Retraite en micro-entreprise

Le résumé Novistart

  • En micro-entreprise, vous cotisez pour la retraite de base et la retraite complémentaire via vos cotisations sociales versées à l’URSSAF (source : Assurance Retraite).
  • Pour valider 4 trimestres par an, vous devez atteindre un CA minimum : environ 10 850 euros en services BNC et 24 115 euros en vente en 2026.
  • Les libéraux affiliés au CIPAV cotisent pour un régime de retraite complémentaire distinct, géré par la CIPAV.
  • L’ACRE ne réduit pas vos trimestres de retraite de base (ils dépendent du CA, pas du taux de cotisation), mais peut réduire vos points de retraite complémentaire.
  • Le Plan d’Épargne Retraite (PER) est le complément recommandé pour les micro-entrepreneurs dont la retraite obligatoire reste faible.
  • Utilisez le simulateur Novistart pour visualiser l’impact de votre CA sur vos cotisations retraite.
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On pense souvent que la retraite est le cadet des soucis quand on lance sa micro-entreprise. En réalité, c’est l’un des angles morts les plus coûteux du statut : vous cotisez à chaque déclaration de chiffre d’affaires, mais vous ignorez généralement combien de trimestres vous validez, ce que cela donnera à terme, et si c’est suffisant. Comme les cotisations sont calculées sur le chiffre d’affaires et non sur un salaire fixe, un CA insuffisant peut vous faire valider seulement deux ou trois trimestres par an au lieu de quatre, sans que vous vous en rendiez compte avant qu’il soit trop tard pour corriger le tir.

Ce guide vous explique comment fonctionne la retraite en micro-entreprise, comment valider vos trimestres, ce que vous toucherez à terme selon votre niveau d’activité, et quelles stratégies adopter pour compléter votre protection.

Comment fonctionne la retraite en micro-entreprise

En micro-entreprise, vous relevez du régime social des indépendants intégré au régime général depuis 2018. Vous cotisez à la fois pour la retraite de base (régime général de la Sécurité sociale) et pour la retraite complémentaire (AGIRC-ARRCO pour les commerçants et artisans, CIPAV pour certains libéraux). Ces cotisations sont incluses dans le taux global de cotisations sociales que vous versez à l’URSSAF à chaque déclaration de chiffre d’affaires.

La particularité du système en micro-entreprise est que vos droits retraite sont calculés sur votre chiffre d’affaires après abattement forfaitaire, et non sur un salaire. Concrètement, pour valider un trimestre de retraite de base, votre revenu reconstitué (CA après abattement) doit être égal à 150 fois le SMIC horaire. En 2026, cela correspond approximativement à 1 803 euros de revenu reconstitué par trimestre.

Les seuils de CA pour valider 4 trimestres par an

Pour valider les 4 trimestres annuels et maximiser vos droits retraite, vous devez atteindre un CA minimum qui varie selon votre activité. Pour les prestations de services BNC avec un abattement de 34 %, il faut environ 10 850 euros de CA annuel pour valider 4 trimestres (environ 11 168 euros pour les libéraux affiliés à la Cipav). Pour les prestations de services BIC (abattement 50 %), le seuil est d’environ 13 992 euros. Pour la vente de marchandises (abattement 71 %), il faut atteindre environ 24 115 euros de CA.

Prenons l’exemple de Sophie, graphiste freelance en BNC. Elle réalise 15 000 euros de CA en 2026. Après abattement de 34 %, son revenu reconstitué est de 9 900 euros, soit 2 475 euros par trimestre. Elle valide 4 trimestres complets. En revanche, si son CA descend à 10 000 euros (6 600 euros après abattement), elle ne valide que 3 trimestres. Chaque trimestre manquant retarde l’âge de départ à la retraite à taux plein ou réduit le montant de la pension.

Le cas particulier des libéraux affiliés au CIPAV

Si votre activité relève des professions libérales affiliées à la CIPAV (architectes, psychologues, ostéopathes, consultants, formateurs indépendants…), votre régime de retraite complémentaire est différent de celui des commerçants et artisans. La CIPAV gère votre retraite complémentaire de façon distincte de l’AGIRC-ARRCO, avec un système de points dont la valeur et le taux d’acquisition évoluent chaque année.

Pour savoir si vous êtes rattaché à la CIPAV ou au régime général, vérifiez votre code APE et la confirmation reçue lors de la création de votre micro-entreprise. En cas de doute, contactez l’URSSAF ou consultez le site de la CIPAV directement. L’affiliation à la CIPAV a des conséquences sur le montant de votre retraite complémentaire et sur les démarches à effectuer pour la liquider le moment venu.

L’impact de l’ACRE sur les droits retraite

Contrairement à une idée reçue, bénéficier de l’ACRE (réduction de cotisations de 25 %, soit 75 % du taux normal, jusqu’à la fin du 3e trimestre civil suivant la création, sur demande sous 60 jours) ne réduit pas vos trimestres de retraite de base. La validation des trimestres se calcule sur votre revenu reconstitué (CA après abattement), indépendamment du taux de cotisation appliqué : les périodes sous ACRE comptent comme des périodes normalement cotisées, dans la limite de 4 trimestres par an. Vous continuez donc à valider vos trimestres normalement, même à taux réduit.

