Le résumé Novistart
Beaucoup de micro-entrepreneurs éditent leurs factures à la main, sur un simple document Word ou un tableur. Longtemps, cela a suffi. Mais la réforme de la facturation électronique, qui se déploie en 2026 et 2027, change progressivement la donne.
La question n’est plus seulement de savoir si un logiciel vous fait gagner du temps, mais si vous serez bientôt obligé d’en utiliser un. Entre l’obligation de recevoir des factures électroniques, celle de les émettre, et la disparition du portail public gratuit, il est facile de s’y perdre.
Ce guide vous explique si un logiciel de facturation est obligatoire en micro-entreprise, ce que la facturation électronique va vraiment changer, comment choisir une plateforme agréée, et les solutions gratuites qui existent. Les informations citées sont celles de 2026, mises à jour régulièrement.
À ce jour, aucun texte ne vous oblige à utiliser un logiciel de facturation. Ce qui compte, c’est que vos factures respectent les mentions obligatoires. Vous pouvez donc, en théorie, les rédiger sur un traitement de texte ou un tableur, à condition de numéroter vos factures de façon continue, de conserver un exemplaire et de respecter la mention de TVA propre à la franchise en base.
En pratique, un logiciel reste fortement recommandé, même modeste. Il calcule les totaux sans erreur, applique automatiquement les mentions obligatoires, gère la numérotation, transforme un devis en facture et suit vos paiements. Sur une activité qui grandit, le temps gagné et les erreurs évitées justifient largement son usage. Le principal changement, toutefois, ne vient pas du confort, mais de la réforme de la facturation électronique.
La facturation électronique devient progressivement obligatoire pour toutes les entreprises, micro-entrepreneurs compris, y compris ceux qui bénéficient de la franchise en base de TVA. Le calendrier se déroule en deux temps. Dès le 1er septembre 2026, vous devez être en mesure de recevoir vos factures au format électronique. Puis, à partir du 1er septembre 2027, vous devrez émettre vos factures au format électronique pour vos opérations entre professionnels, et les données correspondantes seront transmises à l’administration automatiquement, via votre plateforme.
Le passage se fait par une plateforme agréée par l’État, anciennement appelée plateforme de dématérialisation partenaire. Le projet initial prévoyait un portail public gratuit pour émettre ses factures, mais l’État y a renoncé fin 2024. Vous devez donc choisir une plateforme agréée, dont la liste officielle est tenue à jour sur impots.gouv.fr. Selon les fonctionnalités proposées par votre plateforme, vous pourrez créer vos factures directement sur cet outil ou y raccorder votre logiciel.
Un mot sur le périmètre. Les ventes à des particuliers ne sont pas concernées par la facturation électronique. Les opérations qui sortent de son champ, comme certaines opérations internationales, donnent en principe lieu à un e-reporting, c’est-à-dire à une transmission de vos données à l’administration, selon les règles prévues par la réforme, à partir de 2027.
Enfin, la mention de TVA de la franchise en base évolue. « TVA non applicable, art. 293 B du CGI » est remplacée dès le 1er septembre 2026 par la référence à l’article L. 223-3 du Code des impositions sur les biens et des services, l’ancienne mention restant tolérée jusqu’au 31 décembre 2027.
Il n’existe pas de meilleur logiciel de facturation universel. Le bon choix dépend de votre activité, de votre volume de factures et des fonctionnalités dont vous avez réellement besoin. Un principe reste toutefois valable pour tous, votre solution doit être une plateforme agréée ou être connectée à l’une d’elles. Vérifiez toujours ce point sur la liste officielle avant de vous engager, car un outil non raccordé ne vous mettra pas en conformité en 2027.
Côté budget, l’offre est large. Certaines plateformes proposent une facturation électronique gratuite pour les besoins simples d’un auto-entrepreneur, quand d’autres facturent quelques euros par mois pour des fonctions plus avancées. Au-delà du prix, regardez ce qui vous fera vraiment gagner du temps, les mentions obligatoires remplies automatiquement, la numérotation continue, la transformation d’un devis en facture, les relances de paiement et l’export de vos données pour votre livre de recettes.
