Électricien en micro-entreprise : guide complet 2026

Statut, cotisations, revenus et obligations de l’électricien artisan en micro-entreprise

Le résumé Novistart

  • Le métier d’électricien est réglementé : une qualification artisanale (CAP, BEP ou titre équivalent) est obligatoire pour s’installer ou employer quelqu’un qui la possède.
  • Cotisations sociales : 21.2 % du chiffre d’affaires encaissé, gérées par SSI via l’URSSAF.
  • ACRE disponible si vous êtes éligible : taux réduit à 15.9 % pendant 12 mois. Demande à faire dans les 60 jours suivant l’immatriculation.
  • Plafond de chiffre d’affaires : 83 600 € par an. Au-delà de deux dépassements consécutifs, sortie obligatoire du régime micro.
  • TVA sur les travaux : 10 % pour la rénovation sur logement existant, 5,5 % pour les travaux d’amélioration énergétique. TVA à 20 % sur les constructions neuves et locaux professionnels.
  • Habilitations électriques obligatoires selon les travaux réalisés (B0, BR, BC, B2V). À renouveler régulièrement.
  • Assurance décennale obligatoire pour les installations encastrées. Coût : 600 à 1 500 €/an. RC Pro fortement recommandée : 400 à 1 200 €/an.
  • Certification RGE (Reconnu Garant de l’Environnement) fortement recommandée pour accéder aux chantiers MaPrimeRénov’ et aux travaux subventionnés.
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Sommaire

L’électricité est l’un des métiers du bâtiment les plus demandés en France. La transition énergétique, le déploiement des bornes de recharge pour véhicules électriques, la rénovation des logements anciens et la montée en puissance de la domotique créent une demande structurellement soutenue. Un électricien qualifié, bien positionné localement, dispose d’un carnet de commandes qui se remplit naturellement, y compris en démarrant seul sous le statut de micro-entrepreneur, souvent appelé auto-entrepreneur.

Ce statut présente des atouts réels pour un électricien qui se lance : pas de charges fixes, cotisations proportionnelles au CA réellement encaissé, gestion administrative simplifiée. Mais la profession comporte des spécificités importantes à maîtriser avant de se lancer : la qualification artisanale est obligatoire, les habilitations électriques doivent être à jour, l’assurance décennale est indispensable pour les installations encastrées, et la TVA sur les travaux de rénovation suit des règles précises qui impactent directement votre tarification.

Cette fiche vous donne toutes les informations concrètes pour démarrer votre activité d’électricien en micro-entreprise en 2026 : statut, cotisations, revenus réels selon votre profil, et points de vigilance spécifiques au métier.

Électricien en micro-entreprise : statut et obligations

La profession d’électricien est un métier artisanal réglementé. Pour exercer en tant qu’électricien indépendant, vous devez soit être vous-même titulaire d’une qualification reconnue, soit employer un salarié qualifié. La qualification artisanale exigée est un CAP Électricien, un BEP Électrotechnique, un Bac Pro MELEC (Métiers de l’Électricité et de ses Environnements Connectés), un titre professionnel équivalent de niveau 3 ou 4, ou une expérience professionnelle d’au moins trois ans dans le métier, reconnue par la Chambre de Métiers et de l’Artisanat (CMA).

L’immatriculation se fait auprès de la Chambre de Métiers et de l’Artisanat via le guichet unique formalites.entreprises.gouv.fr. Vous devrez fournir une copie de votre diplôme ou un justificatif de votre expérience. Le non-respect de cette obligation expose à des sanctions et rend impossible la souscription d’une assurance décennale valide.

Les habilitations électriques : une obligation propre au métier

Les habilitations électriques sont spécifiques à la profession d’électricien et s’ajoutent à la qualification artisanale. Elles définissent les opérations que vous êtes autorisé à réaliser sur les installations électriques. En micro-entreprise, vous vous auto-habilitez en tant qu’employeur et travailleur, ce qui implique de suivre les formations adéquates. Les habilitations les plus courantes pour un électricien intervenant chez des particuliers sont le B0 (travaux non électriques en zone à risque), le BR (interventions de maintenance et raccordements), le BC (consignation) et le B2V (travaux sous tension basse). Ces habilitations doivent être renouvelées tous les trois ans. Ne pas les maintenir à jour expose à des risques juridiques importants en cas d’accident.

