Le résumé Novistart
Trouver des clients est rarement le problème d’un bon électricien. Le vrai défi, c’est de rester rentable tout en fidélisant. Car l’électricité est l’un des métiers du bâtiment les plus demandés en France. La transition énergétique, le déploiement des bornes de recharge pour véhicules électriques, la rénovation des logements anciens et la montée en puissance de la domotique créent une demande structurellement soutenue. Un électricien qualifié, bien positionné localement, dispose d’un carnet de commandes qui se remplit naturellement, y compris en démarrant seul sous le statut de micro-entrepreneur, souvent appelé auto-entrepreneur.
Ce statut a plusieurs avantages pour un électricien qui se lance : pas de charges fixes, cotisations proportionnelles au chiffre d’affaires réellement encaissé, gestion administrative simplifiée. Mais le métier a ses contraintes, à connaître avant de se lancer : la qualification artisanale est obligatoire, les habilitations électriques doivent être à jour, l’assurance décennale est indispensable pour les installations encastrées, et la TVA sur les travaux de rénovation suit des règles précises qui impactent directement votre tarification.
Ce guide vous donne toutes les informations pour démarrer votre activité d’électricien en micro-entreprise en 2026 : statut, cotisations, revenus réels selon votre profil, et points de vigilance spécifiques au métier.
| Les chiffres clés de l’électricien | |
|---|---|
| Qualification | CAP ou BEP électrotechnique, Bac Pro MELEC, ou 3 ans d’expérience reconnue (activité artisanale réglementée) |
| Cotisations sociales | 21.2 % du chiffre d’affaires encaissé (SSI via l’URSSAF) |
| Plafond de chiffre d’affaires | 83 600 € par an |
| Assurances clés | Décennale obligatoire (600 à 1 500 €/an) et habilitations électriques à jour |
| Obligation propre au métier | Attestation de conformité Consuel avant mise sous tension |
| Revenu net observé | 22 000 à 60 000 € par an selon l’expérience et la zone |
| Difficulté d’accès au métier | ★★★★☆ |
La profession d’électricien est un métier artisanal réglementé. Pour exercer en tant qu’électricien indépendant, vous devez être titulaire de la qualification requise, ou en confier le contrôle effectif et permanent à une personne qualifiée. La qualification artisanale exigée est un CAP Électricien, un BEP Électrotechnique, un Bac Pro MELEC (Métiers de l’Électricité et de ses Environnements Connectés), un titre professionnel équivalent de niveau 3 ou 4, ou une expérience professionnelle d’au moins trois ans dans le métier, reconnue par la Chambre de Métiers et de l’Artisanat (CMA).
L’immatriculation, une des démarches pour créer votre micro-entreprise, se fait auprès de la Chambre de Métiers et de l’Artisanat via le guichet unique formalites.entreprises.gouv.fr. Vous devrez fournir une copie de votre diplôme ou un justificatif de votre expérience. Le non-respect de cette obligation expose à des sanctions et rend impossible la souscription d’une assurance décennale valide.
Les habilitations électriques sont spécifiques à la profession d’électricien et s’ajoutent à la qualification artisanale. Elles définissent les opérations que vous êtes autorisé à réaliser sur les installations électriques. En micro-entreprise, vous vous auto-habilitez en tant qu’employeur et travailleur, ce qui implique de suivre les formations adéquates. Les habilitations les plus courantes pour un électricien intervenant chez des particuliers sont le B0 (travaux non électriques en zone à risque), le BR (interventions de maintenance et raccordements), le BC (consignation) et le B2V (travaux sous tension basse). Ces habilitations doivent être renouvelées tous les trois ans. Ne pas les maintenir à jour expose à des risques juridiques importants en cas d’accident.