Le point de vigilance concerne plutôt la retraite complémentaire (AGIRC-ARRCO ou CIPAV selon votre activité), qui fonctionne par points acquis proportionnellement aux cotisations réellement versées. Pendant la période ACRE, ces cotisations complémentaires étant réduites, le nombre de points accumulés peut l’être aussi. C’est ce volet complémentaire, et non la retraite de base, qu’il faut surveiller si vous cumulez ACRE et CA élevé sur cette période.

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Compléter sa retraite : le Plan d’Épargne Retraite

La retraite issue des cotisations obligatoires en micro-entreprise est souvent insuffisante pour maintenir son niveau de vie, surtout si le CA est modeste ou si l’activité ne dure que quelques années. Le Plan d’Épargne Retraite individuel (PER) est aujourd’hui le complément recommandé pour les travailleurs indépendants. Il permet d’épargner de façon régulière avec un avantage fiscal : les versements sont déductibles du revenu imposable, dans la limite d’un plafond annuel. Pour un micro-entrepreneur, la déductibilité du PER s’applique sur le revenu net imposé (CA après abattement forfaitaire). C’est moins avantageux que pour un dirigeant de société qui peut déduire du bénéfice, mais c’est un levier réel pour construire un capital complémentaire. L’ouverture d’un PER dès les premières années d’activité, même avec de petits versements, produit un effet capitalisation significatif sur le long terme. Pour approfondir votre stratégie de protection, consultez notre page sur la protection et la prévoyance en micro-entreprise, notre page sur les cotisations sociales, et utilisez le simulateur Novistart pour calculer combien vous cotisez selon votre niveau de CA. Votre retraite n’est qu’un volet de votre protection sociale : pensez aussi à vos droits en cas d’arrêt de travail et à votre complémentaire santé.

À retenir. Vos cotisations valident des trimestres de retraite selon votre chiffre d’affaires : en dessous d’un certain seuil, vous risquez de n’en valider aucun sur l’année. La pension d’indépendant reste souvent inférieure à celle d’un salarié à revenu égal. Ouvrez un PER dès le début pour compléter : ses versements réduisent en plus votre impôt.

faq

Questions fréquentes sur la retraite en micro-entreprise

Comment valider des trimestres de retraite en micro-entreprise ?

Pour valider un trimestre de retraite, votre revenu reconstitué (CA après abattement forfaitaire) doit être équivalent à 150 fois le SMIC horaire. En 2026, cela représente environ 1 803 euros par trimestre. Pour valider 4 trimestres par an, les seuils de CA varient selon votre activité : approximativement 10 850 euros pour les BNC, 13 992 euros pour les services BIC et 24 115 euros pour la vente.

La retraite en micro-entreprise est-elle suffisante pour vivre ?

En général, non. La retraite issue des seules cotisations obligatoires en micro-entreprise est souvent basse, surtout si le CA a été modeste ou si l’activité a duré peu d’années. Il est recommandé de compléter avec un Plan d’Épargne Retraite (PER) individuel, dont les versements sont déductibles du revenu imposable dans la limite d’un plafond annuel.

Quelle est la différence entre retraite de base et retraite complémentaire en micro-entreprise ?

La retraite de base est gérée par l’Assurance Retraite du régime général : elle est calculée en trimestres et en salaire annuel moyen reconstitué. La retraite complémentaire est basée sur un système de points accumulés tout au long de la carrière, gérée par l’AGIRC-ARRCO pour les commerçants et artisans, et par la CIPAV pour certains libéraux. Les deux se cumulent pour former votre pension totale.

L'ACRE affecte-t-elle les droits retraite ?

Non, pas sur la retraite de base. Les trimestres se calculent sur votre revenu reconstitué (CA après abattement), indépendamment du taux de cotisation : les périodes sous ACRE comptent normalement, dans la limite de 4 par an. En revanche, la retraite complémentaire (AGIRC-ARRCO ou CIPAV) fonctionne par points proportionnels aux cotisations réellement versées, donc réduites pendant la période ACRE : c’est ce volet-là qui peut être légèrement impacté, pas vos trimestres de base. Depuis 2026, l’ACRE n’est plus automatique : elle doit être demandée dans les 60 jours suivant la création.

À quel âge peut-on partir à la retraite quand on est micro-entrepreneur ?

L’âge légal de départ à la retraite dépend de votre génération et progresse par paliers. Depuis la suspension de la réforme des retraites actée fin 2025 dans la loi de financement de la Sécurité sociale 2026, le calendrier a ralenti : les générations 1964 à 1968 partent entre 62 ans et 9 mois et 63 ans et 9 mois, et seules les générations nées à partir de 1969 atteignent 64 ans. Le nombre de trimestres requis pour le taux plein varie de 170 à 172 selon votre année de naissance. Cette suspension reste provisoire, le calendrier pouvant évoluer à nouveau après l’élection présidentielle de 2027. La règle est identique pour tous, salariés comme micro-entrepreneurs : c’est le nombre de trimestres validés qui détermine si vous partez à taux plein.

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À propos de l’auteur

Jonathan Bouveret

Fondateur de Novistart • Expert micro-entreprise

Lancer. Développer. Vivre de son activité.

Jonathan Bouveret aide les micro-entrepreneurs à y arriver. Sans jargon, sans complexité, sans se perdre dans l’administratif. Novistart, c’est son terrain de jeu. Un seul objectif : rendre la micro-entreprise aussi simple qu’elle devrait l’être.

Parce que la liberté se construit.