Les assurances obligatoires et recommandées

L’assurance décennale est obligatoire pour les travaux d’électricité qui relèvent de la garantie décennale : installations électriques encastrées, tableau électrique, câblage de distribution. Elle couvre les dommages pouvant affecter la solidité de l’ouvrage ou le rendre impropre à sa destination pendant dix ans après réception. Son coût varie entre 600 et 1 500 €/an pour un électricien en micro-entreprise, selon le volume d’activité et les spécialités couvertes. La RC Pro (Responsabilité Civile Professionnelle) n’est pas légalement obligatoire, mais elle couvre les dommages causés aux tiers pendant l’exécution des travaux et représente un coût de 400 à 1 200 €/an. Exercer sans RC Pro expose votre patrimoine personnel en cas de sinistre.

Pensez à vérifier que votre assurance décennale couvre bien vos spécialités : une extension IRVE (bornes de recharge) ou photovoltaïque doit figurer explicitement dans le contrat si vous intervenez dans ces domaines.

Cotisations sociales et fiscalité de l’électricien en micro-entreprise

En tant qu’électricien en micro-entreprise, vous relevez de la famille SSI / BIC services. Vos cotisations sociales s’élèvent à 21.2 % de votre chiffre d’affaires encaissé, prélevées par SSI via l’URSSAF. Ces cotisations couvrent votre assurance maladie, votre retraite de base et complémentaire, et vos allocations familiales. Elles n’ont pas de minimum : si vous ne facturez rien, vous ne payez rien. En contrepartie, vous ne cotisez pas au chômage : en cas d’arrêt d’activité, vous n’avez pas droit aux allocations chômage.

Si vous êtes éligible à l’ACRE (Aide à la Création ou Reprise d’Entreprise), votre taux de cotisations est réduit à 15.9 % pendant les 12 premiers mois d’activité. Cette aide est accessible notamment aux demandeurs d’emploi, aux jeunes de moins de 26 ans, aux bénéficiaires du RSA et à plusieurs autres profils. La demande doit impérativement être déposée dans les 45 jours suivant votre immatriculation (60 jours depuis le décret de février 2026) : passé ce délai, l’avantage est perdu définitivement pour la première année.

Le versement libératoire de l’impôt sur le revenu est optionnel. Si votre revenu fiscal de référence de l’année N-2 ne dépasse pas un certain plafond, vous pouvez opter pour un prélèvement de 1.7 % de votre CA en même temps que vos cotisations. Cela simplifie la gestion, mais peut être désavantageux si votre CA est faible ou si vous avez des charges de famille. Calculez avant d’opter.

Revenus d’un électricien en micro-entreprise

Les revenus d’un électricien en micro-entreprise dépendent du taux horaire pratiqué, du volume de chantiers et de la zone géographique. Avec un abattement forfaitaire de 50 % sur le CA (représentatif des charges), votre revenu net est environ la moitié de votre chiffre d’affaires brut.

Profil Situation Taux horaire CA mensuel CA annuel Revenu net estimé
Débutant zone rurale Dépannage et petits travaux, clientèle à construire 35-40 €/h 2 000-2 500 € 24 000-30 000 € 1 300-1 600 €/mois
Expérimenté zone urbaine Rénovations, mises aux normes, clientèle établie 50-65 €/h 3 500-4 500 € 42 000-54 000 € 2 300-2 900 €/mois
Spécialisé domotique/IRVE Bornes de recharge, maison connectée, marchés entreprises 70-90 €/h 5 000-6 500 € 60 000-78 000 € 3 200-4 200 €/mois
Expert RGE rénovation énergétique MaPrimeRénov’, pompes à chaleur, photovoltaïque 80-110 €/h 5 500-7 000 € 66 000-84 000 € 3 500-4 500 €/mois

Ces estimations tiennent compte des périodes sans facturation (déplacements non facturés, prospection, administratif). Un électricien facture en moyenne 120 à 150 heures productives par mois, soit 60 à 70 % du temps de travail réel.