Attention. Toute installation électrique neuve ou entièrement rénovée doit faire l’objet d’une attestation de conformité visée par le Consuel avant sa mise sous tension par le gestionnaire de réseau. Sans ce document, le raccordement est tout simplement refusé. Vos installations doivent aussi respecter la norme NF C 15-100, régulièrement actualisée. C’est à la fois votre signature technique et votre protection juridique.
L’assurance décennale est obligatoire pour les travaux d’électricité qui relèvent de la garantie décennale : installations électriques encastrées, tableau électrique, câblage de distribution. Elle couvre les dommages pouvant affecter la solidité de l’ouvrage ou le rendre impropre à sa destination pendant dix ans après réception. Son coût varie entre 600 et 1 500 €/an pour un électricien en micro-entreprise, selon le volume d’activité et les spécialités couvertes. La RC Pro (Responsabilité Civile Professionnelle) n’est pas légalement obligatoire, mais elle couvre les dommages causés aux tiers pendant l’exécution des travaux et représente un coût de 400 à 1 200 €/an. Exercer sans RC Pro expose votre patrimoine personnel en cas de sinistre.
L’erreur qui coûte le plus cher. Réaliser un chantier dont votre assurance décennale ne couvre pas la spécialité. Une extension IRVE (bornes de recharge) ou photovoltaïque doit figurer explicitement dans votre contrat, sinon la garantie est refusée en cas de sinistre et c’est votre patrimoine personnel qui est engagé. Vérifiez toujours l’étendue de vos garanties avant de signer.
Le budget de départ d’un électricien reste raisonnable et largement étalable (crédit, leasing, achat progressif). Voici un ordre de grandeur pour se lancer sereinement.
| Poste | Budget indicatif |
|---|---|
| Assurance décennale et RC Pro (année 1) | 1 000 à 2 700 € |
| Outillage et appareils de mesure | 1 500 à 4 000 € |
| Véhicule utilitaire (occasion) | 5 000 à 15 000 € |
| Stock de départ (câbles, tableaux, appareillage) | 800 à 3 000 € |
| Formations et habilitations (IRVE, habilitations électriques) | 300 à 1 000 € |
Comptez un budget global de l’ordre de 9 000 à 25 000 €, largement étalable, le véhicule restant le poste le plus lourd.
En tant qu’électricien en micro-entreprise, vous relevez de la famille SSI / BIC services. Vos cotisations sociales s’élèvent à 21.2 % de votre chiffre d’affaires encaissé, prélevées par SSI via l’URSSAF. Ces cotisations couvrent votre assurance maladie, votre retraite de base et complémentaire, et vos allocations familiales. Elles n’ont pas de minimum : si vous ne facturez rien, vous ne payez rien. En contrepartie, vous ne cotisez pas au chômage : en cas d’arrêt d’activité, vous n’avez pas droit aux allocations chômage.
Si vous êtes éligible à l’ACRE (Aide à la Création ou Reprise d’Entreprise), votre taux de cotisations est réduit à 15.9 % jusqu’à la fin du 3e trimestre civil qui suit votre immatriculation. Cette aide est accessible notamment aux demandeurs d’emploi, aux jeunes de moins de 26 ans, aux bénéficiaires du RSA et à plusieurs autres profils. La demande doit impérativement être déposée dans les 60 jours suivant votre immatriculation : passé ce délai, l’avantage est perdu définitivement.
Le versement libératoire de l’impôt sur le revenu est optionnel et souvent séduisant, car il simplifie l’impôt. Mais il n’est pas toujours le plus rentable. Si votre revenu fiscal de référence de l’année N-2 ne dépasse pas un certain plafond, vous pouvez opter pour un prélèvement de 1.7 % de votre chiffre d’affaires en même temps que vos cotisations. Cela simplifie la gestion, mais peut être désavantageux si votre chiffre d’affaires est faible ou si vous avez des charges de famille. Calculez avant d’opter.