Bonne nouvelle pour finir. Si vous utilisez déjà un logiciel de facturation reconnu, il évoluera probablement par une simple mise à jour pour se connecter à une plateforme agréée. Vérifiez simplement auprès de votre éditeur qu’une telle connexion est prévue avant septembre 2027, sans forcément changer d’outil.
N’attendez pas le dernier moment. La réception s’impose dès septembre 2026, l’émission un an plus tard, et choisir sa plateforme sereinement vaut mieux que de s’y prendre dans l’urgence. Testez votre outil en amont, sur quelques factures, avant que l’obligation ne s’applique.
Attention ensuite aux offres présentées comme gratuites. Elles couvrent souvent les besoins de base, mais peuvent limiter le nombre de factures ou réserver la conformité à la facturation électronique à une formule payante. Lisez ce que recouvre réellement la gratuité.
Ne confondez pas non plus logiciel de facturation et logiciel de caisse certifié. Le second ne concerne que les commerçants assujettis à la TVA qui encaissent des particuliers au moyen d’une caisse, et la grande majorité des micro-entrepreneurs en franchise n’est pas concernée.
Enfin, gardez à l’esprit que le logiciel ne vous dispense pas de vos obligations de fond. La tenue de votre livre de recettes et la conservation de vos factures pendant dix ans restent de votre responsabilité.
Non, aucun texte ne l’impose aujourd’hui. Vos factures doivent seulement respecter les mentions obligatoires. Un logiciel devient toutefois quasi incontournable avec la facturation électronique, obligatoire en réception dès septembre 2026 et en émission à partir de septembre 2027.
Oui pour l’instant, tant que vos factures sont conformes et numérotées en continu. Mais à partir de septembre 2027, vos factures entre professionnels devront transiter par une plateforme agréée, ce qu’un simple document Word ne permet pas.
C’est un opérateur immatriculé par l’administration fiscale, autorisé à émettre, recevoir et transmettre les factures électroniques. La plateforme agréée, anciennement appelée plateforme de dématérialisation partenaire, remplace le portail public initialement prévu. La liste officielle est publiée sur impots.gouv.fr.
Le portail public ne permet plus d’émettre gratuitement ses factures, ce service ayant été abandonné fin 2024. Il conserve un rôle technique d’annuaire et de collecte des données. Pour facturer, vous devez passer par une plateforme agréée.
Oui, certaines plateformes agréées proposent une offre à 0 € pour les besoins simples. Vérifiez toutefois que la gratuité couvre bien la conformité à la facturation électronique et ne se limite pas à un nombre réduit de factures.
La réception devient obligatoire pour toutes les entreprises le 1er septembre 2026. L’émission et la transmission des données s’imposent aux micro-entreprises à partir du 1er septembre 2027.
Non, les ventes à des particuliers ne sont pas concernées par la facture électronique. Les opérations qui en sortent, comme certaines opérations internationales, relèvent en principe d’un e-reporting, une transmission de vos données de vente à l’administration, à partir de 2027.
Jusqu’au 31 août 2026, la mention reste « TVA non applicable, art. 293 B du CGI ». À partir du 1er septembre 2026, elle devient « TVA non applicable, art. L. 223-3 du CIBS », l’ancienne référence étant tolérée jusqu’au 31 décembre 2027.
Le logiciel de facturation édite vos factures. Le logiciel de caisse certifié, lui, ne concerne que les assujettis à la TVA qui encaissent des particuliers avec une caisse, une situation qui ne touche pas la plupart des micro-entrepreneurs en franchise.
Non. Même avec un logiciel, vous devez tenir votre livre de recettes et conserver vos factures pendant dix ans. Le logiciel facilite ces tâches mais ne les remplace pas.
À propos de l’auteur
Jonathan Bouveret
Fondateur de Novistart • Expert micro-entreprise
Lancer. Développer. Vivre de son activité.
Jonathan Bouveret aide les micro-entrepreneurs à y arriver. Sans jargon, sans complexité, sans se perdre dans l’administratif. Novistrat, c’est son terrain de jeu. Un seul objectif : rendre la micro-entreprise aussi simple qu’elle devrait l’être.
Parce que la liberté se construit.