Micro-entreprise ou régime réel pour un électricien ?

Le régime micro-entreprise est avantageux tant que vos charges réelles restent inférieures à l’abattement forfaitaire de 50 %. Pour un électricien, les charges réelles comprennent les assurances (décennale, RC Pro), le matériel et l’outillage, le véhicule professionnel, les formations et habilitations, et éventuellement le loyer d’un atelier ou d’un local. Si ces charges dépassent 50 % de votre CA, le régime réel simplifié ou normal sera plus avantageux fiscalement.

Prenons un exemple concret : avec un CA annuel de 60 000 €, l’abattement micro est de 50 % x 60 000 = 30 000 €, soit un bénéfice imposable de 30 000 €. Si vos charges réelles (assurances, véhicule, outillage, formations) s’élèvent à 35 000 €, le régime réel vous permettrait de déclarer un bénéfice de 25 000 € seulement, soit une économie d’impôt significative. Le seuil de basculement se situe généralement entre 50 000 et 65 000 € de CA annuel pour un électricien actif, selon l’intensité d’équipement de l’activité. Au-delà de 83 600 € de CA sur deux années consécutives, le passage au régime réel devient de toute façon obligatoire.

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Plafond de CA et seuil TVA : ce qui change concrètement

Le plafond de chiffre d’affaires applicable à un électricien en micro-entreprise est de 83 600 € par an. Si vous le dépassez deux années consécutives, vous basculez automatiquement vers le régime de l’entrepreneur individuel au réel à partir du 1er janvier de la troisième année. Un premier dépassement ne provoque pas ce changement : vous restez micro-entrepreneur l’année suivante et gardez une chance de repasser sous le seuil. Pour approfondir les règles de dépassement et leurs conséquences, consultez notre guide sur le plafond de CA en micro-entreprise.

Le seuil de franchise en base de TVA est fixé à 37 500 €. En dessous de ce seuil, vous facturez sans TVA et ajoutez la mention « TVA non applicable, art. 293 B du CGI » sur vos factures. Cette situation peut représenter un avantage compétitif face aux entreprises assujetties à la TVA lorsque vos clients sont des particuliers (qui ne récupèrent pas la TVA). En revanche, pour les chantiers de logements anciens soumis à TVA à taux réduit (10 % ou 5,5 %), vous ne pouvez pas appliquer ces taux réduits si vous n’êtes pas assujetti à la TVA : vous facturez simplement sans TVA. Si vous êtes assujetti, appliquez les taux réduits correspondant à la nature des travaux.

Sur les travaux d’électricité, la TVA suit des règles précises : 10 % pour les travaux de rénovation d’un logement achevé depuis plus de deux ans, 5,5 % pour les travaux d’amélioration de la performance énergétique (pose de pompes à chaleur avec raccordement électrique, isolation avec systèmes de chauffage), et 20 % pour les constructions neuves et les locaux professionnels.

Trouver ses premiers clients en tant qu’électricien

Le bouche-à-oreille est le canal d’acquisition numéro un pour un électricien qui démarre. Dès vos premiers chantiers, demandez systématiquement un avis Google à vos clients satisfaits. Un profil Google Business bien renseigné avec des avis réguliers génère des appels entrants sans effort publicitaire. Commencez par renseigner votre profil complètement : horaires, zone d’intervention, spécialités, photos de réalisations.

Les plateformes de mise en relation comme Houzz, Habitissimo ou Bark.com permettent de décrocher les premiers chantiers en échange d’une commission ou d’un abonnement. Ces plateformes sont particulièrement efficaces en phase de lancement pour constituer un portefeuille de références. À mesure que votre réputation locale s’installe, la dépendance à ces plateformes diminue naturellement.