À retenir sur la TVA. Sur les travaux en logement ancien, vous facturez à taux réduit : 10 % en rénovation, 5,5 % pour l’amélioration énergétique, contre 20 % dans le neuf et les locaux professionnels. Sous le seuil de franchise, vous ne facturez pas de TVA mais ne la récupérez pas sur vos achats. Au-delà, vous la récupérez sur votre matériel et vos fournitures.
Le cadre fiscal une fois posé, vient la question qui décide de tout : combien reste-t-il vraiment à la fin du mois ? Beaucoup de futurs électriciens pensent qu’un chiffre d’affaires de 4 000 € par mois suffit à bien vivre. En réalité, une fois la décennale, le véhicule, l’outillage et les consommables déduits, l’écart avec le revenu réellement disponible surprend souvent.
Les revenus d’un électricien en micro-entreprise dépendent du taux horaire pratiqué, du volume de chantiers et de la zone géographique. Avec un abattement forfaitaire de 50 % sur le chiffre d’affaires (représentatif des charges), votre revenu net est environ la moitié de votre chiffre d’affaires brut.
| Profil | Situation | Taux horaire | chiffre d’affaires mensuel | chiffre d’affaires annuel | Revenu net estimé |
|---|---|---|---|---|---|
| Débutant zone rurale | Dépannage et petits travaux, clientèle à construire | 35-40 €/h | 2 000-2 500 € | 24 000-30 000 € | 1 300-1 600 €/mois |
| Expérimenté zone urbaine | Rénovations, mises aux normes, clientèle établie | 50-65 €/h | 3 500-4 500 € | 42 000-54 000 € | 2 300-2 900 €/mois |
| Spécialisé domotique/IRVE | Bornes de recharge, maison connectée, marchés entreprises | 70-90 €/h | 5 000-6 500 € | 60 000-78 000 € | 3 200-4 200 €/mois |
| Expert RGE rénovation énergétique | MaPrimeRénov’, pompes à chaleur, photovoltaïque | 80-110 €/h | 5 500-7 000 € | 66 000-84 000 € | 3 500-4 500 €/mois |
Ces estimations tiennent compte des périodes sans facturation (déplacements non facturés, prospection, administratif). Un électricien facture en moyenne 120 à 150 heures productives par mois, soit 60 à 70 % du temps de travail réel.
Exemple concret. Damien est électricien depuis trois ans en périphérie d’une grande ville. Sur un bon mois, il facture 4 200 € de main-d’œuvre. Après ses cotisations sociales (21.2 % du chiffre d’affaires), il lui reste environ 3 310 €. Une fois payés son véhicule, son outillage, le renouvellement de ses habilitations et sa décennale, son revenu réellement disponible tourne plutôt autour de 2 700 €. Comprendre cet écart entre le chiffre d’affaires affiché et le revenu réel dès le départ change tout. Ces chiffres sont donnés à titre d’exemple.
Bien gagner sa vie, c’est aussi choisir le bon régime fiscal. Reste donc une décision structurante : faut-il rester en micro-entreprise ou passer au régime réel ?
Le régime micro-entreprise est avantageux tant que vos charges réelles restent inférieures à l’abattement forfaitaire de 50 %. Pour un électricien, les charges réelles comprennent les assurances (décennale, RC Pro), le matériel et l’outillage, le véhicule professionnel, les formations et habilitations, et éventuellement le loyer d’un atelier ou d’un local. Si ces charges dépassent 50 % de votre chiffre d’affaires, le régime réel simplifié ou normal sera plus avantageux fiscalement.
Prenons un exemple concret : avec un chiffre d’affaires annuel de 60 000 €, l’abattement micro est de 50 % x 60 000 = 30 000 €, soit un bénéfice imposable de 30 000 €. Si vos charges réelles (assurances, véhicule, outillage, formations) s’élèvent à 35 000 €, le régime réel vous permettrait de déclarer un bénéfice de 25 000 € seulement, soit une économie d’impôt significative. Le seuil de basculement se situe généralement entre 50 000 et 65 000 € de chiffre d’affaires annuel pour un électricien actif, selon l’intensité d’équipement de l’activité. Ce n’est pas un seuil officiel, mais un simple ordre de grandeur qui dépend entièrement de vos charges réelles. Au-delà de 83 600 € de chiffre d’affaires sur deux années consécutives, le passage au régime réel devient de toute façon obligatoire.
