Le résumé Novistart
Le chef à domicile prépare et cuisine directement chez ses clients, pour un dîner en famille, un anniversaire, une réception ou l’envie d’un bon repas sans avoir à s’occuper de la cuisine.
Mais une prestation ne se résume pas au temps passé derrière les fourneaux. Il faut préparer le menu, acheter les ingrédients, se déplacer, cuisiner, assurer le service et ranger avant de repartir. Elles comptent pourtant dans votre temps de travail, et donc dans votre rentabilité.
La micro-entreprise, souvent appelée auto-entrepreneur, permet de démarrer avec peu de moyens : pas de local à louer, et une partie du matériel est déjà chez le client. Avant de vous lancer, regardez surtout deux choses : les règles d’hygiène, qui varient selon votre façon de travailler, et le coût des courses, qui peut réduire ce qu’il vous reste.
| Diplôme requis | Aucun diplôme obligatoire, hygiène à maîtriser selon le modèle |
| Régime fiscal | BIC, prestation de service, micro-entreprise |
| Cotisations sociales | 21.2 % du chiffre d’affaires |
| Abattement fiscal | 50 % pour frais |
| Plafond de chiffre d’affaires | 83 600 € |
| Franchise de TVA | 37 500 € |
| Retraite | Assurance retraite (ex-SSI) |
| Tarif courant | 40 à 60 € par convive |
Le chef à domicile compose un menu, fait les courses, cuisine chez le client et, souvent, sert puis range derrière lui. Contrairement au traiteur, qui livre des plats préparés à l’avance, il travaille sur place et adapte son repas au moment : un dîner d’anniversaire, un déjeuner d’affaires, un repas de fête en famille.
Deux modèles coexistent. Le chef à domicile au sens strict cuisine chez le particulier et facture une prestation de service. Le traiteur, lui, prépare dans sa propre cuisine et vend des plats, ce qui change son régime et ses obligations. Cette fiche traite du premier, le plus courant pour se lancer seul, même si beaucoup de professionnels mêlent les deux au fil du temps.
Le métier n’exige aucun diplôme de cuisine pour ouvrir sa micro-entreprise, souvent choisie sous le nom d’auto-entrepreneur. Sur l’hygiène, en revanche, tout dépend de votre façon de travailler, et c’est un point que beaucoup de fiches présentent de travers.
Si vous cuisinez uniquement au domicile du client, pour les convives présents, votre situation se rapproche de la consommation privée : les obligations lourdes de la restauration commerciale, comme la formation hygiène de quatorze heures ou une déclaration sanitaire systématique, ne s’appliquent pas de la même manière. Cela ne vous dispense pas de rigueur, la formation à l’hygiène reste vivement recommandée, car elle vous protège autant que vos clients.
Le cadre change dès que vous préparez, stockez ou transportez des plats hors du domicile du client, par exemple en cuisinant chez vous pour livrer. Vous entrez alors dans un cadre proche de celui d’une activité de traiteur, avec des obligations sanitaires renforcées : formation hygiène, déclaration auprès de la DDPP, chaîne du froid et traçabilité. Mieux vaut savoir dans quel cas vous vous trouvez avant de vous lancer.
Dans tous les cas, une responsabilité civile professionnelle est vivement conseillée, car une intoxication alimentaire peut vous être reprochée directement. Elle couvre ce risque bien réel pour quelques dizaines d’euros par mois.
Gardez la trace de vos achats et des températures pendant quelques mois. En cas de doute sur un repas, c’est ce qui prouve votre sérieux et vous met à l’abri.
En micro-entreprise, le chef à domicile relève des bénéfices industriels et commerciaux pour une prestation de service. Ses cotisations sociales représentent 21.2 % du chiffre d’affaires encaissé, déclarées à l’URSSAF chaque mois ou chaque trimestre. Pas de prestation un mois donné, aucune cotisation ce mois-là. L’ACRE abaisse ce taux à 15.9 % au démarrage, sous conditions et à demander dans les 60 jours. Sur l’impôt, un abattement de 50 % s’applique avant calcul, et le versement libératoire à 1,7 % est possible si vous y êtes éligible.