Le partenariat avec d’autres artisans du bâtiment est une source d’apport d’affaires souvent sous-estimée. Un plombier, un maçon ou un menuisier croise régulièrement des clients qui ont besoin d’un électricien, et vice-versa. Ces relations de confiance croisées se construisent en participant aux réseaux locaux d’artisans, aux formations professionnelles ou simplement en travaillant sur des chantiers communs.

Enfin, si vous obtenez la certification RGE, les organismes prescripteurs (agences de rénovation énergétique, syndics de copropriété, bailleurs sociaux) peuvent devenir des donneurs d’ordre réguliers. L’obtention de la RGE donne accès à un vivier de chantiers subventionnés (MaPrimeRénov’, éco-PTZ) que la concurrence non certifiée ne peut pas toucher.

Votre première année, investissez davantage dans votre réputation locale que dans la publicité payante. Un seul client satisfait qui parle de vous autour de lui vaut plus qu’une dizaine de clics sur une annonce.

Développer son activité d’électricien en micro-entreprise

Les spécialisations les plus porteuses en 2026 pour un électricien en micro-entreprise sont celles liées à la transition énergétique. La certification IRVE (Infrastructure de Recharge pour Véhicules Électriques) est devenue incontournable : la demande de bornes de recharge domestiques explose et la concurrence qualifiée reste limitée. La formation IRVE dure deux jours et coûte entre 300 et 500 € selon les organismes. Elle se rembourse rapidement.

La domotique et la maison connectée représentent un autre axe de développement rentable. La programmation de systèmes d’alarme, la pose de volets roulants connectés, l’installation de thermostats intelligents ou la gestion d’éclairage automatisé permettent de facturer à des tarifs plus élevés qu’une intervention standard et de fidéliser une clientèle aisée sensible au confort et à la sécurité.

La certification QUALIFELEC ou RGE QualiPV pour le photovoltaïque élargit encore le spectre des marchés accessibles. Ces qualifications permettent d’intervenir sur des installations de production d’énergie solaire, un marché en forte croissance soutenu par des aides publiques substantielles. Pour les électriciens souhaitant évoluer vers la gestion d’équipe, le passage en EURL ou SASU s’envisage généralement autour de 83 600 € de CA annuel ou lorsque l’embauche d’un premier salarié devient nécessaire. Consultez notre simulateur Novistart pour projeter précisément ce seuil selon votre situation.

Points de vigilance spécifiques au métier

La protection sociale du micro-entrepreneur présente des lacunes que tout électricien doit anticiper. En tant qu’indépendant affilié à SSI, vous cotisez pour votre retraite de base et complémentaire, mais votre niveau de retraite sera proportionnel à votre CA déclaré. Si votre chiffre d’affaires est faible les premières années, les trimestres validés seront peu nombreux. Il n’existe aucune protection chômage : constituez une épargne de précaution représentant au minimum trois à six mois de charges courantes avant de vous lancer. Une mutuelle santé et une prévoyance (arrêt de travail, invalidité) sont indispensables pour couvrir les aléas liés à un métier physiquement exigeant.

Les risques propres au métier électrique ne doivent pas être sous-estimés. Un accident électrique engage votre responsabilité civile professionnelle et peut avoir des conséquences pénales si les règles de l’art n’ont pas été respectées. La norme NF C 15-100 régit les installations électriques dans les logements : la respecter n’est pas optionnel, même en micro-entreprise. Pour les installations dans des locaux recevant du public, la norme NF C 14-100 s’applique. En cas de sinistre provoqué par une installation non conforme, votre assurance peut refuser de couvrir les dommages.

La saisonnalité de l’activité est moins marquée pour un électricien que pour d’autres artisans du bâtiment, mais elle existe. Les mois de janvier et février sont généralement plus creux, notamment sur les chantiers neufs. Le dépannage d’urgence, en revanche, se répartit mieux sur l’année. Anticiper ces variations en lissant votre épargne sur les mois forts permet d’aborder les périodes creuses sans stress financier. Consultez notre guide sur les cotisations sociales pour optimiser vos déclarations selon votre activité réelle.