Le plafond de chiffre d’affaires applicable à un électricien en micro-entreprise est de 83 600 € par an. Si vous le dépassez deux années consécutives, vous basculez automatiquement vers le régime de l’entrepreneur individuel au réel à partir du 1er janvier de la troisième année. Un premier dépassement ne provoque pas ce changement : vous restez micro-entrepreneur l’année suivante et gardez une chance de repasser sous le seuil. Pour approfondir les règles de dépassement et leurs conséquences, consultez notre guide sur le plafond de chiffre d’affaires en micro-entreprise.
Le seuil de franchise en base de TVA est fixé à 37 500 €. En dessous de ce seuil, vous facturez sans TVA et ajoutez la mention « TVA non applicable, art. 293 B du CGI » sur vos factures. Cette situation peut représenter un avantage compétitif face aux entreprises assujetties à la TVA lorsque vos clients sont des particuliers (qui ne récupèrent pas la TVA). En revanche, pour les chantiers de logements anciens soumis à TVA à taux réduit (10 % ou 5,5 %), vous ne pouvez pas appliquer ces taux réduits si vous n’êtes pas assujetti à la TVA : vous facturez simplement sans TVA. Si vous êtes assujetti, appliquez les taux réduits correspondant à la nature des travaux.
Sur les travaux d’électricité, la TVA suit des règles précises : 10 % pour les travaux de rénovation d’un logement achevé depuis plus de deux ans, 5,5 % pour les travaux d’amélioration de la performance énergétique (pose de pompes à chaleur avec raccordement électrique, isolation avec systèmes de chauffage), et 20 % pour les constructions neuves et les locaux professionnels.
Pour vous projeter concrètement, voici à quoi ressemble une journée courante.
| Horaire | Activité |
|---|---|
| 7 h 30 | Préparation du matériel et chargement du véhicule |
| 8 h 30 | Intervention : mise aux normes d’un tableau électrique |
| 11 h | Visite technique et devis chez un particulier |
| 12 h 30 | Pause déjeuner |
| 13 h 30 | Chantier : pose d’une borne de recharge |
| 17 h | Commande de fournitures et suivi du Consuel |
| 18 h | Facturation, devis et relances |
La partie administrative, souvent sous-estimée, occupe facilement une heure par jour.
Le carnet d’un bon électricien se remplit rarement par la publicité : un tableau propre et une intervention soignée se racontent de voisin en voisin. Le bouche-à-oreille reste le canal d’acquisition numéro un pour un électricien qui démarre. Dès vos premiers chantiers, demandez systématiquement un avis Google à vos clients satisfaits, car un particulier compare souvent plusieurs électriciens avant de décrocher son téléphone et les avis pèsent lourd dans son choix. Un profil Google Business bien renseigné avec des avis réguliers génère des appels entrants sans effort publicitaire. Commencez par renseigner votre profil complètement : horaires, zone d’intervention, spécialités, photos de réalisations.
Les plateformes de mise en relation comme Houzz, Habitissimo ou Bark.com permettent de décrocher les premiers chantiers en échange d’une commission ou d’un abonnement. Ces plateformes sont particulièrement efficaces en phase de lancement pour constituer un portefeuille de références. À mesure que votre réputation locale s’installe, la dépendance à ces plateformes diminue naturellement.
Le partenariat avec d’autres artisans du bâtiment est une source d’apport d’affaires souvent sous-estimée. Un plombier, un maçon ou un menuisier croise régulièrement des clients qui ont besoin d’un électricien, et vice-versa. Ces relations de confiance croisées se construisent en participant aux réseaux locaux d’artisans, aux formations professionnelles ou simplement en travaillant sur des chantiers communs.