Pour la TVA, vous facturez sans taxe tant que vous restez sous 37 500 € de chiffre d’affaires, avec une tolérance jusqu’à 41 250 €. Au-delà, vous devez facturer la TVA. Un point de vigilance propre au métier : si vous incluez le prix des courses dans votre facture, ces sommes comptent dans votre chiffre d’affaires. Elles vous rapprochent des seuils sans être un vrai revenu, un piège sur lequel nous revenons plus bas.
C’est un avantage méconnu du métier. La préparation de repas à domicile fait partie des activités de services à la personne. En déclarant votre activité dans ce cadre, vos clients particuliers bénéficient, dans les limites et conditions du dispositif, d’un crédit d’impôt de 50 % sur les sommes qu’ils vous versent. Une prestation facturée 200 € peut alors ne leur revenir qu’à 100 € environ, sous réserve des conditions du dispositif.
Attention à une limite importante : cet avantage ne vaut que pour les particuliers, pas pour les repas d’entreprise ni les événements professionnels. Bien utilisé, c’est pourtant un argument de vente puissant auprès des familles, à condition de l’expliquer dès le premier échange. Cette déclaration se fait en ligne et gratuitement.
Le revenu d’un chef à domicile dépend de deux choses : son tarif par convive et le nombre de prestations qu’il assure. Le tarif va couramment de 40 à 60 € par personne selon le menu, courses comprises ou non. Voici quatre situations réalistes, construites en combinant un nombre de prestations par semaine et un panier moyen de 120 à 300 € par prestation, selon le nombre de convives et le niveau de gamme.
| Profil | Rythme | CA annuel | Cotisations | Après cotisations sociales |
| En complément (soirs, week-ends) | 1 à 2 prestations par semaine | 12 000 € | environ 2 540 € | environ 9 460 € |
| Temps partiel installé | 3 prestations par semaine | 28 000 € | environ 5 940 € | environ 22 060 € |
| Temps plein | 5 prestations par semaine | 48 000 € | environ 10 180 € | environ 37 820 € |
| Chef réputé, clientèle premium | prestations haut de gamme | 72 000 € | environ 15 260 € | environ 56 740 € |
Ces montants s’entendent après cotisations sociales, mais avant impôt sur le revenu et avant vos frais, à commencer par les courses. Si vous achetez les ingrédients et les refacturez, leur prix entre dans votre chiffre d’affaires. Vous payez alors des cotisations sur le coût des courses, et vous vous rapprochez du plafond sans gagner davantage. Beaucoup de chefs préfèrent laisser le client acheter lui-même les ingrédients : ce qu’il paie en direct n’entre pas dans leur chiffre d’affaires.
Pour un chef qui travaille seul, la micro-entreprise est souvent un bon point de départ, tant que l’activité reste légère et les frais maîtrisés : peu de charges, gestion simple, lancement rapide. La question de la société se pose quand le modèle change.
Prenons un chef dont le carnet ne désemplit pas. Tant qu’il cuisine lui-même, la micro lui suffit largement. Le jour où il refacture beaucoup de courses, s’équipe d’un vrai matériel à amortir ou recrute pour assurer plusieurs prestations en même temps, son chiffre d’affaires grimpe vite et une société devient plus adaptée : elle permet de déduire les achats et le matériel, ce que la micro ne fait pas. Tant qu’il reste seul et léger, ce moment n’arrive pas.
Deux seuils encadrent l’activité. Le seuil de TVA de 37 500 €, au-delà duquel vous devez facturer la taxe. Et le plafond de 83 600 € de chiffre d’affaires, qui, dépassé deux années de suite, fait sortir de la micro. Pour un chef à domicile, ces seuils sont plus proches qu’il n’y paraît, à cause d’un détail : les courses refacturées comptent dedans.
Un chef qui refacture 300 € de courses par semaine ajoute plus de 15 000 € par an à son chiffre d’affaires, sans un euro de revenu en plus. Il atteint les seuils plus tôt qu’un prestataire qui ne vend que son temps. Si le client achète lui-même les ingrédients, ces sommes ne passent pas dans votre chiffre d’affaires. La différence compte lorsque vous approchez des plafonds.
Le premier canal, c’est le bouche-à-oreille. Un dîner réussi se raconte, et un hôte satisfait vous recommande à ses amis pour leur prochaine occasion. Soignez vos premières prestations comme des vitrines, quitte à facturer un peu moins au début.