Ce métier n’est qu’un exemple parmi d’autres. Pour comparer les taux, les plafonds et les obligations selon votre activité, explorez notre panorama complet des activités compatibles avec la micro-entreprise.

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Questions fréquentes sur le métier d'électricien en micro-entreprise

Quelles habilitations électriques sont obligatoires pour un électricien en micro-entreprise ?

En micro-entreprise, vous vous auto-habilitez en tant qu’employeur et travailleur, ce qui implique de formaliser vos habilitations électriques par écrit. Les habilitations les plus courantes pour un électricien intervenant chez des particuliers sont le BR (interventions de maintenance et raccordements sur des ouvrages existants), le BC (opérations de consignation) et le B2V (travaux sous tension en basse tension). Pour des interventions en présence d’installations haute tension ou dans des environnements industriels, des habilitations de niveau H sont requises. Ces habilitations doivent être renouvelées tous les trois ans via une formation certifiée. Ne pas les maintenir à jour engage votre responsabilité civile et pénale en cas d’accident.

L'assurance décennale est-elle obligatoire pour un électricien en micro-entreprise ?

Oui, l’assurance décennale est obligatoire pour les travaux d’électricité qui relèvent de la garantie décennale : installations électriques encastrées, pose de tableau électrique, câblage de distribution. Elle couvre les dommages survenant dans les dix ans suivant la réception des travaux. Pour un électricien en micro-entreprise, son coût se situe entre 600 et 1 500 €/an selon les spécialités couvertes. La RC Pro est fortement recommandée en complément pour couvrir les dommages causés aux tiers pendant l’exécution des travaux (entre 400 et 1 200 €/an). Exercer sans ces assurances expose votre patrimoine personnel en cas de sinistre.

Quelle TVA appliquer pour des travaux d'électricité ?

La TVA sur les travaux d’électricité dépend de la nature du logement et des travaux réalisés. Pour un logement achevé depuis plus de deux ans, le taux est de 10 % pour les travaux de rénovation standard (remplacement de prises, mise aux normes, installation de tableau). Pour les travaux d’amélioration de la performance énergétique (pompe à chaleur avec raccordement électrique, systèmes de régulation thermique), le taux est de 5,5 %. Pour les constructions neuves ou les locaux professionnels, la TVA est à 20 %. Si vous êtes en franchise en base de TVA (sous le seuil de 37 500 €), vous ne facturez pas de TVA et mentionnez « TVA non applicable, art. 293 B du CGI » sur vos devis et factures.

La certification RGE est-elle obligatoire pour un électricien auto-entrepreneur ?

La certification RGE (Reconnu Garant de l’Environnement) n’est pas obligatoire pour exercer en tant qu’électricien. Elle devient indispensable si vous souhaitez réaliser des travaux éligibles aux aides d’État comme MaPrimeRénov’, l’éco-PTZ ou les Certificats d’Économies d’Énergie (CEE) : dans ce cas, vos clients ne peuvent bénéficier des aides que si leur artisan est certifié RGE. Les qualifications concernées pour un électricien sont notamment QualiPV (photovoltaïque), RGE Qualifelec et Qualibat pour certains travaux de performance énergétique. L’obtention prend quelques mois et implique une audit, mais donne accès à un marché en forte croissance.

Peut-on installer des bornes de recharge IRVE en micro-entreprise ?

Oui, à condition d’être certifié IRVE (Infrastructures de Recharge pour Véhicules Électriques). Cette certification est obligatoire depuis le décret du 12 janvier 2017 pour toute installation de borne de recharge de puissance supérieure à 3,7 kW. La formation dure deux jours et coûte entre 300 et 500 € selon les organismes. Elle peut se rembourser en quelques interventions. En micro-entreprise, vous pouvez parfaitement exercer cette activité et facturer des prix plus élevés (la demande dépasse l’offre de professionnels certifiés dans beaucoup de zones). Pensez à vérifier que votre assurance couvre bien les installations IRVE.

Peut-on être électricien auto-entrepreneur et rester salarié en même temps ?