Votre première année, investissez davantage dans votre réputation locale que dans la publicité payante. Un seul client satisfait qui parle de vous autour de lui vaut plus qu’une dizaine de clics sur une annonce.
Enfin, si vous obtenez la certification RGE, les organismes prescripteurs (agences de rénovation énergétique, syndics de copropriété, bailleurs sociaux) peuvent devenir des donneurs d’ordre réguliers. L’obtention de la RGE donne accès à un vivier de chantiers subventionnés (MaPrimeRénov’, éco-PTZ) que la concurrence non certifiée ne peut pas toucher.
Conseil Novistart. Formalisez chaque chantier par un devis clair et signé avant d’intervenir, même pour un simple dépannage : c’est votre meilleure protection en cas de litige. Et tenez votre livre de recettes à jour dès le premier euro encaissé, l’administration peut le demander à tout moment.
Une fois les premiers clients trouvés, une autre question se pose vite : comment augmenter son chiffre d’affaires sans simplement travailler plus d’heures ?
Les spécialisations les plus porteuses en 2026 pour un électricien en micro-entreprise sont celles liées à la transition énergétique. La certification IRVE (Infrastructure de Recharge pour Véhicules Électriques) est devenue incontournable : la demande de bornes de recharge domestiques explose et la concurrence qualifiée reste limitée. Si vous ne deviez retenir qu’une seule spécialisation rentable aujourd’hui, ce serait sans doute celle-là. La formation IRVE dure deux jours et coûte entre 300 et 500 € selon les organismes. Elle se rembourse rapidement.
La domotique et la maison connectée représentent un autre axe de développement rentable. La programmation de systèmes d’alarme, la pose de volets roulants connectés, l’installation de thermostats intelligents ou la gestion d’éclairage automatisé permettent de facturer à des tarifs plus élevés qu’une intervention standard et de fidéliser une clientèle aisée sensible au confort et à la sécurité.
Le levier de rentabilité. Monter en compétence sur une spécialité recherchée, IRVE, photovoltaïque ou domotique, permet de facturer nettement plus cher sans travailler plus d’heures. C’est le moyen le plus sûr d’augmenter votre revenu net une fois votre clientèle installée.
La certification QUALIFELEC ou RGE QualiPV pour le photovoltaïque élargit encore le spectre des marchés accessibles. Ces qualifications permettent d’intervenir sur des installations de production d’énergie solaire, un marché en forte croissance soutenu par des aides publiques substantielles. Pour les électriciens souhaitant évoluer vers la gestion d’équipe, le passage en EURL ou SASU s’envisage généralement autour de 83 600 € de chiffre d’affaires annuel ou lorsque l’embauche d’un premier salarié devient nécessaire. Consultez notre simulateur Novistart pour projeter précisément ce seuil selon votre situation.
Certaines erreurs de débutant coûtent cher, en argent comme en réputation. Les connaître à l’avance, c’est déjà les éviter.
| Erreur fréquente | Conséquence |
|---|---|
| Négliger l’attestation Consuel et la norme NF C 15-100 | Raccordement refusé, chantier bloqué, responsabilité engagée |
| Sous-estimer le coût des assurances et des habilitations | Marge rognée et trésorerie tendue dès la première année |
| Accepter tous les chantiers, même hors de sa spécialité | Temps perdu, stress et rentabilité en baisse |
| Oublier le temps administratif (devis, factures, déclarations) | Journées à rallonge et temps réel sous-facturé |
| Fixer des tarifs trop bas pour « démarrer » | Difficile à corriger ensuite et clientèle peu fidèle |
La protection sociale du micro-entrepreneur présente des lacunes que tout électricien doit anticiper. En tant qu’indépendant affilié à SSI, vous cotisez pour votre retraite de base et complémentaire, mais votre niveau de retraite sera proportionnel à votre chiffre d’affaires déclaré. Si votre chiffre d’affaires est faible les premières années, les trimestres validés seront peu nombreux. Il n’existe aucune protection chômage : constituez une épargne de précaution représentant au minimum trois à six mois de charges courantes avant de vous lancer. Une mutuelle santé et une prévoyance (arrêt de travail, invalidité) sont indispensables pour couvrir les aléas liés à un métier physiquement exigeant.