Les plateformes spécialisées, comme La Belle Assiette ou les annuaires de chefs, apportent des réservations rapidement, contre une commission. Utiles pour démarrer, elles ne doivent pas rester votre seule source, car le client y compare surtout les prix. Les réseaux sociaux, eux, sont faits pour ce métier : une belle photo d’assiette ou de table dressée vaut tous les discours. Instagram et les groupes locaux sont un excellent moyen de se faire connaître près de chez soi.
Enfin, pensez au crédit d’impôt comme argument. Beaucoup de familles ignorent qu’un chef déclaré service à la personne peut, pour les particuliers éligibles, réduire de moitié le coût qui reste à leur charge. Le dire dès le premier contact transforme un tarif qui semblait élevé en une dépense raisonnable.
Si votre agenda est déjà plein, prendre deux prestations de plus ne changera pas grand-chose à votre fatigue comme à votre revenu. Vous pouvez plutôt augmenter le montant de chaque prestation : menu plus travaillé, produits plus haut de gamme, service plus complet, pour un temps de travail comparable.
Les cours de cuisine et les ateliers peuvent aussi compléter les soirées. Ils apportent d’autres créneaux, permettent de retrouver les mêmes clients plusieurs fois dans l’année et lissent un revenu autrement très irrégulier.
Pour les gros événements, certains chefs finissent par travailler avec un commis ou un extra. À ce stade, on ne vend plus seulement ses propres heures : il faut aussi organiser les prestations. C’est souvent à ce moment que la question de la société revient sur la table.
| Erreur | Conséquence et solution |
| Confondre chef à domicile et traiteur | Les obligations d’hygiène ne sont pas les mêmes selon que vous cuisinez chez le client ou que vous préparez et livrez des plats. Sachez dans quel cas vous êtes avant de vous lancer. |
| Refacturer les courses sans y penser | Le prix des ingrédients gonfle votre CA, vous fait payer des cotisations pour rien et vous rapproche des plafonds. Le mieux est souvent de laisser le client acheter lui-même les ingrédients. |
| Négliger l’hygiène et la chaîne du froid | Même sans formation obligatoire, un manquement peut causer une intoxication et engager votre responsabilité. Les bons gestes protègent vos clients et vous. |
| Ne pas se déclarer service à la personne | Vos clients particuliers perdent le crédit d’impôt de 50 %, et vous perdez un argument de vente décisif. |
| Oublier l’ACRE dans les 60 jours | Passé ce délai, vous perdez le taux réduit à 15.9 %, soit plusieurs centaines d’euros la première année. |
Le premier point est la rentabilité. Entre les courses, le temps de préparation, le trajet et le rangement, une prestation facturée 300 € mobilise souvent une journée entière. Compter son tarif à l’assiette sans compter ces heures invisibles, c’est se tromper sur ce qu’on gagne.
Vient ensuite la saisonnalité. Les fêtes, l’été et les périodes de réception remplissent l’agenda, mais janvier ou la rentrée peuvent être creux. Un revenu confortable en moyenne cache des mois très calmes. Se constituer une réserve pendant les périodes fastes évite les fins de mois difficiles.
Le dernier point est votre protection sociale. La micro n’ouvre pas de droit au chômage, et votre retraite se construit lentement auprès de l’Assurance retraite. Le métier est aussi physique, debout et sous pression : mettre de côté et préserver son corps font partie du travail.
| Critère | Note | Pourquoi |
| Rentabilité | 14 / 20 | Bon tarif par convive, mais des courses et un temps de préparation qui rognent la marge. |
| Facilité à trouver des clients | 15 / 20 | De la demande sur les occasions, mais une clientèle à convaincre localement, projet par projet. |
| Investissement de départ | 18 / 20 | Aucun local et peu de matériel, on démarre avec sa cuisine et celle du client. |
| Contraintes réglementaires | 15 / 20 | Peu de barrières pour cuisiner chez le client, des obligations renforcées seulement en modèle traiteur. |
| Potentiel de développement | 15 / 20 | Cours, ateliers et montée en gamme élargissent l’activité au-delà du repas unique. |
Score Novistart : 77/100. Un métier accessible et porté par une vraie demande, dont la rentabilité dépend surtout de la maîtrise des courses, les obligations d’hygiène variant selon que vous cuisinez chez le client ou que vous livrez des plats.
