Le résumé Novistart
On pense souvent que la retraite est le cadet des soucis quand on lance sa micro-entreprise. En réalité, c’est l’un des angles morts les plus coûteux du statut : vous cotisez à chaque déclaration de chiffre d’affaires, mais vous ignorez généralement combien de trimestres vous validez, ce que cela donnera à terme, et si c’est suffisant. Comme les cotisations sont calculées sur le chiffre d’affaires et non sur un salaire fixe, un CA insuffisant peut vous faire valider seulement deux ou trois trimestres par an au lieu de quatre, sans que vous vous en rendiez compte avant qu’il soit trop tard pour corriger le tir.
Ce guide vous explique comment fonctionne la retraite en micro-entreprise, comment valider vos trimestres, ce que vous toucherez à terme selon votre niveau d’activité, et quelles stratégies adopter pour compléter votre protection.
En micro-entreprise, vous relevez du régime général de la Sécurité sociale. Vous cotisez pour une retraite de base et une retraite complémentaire. Toutes deux sont gérées par l’Assurance retraite, sauf si votre profession libérale relève de la Cipav ou d’une autre caisse de professions libérales. Ces cotisations sont incluses dans le taux global de cotisations sociales que vous versez à l’URSSAF à chaque déclaration de chiffre d’affaires.
La particularité du système en micro-entreprise est que vos droits retraite ne sont pas calculés sur un salaire. Vos trimestres sont calculés à partir des cotisations retraite que vous versez. Chaque tranche de 1 803 € de revenu cotisé valide un trimestre en 2026 (150 fois le Smic horaire de 12,02 €), dans la limite de 4 par an.
Pour valider les 4 trimestres annuels et maximiser vos droits retraite, vous devez atteindre un CA minimum qui varie selon votre activité. Pour les prestations de services BNC avec un abattement de 34 %, il faut environ 10 850 euros de CA annuel pour valider 4 trimestres (environ 11 168 euros pour les libéraux affiliés à la Cipav). Pour les prestations de services BIC (abattement 50 %), le seuil est d’environ 13 992 euros. Pour la vente de marchandises (abattement 71 %), il faut atteindre environ 24 115 euros de CA.
Prenons l’exemple de Sophie, graphiste freelance en BNC. Elle réalise 15 000 euros de CA en 2026. Avec 15 000 € de CA, Sophie dépasse les 10 850 € nécessaires et valide 4 trimestres. Si son CA descend à 10 000 €, elle n’en valide que 3. Chaque trimestre manquant retarde l’âge de départ à la retraite à taux plein ou réduit le montant de la pension.
Si votre profession relève de la Cipav (architecte, psychologue, ostéopathe, ergothérapeute, diététicien, moniteur de ski, guide-conférencier, par exemple), votre régime de retraite complémentaire est différent de celui des commerçants et artisans. La CIPAV gère votre retraite complémentaire avec son propre système de points dont la valeur et le taux d’acquisition évoluent chaque année.
Pour savoir si vous êtes rattaché à la CIPAV ou au régime général, vérifiez votre code APE et la confirmation reçue lors de la création de votre micro-entreprise. En cas de doute, contactez l’URSSAF ou consultez le site de la CIPAV directement. L’affiliation à la CIPAV a des conséquences sur le montant de votre retraite complémentaire et sur les démarches à effectuer pour la liquider le moment venu.
Contrairement à une idée reçue, bénéficier de l’ACRE (réduction de cotisations de 25 % pour une création depuis le 1er juillet 2026, de 50 % avant cette date, jusqu’à la fin du 3e trimestre civil suivant la création, sur demande sous 60 jours) ne réduit pas vos trimestres de retraite de base. La validation des trimestres ne dépend pas du taux de cotisation appliqué : les périodes sous ACRE comptent comme des périodes normalement cotisées, dans la limite de 4 trimestres par an. Vous continuez donc à valider vos trimestres normalement, même à taux réduit.
L’ACRE ne réduit pas vos droits à la retraite. Pour calculer vos trimestres et vos points, l’Assurance retraite fait comme si vous aviez payé le taux normal.
