Le résumé Novistart
Être micro-entrepreneuse et tomber enceinte soulève des questions pratiques importantes : avez-vous droit à un congé maternité ? Qui vous paye pendant cette période ? Combien ? Et que se passe-t-il avec vos déclarations URSSAF et votre activité ? Contrairement aux salariées dont le congé est automatiquement organisé par l’employeur, la micro-entrepreneuse doit elle-même effectuer les démarches pour ouvrir ses droits.
La bonne nouvelle est que les droits existent et qu’ils sont significatifs, à condition de remplir les conditions d’affiliation et d’avoir anticipé. Ce guide vous explique pas à pas les conditions d’accès, le calcul des indemnités, les démarches à effectuer et ce qu’il faut prévoir pour votre activité pendant votre absence.
Pour ouvrir droit aux indemnités de maternité en micro-entreprise, vous devez remplir plusieurs conditions cumulatives. D’abord, vous devez justifier de 6 mois d’affiliation à la date prévue de votre accouchement. Ensuite, l’allocation comme les indemnités supposent d’arrêter toute activité au moins 8 semaines, dont 6 après l’accouchement.
Votre chiffre d’affaires n’est pas une condition d’accès. Si votre revenu annuel moyen des 3 dernières années civiles (CA après abattement) est inférieur à 4 582 €, vous gardez vos droits, mais à 10 % : 400,50 € d’allocation et 6,58 € par jour d’indemnités en 2026.
Le congé maternité en micro-entreprise se compose de deux indemnités distinctes. L’Allocation Forfaitaire de Repos Maternel (AFRM) est versée pour moitié au début du congé et pour moitié à la fin des 8 semaines d’arrêt obligatoires. Son montant correspond à 1/12e du plafond annuel de la Sécurité sociale, soit environ 4 005 euros en 2026. Les Indemnités Journalières Forfaitaires d’Interruption d’Activité (IJFIA) sont versées pour chaque jour de cessation d’activité, à hauteur de 1/730e du plafond annuel de la Sécurité sociale, soit environ 65,84 euros par jour en 2026, dans la limite de 112 jours (16 semaines).
Après le congé maternité, vous pouvez prendre un congé supplémentaire de naissance de 1 ou 2 mois si votre enfant est né depuis le 1er janvier 2026. L’indemnité 2026 est de 46,09 € brut par jour le 1er mois et 39,50 € le 2e mois.
Pour percevoir les indemnités de maternité, vous devez effectuer plusieurs démarches auprès de votre caisse d’Assurance maladie (CPAM). La première étape est de déclarer votre grossesse avant la fin de la 14e semaine d’aménorrhée, soit auprès de votre CPAM, soit via le site ameli.fr. Cette déclaration déclenche le calcul de vos droits et vous permet de bénéficier de la prise en charge des examens de grossesse.
Pour l’AFRM, la demande se fait directement sur ameli.fr dans l’espace « Ma santé » en joignant le certificat médical de grossesse pour la première moitié, et le certificat d’accouchement pour la seconde. Pour les indemnités, vous remplissez une attestation sur l’honneur de cessation d’activité, fournie dans le carnet de maternité des cheffes d’entreprise. Il est recommandé d’envoyer ces documents au moins 15 jours avant le début du congé pour éviter les retards de versement.
Pendant votre congé maternité, si vous cessez complètement votre activité, vous déclarez un CA de zéro euros à chaque échéance URSSAF. Cette déclaration reste obligatoire même en l’absence de revenus. En revanche, vous ne payez pas de cotisations sur un CA nul. Si vous continuez à facturer pendant une partie du congé (ce qui vous prive des IJFIA pour les semaines concernées), vous déclarez le CA encaissé normalement. Il est impossible de cumuler les IJFIA avec une activité facturée : la cessation d’activité doit être totale pour les semaines où vous percevez ces indemnités.
Le congé maternité est un moment qui se prépare plusieurs mois à l’avance pour une micro-entrepreneuse. Sur le plan financier, il faut anticiper la période sans revenus d’activité et évaluer si les indemnités couvrent vos charges fixes. Sur le plan opérationnel, il faut prévoir comment traiter les dossiers en cours : délégation partielle à un sous-traitant, interruption temporaire d’activité, ou préparation anticipée de la reprise. Pour les micro-entrepreneuses qui dépendent de clients réguliers, communiquer en avance sur le congé et organiser la continuité du service est essentiel pour ne pas perdre ces clients. Certaines choisissent de faire appel à un confrère ou une consœur pour assurer un suivi minimal pendant l’absence. Pour aller plus loin sur votre protection en tant que micro-entrepreneuse, consultez notre page sur la protection et la prévoyance en micro-entreprise, notre guide sur l’arrêt maladie en micro-entreprise, et le simulateur Novistart pour planifier votre activité avant et après le congé. Du côté du second parent, le congé paternité suit une logique proche, et l’arrêt maladie couvre les autres interruptions liées à la santé.
À retenir. La micro-entrepreneuse a droit à un congé maternité indemnisé : une allocation forfaitaire de repos maternel, plus des indemnités journalières, sous condition d’affiliation. Le versement suppose une interruption effective de l’activité pendant une durée minimale. Anticipez la baisse de revenu et déclarez votre grossesse à votre caisse dans les délais.
Oui, à condition de justifier de 6 mois d’affiliation à la date prévue de votre accouchement. Vous pouvez alors percevoir l’Allocation Forfaitaire de Repos Maternel et les Indemnités Journalières Forfaitaires d’Interruption d’Activité, si vous cessez votre activité au moins 8 semaines, dont 6 après l’accouchement. Si votre revenu annuel moyen est inférieur à 4 582 €, ces montants sont réduits à 10 %.
L’Allocation Forfaitaire de Repos Maternel (AFRM) représente environ 4 005 euros en 2026, versée en deux fois. Les Indemnités Journalières Forfaitaires (IJFIA) représentent environ 65,84 euros par jour de cessation d’activité, dans la limite de 112 jours (16 semaines). Au maximum, vous pouvez percevoir environ 11 379 € pour un congé de 16 semaines.
Oui, les déclarations URSSAF restent obligatoires même pendant le congé maternité. Si vous cessez complètement votre activité, vous déclarez un CA de zéro euros à chaque échéance. Vous ne payez alors aucune cotisation. La déclaration à zéro est obligatoire pour éviter les majorations de retard et maintenir vos droits ouverts.
Non, pas si vous percevez les Indemnités Journalières Forfaitaires d’Interruption d’Activité (IJFIA). Pour les semaines où vous percevez ces indemnités, la cessation d’activité doit être totale. Si vous reprenez une activité facturée, même partielle, vous perdez les IJFIA pour les semaines concernées. L’allocation comme les indemnités supposent d’arrêter toute activité au moins 8 semaines, dont 6 après l’accouchement.
Le plus tôt possible. Déclarez votre grossesse avant la fin de la 14e semaine d’aménorrhée sur ameli.fr ou auprès de votre CPAM. Pour les indemnités, envoyez les documents au moins 15 jours avant le début du congé pour éviter les retards de versement. Pour l’AFRM, la première partie se demande dès la déclaration de grossesse, la seconde après l’accouchement.
À propos de l’auteur
Jonathan Bouveret
Fondateur de Novistart • Expert micro-entreprise
Lancer. Développer. Vivre de son activité.
Jonathan Bouveret aide les micro-entrepreneurs à y arriver. Sans jargon, sans complexité, sans se perdre dans l’administratif. Novistart, c’est son terrain de jeu. Un seul objectif : rendre la micro-entreprise aussi simple qu’elle devrait l’être.
Parce que la liberté se construit.