Le Score Novistart additionne cinq critères notés sur 20 chacun : la rentabilité, la facilité à trouver des clients, l’investissement de départ, les contraintes réglementaires et le potentiel de développement. Le total donne la note sur 100.
Vous aimerez sans doute ce métier si cuisiner pour les autres vous rend heureux, si le sourire des convives vous porte, et si vous aimez transformer un simple dîner en un moment dont on se souvient. C’est un métier de générosité et de coup de feu, pas seulement de recettes.
Vous le détesterez sans doute si la pression du service vous angoisse, si les courses, la logistique et la vaisselle vous pèsent plus que le plaisir de cuisiner, ou s’il vous faut un revenu régulier chaque mois. Le métier récompense l’endurance et le sens de l’accueil, pas la recherche de confort.
Oui. On peut cumuler un emploi salarié et une micro-entreprise de chef, souvent en cuisinant le soir et le week-end. Les revenus s’ajoutent, chacun avec ses cotisations. Vérifiez seulement que votre contrat n’interdit pas une activité concurrente, surtout si vous travaillez déjà en cuisine.
Il n’y a pas de seuil unique. Le passage se justifie surtout quand vous refacturez beaucoup de courses, achetez du matériel à amortir ou recrutez, car votre chiffre d’affaires grimpe vite et la société permet de déduire ces achats. En dessous, seul et léger, la micro reste plus simple et moins coûteuse.
Aucun diplôme de cuisine n’est obligatoire. Pour la formation hygiène, cela dépend de votre modèle : un chef qui cuisine uniquement au domicile du client n’est pas dans le même cadre qu’un traiteur qui prépare et livre des plats, pour qui elle devient nécessaire. Dans tous les cas, elle reste vivement recommandée, car elle protège vos clients comme vous.
Cela dépend de votre activité. Un chef qui cuisine uniquement chez le client, pour les convives présents, se rapproche de la consommation privée et n’a pas les mêmes obligations qu’un professionnel qui prépare, stocke ou livre des plats. Dans ce second cas, une déclaration auprès de la DDPP devient nécessaire. En cas de doute, renseignez-vous selon votre façon de travailler.
Oui, s’ils sont des particuliers et que vous êtes déclaré dans le cadre des services à la personne. La préparation de repas à domicile y ouvre droit à un crédit d’impôt de 50 %, dans les limites du dispositif. Les repas d’entreprise et les événements professionnels n’y donnent pas droit.
C’est possible, mais à manier avec prudence : dès que vous achetez les ingrédients et les refacturez, leur prix entre dans votre chiffre d’affaires, quelle que soit la présentation de la facture. Vous payez des cotisations dessus et vous approchez plus vite des plafonds. Le plus simple est souvent de laisser le client acheter lui-même les ingrédients, car ce qu’il règle en direct n’entre pas dans votre CA.
Le chef à domicile cuisine chez le client et facture une prestation de service, en BIC. Le traiteur prépare dans sa propre cuisine et vend des plats, ce qui relève plutôt de la vente et implique d’autres obligations. Les deux peuvent se combiner, mais leur cadre de départ diffère.
Le tarif va couramment de 40 à 60 € par convive selon le menu, courses comprises ou non. Pensez à intégrer le temps de courses, de préparation, de trajet et de rangement dans votre calcul, et rappelez le crédit d’impôt qui peut, pour les particuliers éligibles, réduire de moitié le coût restant à leur charge.
Ce n’est pas obligatoire, mais une responsabilité civile professionnelle est vivement conseillée. Elle couvre notamment le risque d’intoxication alimentaire, qui peut vous être reproché directement. Elle coûte quelques dizaines d’euros par mois et vaut la tranquillité qu’elle apporte.
À propos de l’auteur
Jonathan Bouveret
Fondateur de Novistart • Expert micro-entreprise
Lancer. Développer. Vivre de son activité.
Jonathan Bouveret aide les micro-entrepreneurs à y arriver. Sans jargon, sans complexité, sans se perdre dans l’administratif. Novistart, c’est son terrain de jeu. Un seul objectif : rendre la micro-entreprise aussi simple qu’elle devrait l’être.
Parce que la liberté se construit.