Les risques propres au métier électrique ne doivent pas être sous-estimés. Un accident électrique engage votre responsabilité civile professionnelle et peut avoir des conséquences pénales si les règles de l’art n’ont pas été respectées. La norme NF C 15-100 régit les installations électriques dans les logements : la respecter n’est pas optionnel, même en micro-entreprise. Pour les installations dans des locaux recevant du public, la norme NF C 14-100 s’applique. En cas de sinistre provoqué par une installation non conforme, votre assurance peut refuser de couvrir les dommages.
La saisonnalité de l’activité est moins marquée pour un électricien que pour d’autres artisans du bâtiment, mais elle existe. Les mois de janvier et février sont généralement plus creux, notamment sur les chantiers neufs. Le dépannage d’urgence, en revanche, se répartit mieux sur l’année. Anticiper ces variations en lissant votre épargne sur les mois forts permet d’aborder les périodes creuses sans stress financier. Consultez notre guide sur les cotisations sociales pour optimiser vos déclarations selon votre activité réelle.
Ce métier n’est qu’un exemple parmi d’autres. Pour comparer les taux, les plafonds et les obligations selon votre activité, explorez notre panorama complet des activités compatibles avec la micro-entreprise.
L’électricien intervient souvent en parallèle du plombier et du maçon, autres métiers du bâtiment aux obligations comparables en micro-entreprise.
Au-delà des chiffres, voici notre évaluation du métier d’électricien en micro-entreprise, critère par critère, pour décider en connaissance de cause.
| Critère | Note /100 | Pourquoi ? |
|---|---|---|
| Rentabilité potentielle | 70 | De bons tarifs, mais outillage, véhicule, habilitations et décennale pèsent sur la marge. |
| Facilité à trouver des clients | 88 | Demande très forte, tirée par la rénovation énergétique et les bornes de recharge. |
| Potentiel de croissance | 85 | IRVE, photovoltaïque et domotique ouvrent des marchés en pleine expansion. |
| Légèreté des charges | 55 | Outillage, appareils de mesure et véhicule coûtent cher au démarrage. |
| Compatibilité avec la micro-entreprise | 66 | Adaptée jusqu’au plafond, mais la part matériaux peut vite peser. |
Score Novistart : 73/100. Un métier porté par la transition énergétique, où la demande ne faiblit pas. La difficulté n’est pas de trouver des clients, mais de rester rigoureux sur la conformité, de préserver sa marge et de facturer le temps réellement passé, administratif compris.
Ce Score Novistart s’appuie sur cinq critères : la rentabilité potentielle, la facilité à trouver des clients, le potentiel de croissance, la légèreté des charges et la compatibilité avec la micro-entreprise.
Pour savoir si ce métier vous correspond, posez-vous quatre questions. Aimez-vous le travail précis et méthodique, où l’erreur ne pardonne pas ? Êtes-vous à l’aise avec des normes qui évoluent sans cesse ? Savez-vous chiffrer un devis et défendre vos tarifs ? Et vous voyez-vous gérer autant l’atelier que le bureau ?
Un chiffre invite à la lucidité. Selon l’INSEE, seuls 28 % des micro-entrepreneurs immatriculés en 2018 étaient encore actifs cinq ans plus tard, contre 63 % des entreprises individuelles classiques et 71 % des sociétés. Un métier demandé ne suffit pas, c’est la façon de gérer l’entreprise qui fait durer.
