € en 2026, que vous soyez artisan (BIC), professionnel libéral relevant du SSI (rédacteur, consultant, sophrologue…) ou professionnel libéral relevant de la Cipav (psychologue, ostéopathe, architecte…). La différence entre ces catégories ne porte pas sur le plafond mais sur le taux de cotisations sociales et l’organisme de retraite auquel vous êtes affilié.
Oui, il est possible de regrouper plusieurs activités sous la même micro-entreprise. Dans ce cas, si vous exercez à la fois une activité de vente et une activité de services, vous êtes soumis à la règle du double plafond : votre chiffre d’affaires total doit rester sous les 203 100 € et votre chiffre d’affaires issu des services doit rester sous les 83 600 €. Les deux conditions s’appliquent simultanément. Pour les deux activités relevant toutes les deux de la même catégorie (par exemple deux activités BNC), un seul plafond de 83 600 € s’applique sur le total.
L’ACRE (aide à la création ou à la reprise d’entreprise) s’applique pendant la première année d’activité et réduit vos cotisations sociales de manière significative. Elle n’est pas directement liée au plafond de CA : vous pouvez bénéficier de l’ACRE et dépasser le plafond la même année. En revanche, si le dépassement entraîne une sortie du régime micro lors des années suivantes, vous ne serez plus dans le cadre micro-entrepreneur et les règles ACRE micro-entrepreneur ne s’appliqueront plus. Pour en savoir plus, consultez notre guide complet sur l’ACRE en micro-entreprise.
Les activités de services à la personne exercées à domicile (garde d’enfants, aide ménagère, jardinage…) relèvent de la catégorie des prestations de services BIC. Le plafond applicable est donc de 83 600 € en 2026, comme pour les artisans et les autres prestataires de services. Attention : pour certaines activités à domicile, des agréments ou des certifications sont requis, et les conditions de cumul avec d’autres aides (comme le crédit d’impôt garde d’enfants) peuvent varier selon le mode d’exercice. Vérifiez votre situation auprès de la DIRECCTE ou de votre URSSAF régionale.
À propos de l’auteur
Jonathan Bouveret
Fondateur de Novistart • Expert micro-entreprise
Lancer. Développer. Vivre de son activité.
Jonathan Bouveret aide les micro-entrepreneurs à y arriver. Sans jargon, sans complexité, sans se perdre dans l’administratif. Novistrat, c’est son terrain de jeu. Un seul objectif : rendre la micro-entreprise aussi simple qu’elle devrait l’être.
Parce que la liberté se construit.