La retraite issue des cotisations obligatoires en micro-entreprise est souvent insuffisante pour maintenir son niveau de vie, surtout si le CA est modeste ou si l’activité ne dure que quelques années. Le Plan d’Épargne Retraite individuel (PER) est aujourd’hui le complément recommandé pour les travailleurs indépendants. Il permet d’épargner de façon régulière avec un avantage fiscal : les versements sont déductibles du revenu imposable, dans la limite d’un plafond annuel. Pour un micro-entrepreneur, la déductibilité du PER s’applique sur le revenu net imposé (CA après abattement forfaitaire). C’est moins avantageux que pour un dirigeant de société qui peut déduire du bénéfice, mais c’est un levier réel pour construire un capital complémentaire. L’ouverture d’un PER dès les premières années d’activité, même avec de petits versements, produit un effet capitalisation significatif sur le long terme. Pour approfondir votre stratégie de protection, consultez notre page sur la protection et la prévoyance en micro-entreprise, notre page sur les cotisations sociales, et utilisez le simulateur Novistart pour calculer combien vous cotisez selon votre niveau de CA. Votre retraite n’est qu’un volet de votre protection sociale : pensez aussi à vos droits en cas d’arrêt de travail et à votre complémentaire santé.
À retenir. Vos cotisations valident des trimestres de retraite selon votre chiffre d’affaires : en dessous d’un certain seuil, vous risquez de n’en valider aucun sur l’année. La pension d’indépendant reste souvent inférieure à celle d’un salarié à revenu égal. Ouvrez un PER dès le début pour compléter : ses versements réduisent en plus votre impôt.
Vos trimestres sont calculés à partir des cotisations retraite que vous versez. Chaque tranche de 1 803 € de revenu cotisé valide un trimestre en 2026 (150 fois le Smic horaire de 12,02 €), dans la limite de 4 par an. Pour valider 4 trimestres par an, les seuils de CA varient selon votre activité : approximativement 10 850 euros pour les BNC, 13 992 euros pour les services BIC et 24 115 euros pour la vente.
En général, non. La retraite issue des seules cotisations obligatoires en micro-entreprise est souvent basse, surtout si le CA a été modeste ou si l’activité a duré peu d’années. Il est recommandé de compléter avec un Plan d’Épargne Retraite (PER) individuel, dont les versements sont déductibles du revenu imposable dans la limite d’un plafond annuel.
La retraite de base est gérée par l’Assurance retraite, ou par la Cipav si vous en relevez. Elle est calculée en trimestres et en salaire annuel moyen reconstitué. La retraite complémentaire est basée sur un système de points accumulés tout au long de la carrière. Elle est gérée par l’Assurance retraite, sauf si votre profession libérale relève de la Cipav ou d’une autre caisse de professions libérales. Les deux se cumulent pour former votre pension totale.
Non. L’ACRE ne réduit pas vos droits à la retraite. Pour calculer vos trimestres et vos points, l’Assurance retraite fait comme si vous aviez payé le taux normal. Pour un micro-entrepreneur, l’ACRE n’est pas automatique. Elle se demande dans les 60 jours qui suivent le début d’activité.
L’âge légal de départ à la retraite dépend de votre génération et progresse par paliers. Depuis la suspension de la réforme des retraites actée fin 2025 dans la loi de financement de la Sécurité sociale 2026, le calendrier a ralenti : les générations 1964 à 1968 partent entre 62 ans et 9 mois et 63 ans et 9 mois, et seules les générations nées à partir de 1969 atteignent 64 ans. Le nombre de trimestres requis pour le taux plein varie de 170 à 172 selon votre année de naissance. Cette suspension s’applique depuis le 1er septembre 2026 et est prévue jusqu’en 2028. La règle est identique pour tous, salariés comme micro-entrepreneurs : c’est le nombre de trimestres validés qui détermine si vous partez à taux plein.
À propos de l’auteur
Jonathan Bouveret
Fondateur de Novistart • Expert micro-entreprise
Lancer. Développer. Vivre de son activité.
Jonathan Bouveret aide les micro-entrepreneurs à y arriver. Sans jargon, sans complexité, sans se perdre dans l’administratif. Novistart, c’est son terrain de jeu. Un seul objectif : rendre la micro-entreprise aussi simple qu’elle devrait l’être.
Parce que la liberté se construit.