L’électricité est l’un des métiers les plus porteurs pour se lancer en micro-entreprise : la demande est forte, tirée par la rénovation énergétique et la maison connectée, et un bon artisan ne reste jamais longtemps sans chantier. Mais le vrai défi n’est pas de câbler un tableau dans les règles. Il est de facturer juste, de suivre des normes qui changent, de bien s’assurer et de ne pas se laisser déborder par l’administratif. Autrement dit, maîtriser le courant est un métier, faire tourner une entreprise en est un autre, et les deux se pilotent.
Si vous touchez aussi aux installations de chauffage, la fiche du chauffagiste en micro-entreprise détaille les certifications qui ouvrent le marché de la rénovation énergétique.
En micro-entreprise, vous vous auto-habilitez en tant qu’employeur et travailleur, ce qui implique de formaliser vos habilitations électriques par écrit. Les habilitations les plus courantes pour un électricien intervenant chez des particuliers sont le BR (interventions de maintenance et raccordements sur des ouvrages existants), le BC (opérations de consignation) et le B2V (travaux sous tension en basse tension). Pour des interventions en présence d’installations haute tension ou dans des environnements industriels, des habilitations de niveau H sont requises. Ces habilitations doivent être renouvelées tous les trois ans via une formation certifiée. Ne pas les maintenir à jour engage votre responsabilité civile et pénale en cas d’accident.
Oui, l’assurance décennale est obligatoire pour les travaux d’électricité qui relèvent de la garantie décennale : installations électriques encastrées, pose de tableau électrique, câblage de distribution. Elle couvre les dommages survenant dans les dix ans suivant la réception des travaux. Pour un électricien en micro-entreprise, son coût se situe entre 600 et 1 500 €/an selon les spécialités couvertes. La RC Pro est fortement recommandée en complément pour couvrir les dommages causés aux tiers pendant l’exécution des travaux (entre 400 et 1 200 €/an). Exercer sans ces assurances expose votre patrimoine personnel en cas de sinistre.
La TVA sur les travaux d’électricité dépend de la nature du logement et des travaux réalisés. Pour un logement achevé depuis plus de deux ans, le taux est de 10 % pour les travaux de rénovation standard (remplacement de prises, mise aux normes, installation de tableau). Pour les travaux d’amélioration de la performance énergétique (pompe à chaleur avec raccordement électrique, systèmes de régulation thermique), le taux est de 5,5 %. Pour les constructions neuves ou les locaux professionnels, la TVA est à 20 %. Si vous êtes en franchise en base de TVA (sous le seuil de 37 500 €), vous ne facturez pas de TVA et mentionnez « TVA non applicable, art. 293 B du CGI » sur vos devis et factures.
La certification RGE (Reconnu Garant de l’Environnement) n’est pas obligatoire pour exercer en tant qu’électricien. Elle devient indispensable si vous souhaitez réaliser des travaux éligibles aux aides d’État comme MaPrimeRénov’, l’éco-PTZ ou les Certificats d’Économies d’Énergie (CEE) : dans ce cas, vos clients ne peuvent bénéficier des aides que si leur artisan est certifié RGE. Les qualifications concernées pour un électricien sont notamment QualiPV (photovoltaïque), RGE Qualifelec et Qualibat pour certains travaux de performance énergétique. L’obtention prend quelques mois et implique une audit, mais donne accès à un marché en forte croissance.
Oui, à condition d’être certifié IRVE (Infrastructures de Recharge pour Véhicules Électriques). Cette certification est obligatoire depuis le décret du 12 janvier 2017 pour toute installation de borne de recharge de puissance supérieure à 3,7 kW. La formation dure deux jours et coûte entre 300 et 500 € selon les organismes. Elle peut se rembourser en quelques interventions. En micro-entreprise, vous pouvez parfaitement exercer cette activité et facturer des prix plus élevés (la demande dépasse l’offre de professionnels certifiés dans beaucoup de zones). Pensez à vérifier que votre assurance couvre bien les installations IRVE.