Oui, le cumul d’un emploi salarié et d’une micro-entreprise d’électricien est possible, sous réserve de vérifier votre contrat de travail (clause d’exclusivité). Si vous êtes salarié dans une entreprise d’électricité, certains contrats interdisent l’exercice d’une activité concurrente. Hors clause d’exclusivité, vous pouvez créer votre micro-entreprise et exercer en parallèle, notamment le soir et le week-end. Vos revenus de salarié et de micro-entrepreneur sont imposés séparément. Votre protection sociale (assurance maladie, retraite) est assurée principalement par votre statut salarié tant que votre micro-entreprise reste secondaire.

Comment fixer ses tarifs en tant qu'électricien micro-entrepreneur ?

Les tarifs d’un électricien en micro-entreprise varient de 35 à 110 €/h selon la région, l’expérience et la spécialité. Pour fixer votre tarif horaire, partez de votre objectif de revenu net mensuel, divisez-le par 0,5 (pour tenir compte de l’abattement de 50 %) pour obtenir le CA mensuel nécessaire, puis divisez par le nombre d’heures facturables (environ 120 à 150 heures/mois). Pour du dépannage, pratiquez un forfait de déplacement (20 à 50 €) plus un taux horaire. Pour les grands chantiers, un devis au forfait est plus adapté et permet une meilleure visibilité pour le client. Comparez les tarifs locaux en demandant des devis à des confrères ou en consultant les annuaires professionnels.

Peut-on acheter et revendre du matériel électrique en micro-entreprise ?

Oui, un électricien en micro-entreprise peut acheter du matériel et le refacturer à ses clients. Cette pratique est courante et fait partie du chiffre d’affaires déclaré. Attention cependant : si la part de vente de matériel devient significative (plus de 30 à 40 % du CA), vous pourriez être considéré comme exerçant une activité de vente, potentiellement soumise à un taux de cotisations différent (21.2 % pour les services contre 12,3 % pour la vente). Dans la pratique, tant que le matériel est accessoire à la prestation de service, vous restez dans la catégorie BIC services. En cas de doute, consultez votre CFE ou un expert-comptable.

À partir de quel CA faut-il passer de la micro-entreprise à une société pour un électricien ?

Le plafond légal de la micro-entreprise est de 83 600 € de CA annuel. Au-delà sur deux années consécutives, le passage au régime réel est obligatoire. Mais au-delà de la contrainte légale, le passage en société (EURL ou SASU) peut devenir intéressant à partir de 50 000 à 65 000 € de CA annuel pour un électricien, selon le niveau de ses charges réelles. Une société permet de déduire les charges réelles (véhicule, outillage, assurances, local), d’optimiser la rémunération entre salaire et dividendes, et de se séparer du passif professionnel du patrimoine personnel. Utilisez notre simulateur Novistart pour calculer précisément ce seuil selon votre situation.

Quelle protection sociale pour un électricien en micro-entreprise ?

En micro-entreprise, l’électricien relève du régime SSI pour sa protection sociale. La couverture maladie est assurée dès lors que vous déclarez un minimum de CA. Cependant, les indemnités journalières en cas d’arrêt maladie sont calculées sur la base de vos revenus déclarés et peuvent être très faibles les premières années. Il n’y a aucune protection chômage. Pour la retraite, les trimestres validés sont proportionnels à votre CA : renseignez-vous sur les seuils de validation auprès de votre caisse de retraite. Il est vivement recommandé de souscrire une mutuelle santé, une prévoyance (arrêt de travail, invalidité) et de constituer une épargne de précaution représentant au minimum trois à six mois de charges.

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À propos de l’auteur

Jonathan Bouveret

Fondateur de Novistart • Expert micro-entreprise

Lancer. Développer. Vivre de son activité.

Jonathan Bouveret aide les micro-entrepreneurs à y arriver. Sans jargon, sans complexité, sans se perdre dans l’administratif. Novistrat, c’est son terrain de jeu. Un seul objectif : rendre la micro-entreprise aussi simple qu’elle devrait l’être.

Parce que la liberté se construit.