Oui, le cumul d’un emploi salarié et d’une micro-entreprise d’électricien est possible, sous réserve de vérifier votre contrat de travail (clause d’exclusivité). Si vous êtes salarié dans une entreprise d’électricité, certains contrats interdisent l’exercice d’une activité concurrente. Hors clause d’exclusivité, vous pouvez créer votre micro-entreprise et exercer en parallèle, notamment le soir et le week-end. Vos revenus de salarié et de micro-entrepreneur sont imposés séparément. Votre protection sociale (assurance maladie, retraite) est assurée principalement par votre statut salarié tant que votre micro-entreprise reste secondaire.
Les tarifs d’un électricien en micro-entreprise varient de 35 à 110 €/h selon la région, l’expérience et la spécialité. Pour fixer votre tarif horaire, partez de votre objectif de revenu net mensuel, divisez-le par 0,5 (pour tenir compte de l’abattement de 50 %) pour obtenir le chiffre d’affaires mensuel nécessaire, puis divisez par le nombre d’heures facturables (environ 120 à 150 heures/mois). Pour du dépannage, pratiquez un forfait de déplacement (20 à 50 €) plus un taux horaire. Pour les grands chantiers, un devis au forfait est plus adapté et permet une meilleure visibilité pour le client. Comparez les tarifs locaux en demandant des devis à des confrères ou en consultant les annuaires professionnels.
Oui, un électricien en micro-entreprise peut acheter du matériel et le refacturer à ses clients. Cette pratique est courante et fait partie du chiffre d’affaires déclaré. Attention cependant : si la part de vente de matériel devient significative (plus de 30 à 40 % du chiffre d’affaires), vous pourriez être considéré comme exerçant une activité de vente, potentiellement soumise à un taux de cotisations différent (21.2 % pour les services contre 12,3 % pour la vente). Dans la pratique, tant que le matériel est accessoire à la prestation de service, vous restez dans la catégorie BIC services. En cas de doute, consultez votre CFE ou un expert-comptable.
Le plafond légal de la micro-entreprise est de 83 600 € de chiffre d’affaires annuel. Au-delà sur deux années consécutives, le passage au régime réel est obligatoire. Mais au-delà de la contrainte légale, le passage en société (EURL ou SASU) peut devenir intéressant à partir de 50 000 à 65 000 € de chiffre d’affaires annuel pour un électricien, selon le niveau de ses charges réelles. Une société permet de déduire les charges réelles (véhicule, outillage, assurances, local), d’optimiser la rémunération entre salaire et dividendes, et de se séparer du passif professionnel du patrimoine personnel. Utilisez notre simulateur Novistart pour calculer précisément ce seuil selon votre situation.
En micro-entreprise, l’électricien relève du régime SSI pour sa protection sociale. La couverture maladie est assurée dès lors que vous déclarez un minimum de chiffre d’affaires. Cependant, les indemnités journalières en cas d’arrêt maladie sont calculées sur la base de vos revenus déclarés et peuvent être très faibles les premières années. Il n’y a aucune protection chômage. Pour la retraite, les trimestres validés sont proportionnels à votre chiffre d’affaires : renseignez-vous sur les seuils de validation auprès de votre caisse de retraite. Il est vivement recommandé de souscrire une mutuelle santé, une prévoyance (arrêt de travail, invalidité) et de constituer une épargne de précaution représentant au minimum trois à six mois de charges.
À propos de l’auteur
Jonathan Bouveret
Fondateur de Novistart • Expert micro-entreprise
Lancer. Développer. Vivre de son activité.
Jonathan Bouveret aide les micro-entrepreneurs à y arriver. Sans jargon, sans complexité, sans se perdre dans l’administratif. Novistart, c’est son terrain de jeu. Un seul objectif : rendre la micro-entreprise aussi simple qu’elle devrait l’être.
Parce que la liberté se construit.