Dropshipping en micro-entreprise : statut, TVA et revenus en 2026

Le guide 2026 pour faire du dropshipping en micro-entreprise, entre obligations du vendeur, TVA à l’importation et rentabilité réelle

Le résumé Novistart

  • Le dropshipping consiste à vendre en ligne des produits que vous ne stockez pas, le fournisseur expédie chez le client. C’est une activité commerciale, sans diplôme exigé, que la micro-entreprise permet de démarrer simplement.
  • Les cotisations représentent 12,3 % du chiffre d’affaires, ramenées à 9,3 % avec l’ACRE sur demande dans les 60 jours, plus 0,1 % de contribution à la formation professionnelle.
  • Aux yeux de la loi, le vendeur, c’est vous. Information en français, livraison dans le délai annoncé, remboursements et garantie restent à votre charge, même si le colis dépend d’un fournisseur lointain.
  • Votre chiffre d’affaires est le prix payé par le client, port compris. Le prix d’achat, la publicité et les frais de paiement ne se déduisent pas, l’abattement de 71 % est un forfait.
  • La franchise de TVA ne dispense pas de la TVA due à l’importation sur les produits venus de pays hors Union européenne. Depuis le 1er juillet 2026, un droit de 3 € par ligne d’article déclarée, selon le classement douanier, s’ajoute sur les colis de 150 € ou moins.
  • Le plafond de la micro-entreprise est de 203 100 €, mais la franchise de TVA s’arrête à 85 000 €, seuil que des paniers modestes et des volumes élevés font atteindre vite.
  • La publicité est un poste de dépense déterminant. Dans l’exemple de la fiche, une commande à 45 € laisse 14,50 € de marge, soit 8,92 € après cotisations, avant impôt et CFE.
Sommaire

Le dropshipping se présente comme un commerce sans stock, sans risque et sans mise de départ. Seul le premier point est exact. Vous n’achetez rien à l’avance, mais vous restez le vendeur. C’est vous que le client appelle quand le colis tarde, vous qui remboursez quand le produit est défectueux, vous qui répondez devant l’administration en cas de manquement. Lors de son enquête de 2022, la DGCCRF a relevé au moins une anomalie sur 116 des 215 sites de dropshipping contrôlés. Le second piège est fiscal. Quand le fournisseur se trouve hors de l’Union européenne, le colis est importé, et la franchise en base de TVA n’efface ni la TVA à l’importation ni le nouveau droit de douane sur les petits colis. Beaucoup de débutants les découvrent après avoir fixé leurs prix. Cette fiche détaille le statut, les obligations envers le client, la TVA, les cotisations et un exemple chiffré qui montre où se joue vraiment la marge.

Statut et obligations d’un dropshipper en micro-entreprise

Faire du dropshipping, c’est vendre en ligne des produits que vous n’achetez au fournisseur qu’une fois la commande passée, et qu’il expédie lui-même à votre client. Dès que cette vente est régulière et vise un revenu, elle devient une activité commerciale. La micro-entreprise est le cadre le plus simple pour la mener. Vous vous déclarez sur le guichet unique, vous êtes immatriculé au registre du commerce, et aucun diplôme n’est exigé. Le fournisseur reste invisible pour le client, jamais pour la loi. Selon la DGCCRF, le vendeur est le professionnel qui commercialise le produit, et c’est lui qui répond de l’exécution de la vente, de la livraison aux retours et à la qualité. Vous n’avez en revanche aucune obligation de révéler le nom de votre fournisseur, à ne pas confondre avec le fabricant du produit, qui doit rester identifiable.

Ce que vous devez au client Ce que cela implique Point à vérifier
Informations avant l’achat Votre identité, votre numéro SIRET, l’hébergeur du site, le prix toutes taxes comprises, la description, les garanties et les conditions de rétractation avec le formulaire, le tout en français Mentions légales et conditions générales de vente complètes avant la première vente
Livraison Livrer dans le délai annoncé, et à défaut de délai indiqué, au plus tard 30 jours après la commande Un délai annoncé réaliste au regard du transport depuis le fournisseur
Rétractation et garanties 14 jours pour se rétracter, garantie légale de conformité de 2 ans sur un produit neuf, à compter de la délivrance du bien Une procédure de retour et de remboursement, même si le colis vient de loin
Sécurité des produits Des produits licites et sûrs, un fabricant identifiable, aucune contrefaçon Certificats, notices en français et identité du fabricant demandés au fournisseur

Attention. En vente à distance, un manquement aux obligations d’information avant l’achat est passible d’une amende administrative pouvant atteindre 15 000 € pour une personne physique et 75 000 € pour une personne morale (article L242-10 du code de la consommation). Les contrôles de la DGCCRF ont aussi relevé de fausses origines, de faux labels, de fausses promotions et de faux avis, des pratiques qualifiées de trompeuses.

Les produits vendus à des consommateurs européens doivent respecter le règlement européen sur la sécurité générale des produits. En pratique, l’annonce doit permettre d’identifier le fabricant et, quand il est établi hors de l’Union, un responsable dans l’Union, avec les avertissements de sécurité utiles. Un fournisseur incapable de fournir ces éléments est un fournisseur à écarter. Jouets, produits électriques, cosmétiques et articles pour enfants sont les plus exposés. Quant à la contrefaçon, vendre un produit qui copie une marque ou un modèle protégé engage votre responsabilité, même si le colis ne passe jamais entre vos mains.

La TVA à l’importation, le piège du fournisseur hors Union européenne

Quand un fournisseur vous facture la TVA française sur une opération soumise à cette TVA, elle reste un coût pour votre micro-entreprise tant que vous ne pouvez pas la déduire, ce qui est le cas en franchise. Avec un fournisseur situé hors de l’Union européenne, en Chine le plus souvent, le colis est importé et passe en douane. Trois questions se posent alors. Ce que coûte l’importation. Il y a d’abord la TVA à l’importation. La franchise en base vous dispense de facturer la TVA à vos clients, elle ne dispense pas de la TVA due à l’importation. Il y a ensuite le droit de douane forfaitaire de 3 € par catégorie d’article, appliqué depuis le 1er juillet 2026 aux colis dont la valeur ne dépasse pas 150 €. Il se compte par ligne de la déclaration en douane, selon le classement douanier, et non par pièce. Cinq tee-shirts identiques représentent 3 €, un tee-shirt et une montre en représentent 6 €. Sur un article payé 8 € au fournisseur, ces 3 € pèsent déjà plus d’un tiers du prix d’achat. À cela s’ajoute une redevance européenne de traitement de 2 € par article, prévue par le règlement délégué (UE) 2026/2152 et applicable à partir du 1er novembre 2026. Elle ne connaît pas de seuil de valeur, donc elle concerne aussi les colis de plus de 150 €. Elle est calculée par article au sens douanier et, dans les systèmes de déclaration concernés, à partir du nombre de lignes déclarées, ce qui ne donne pas nécessairement 2 € par commande. À la même date, les identifiants de produit deviennent obligatoires dans les déclarations des colis de 150 € ou moins, ce qui oblige à fiabiliser les données produit transmises avec chaque envoi. Qui déclare et qui paie. Tout dépend de qui est l’importateur déclaré. Le droit de douane et la redevance sont dus par le déclarant en douane, souvent une plateforme, un vendeur ou un transporteur, qui les répercute ensuite sur l’expéditeur ou sur le destinataire selon les conditions de livraison convenues. Ce peut donc être votre fournisseur, qui vous facture alors un prix rendu dédouané, c’est-à-dire droits et taxes inclus, une plateforme ou vous-même. Le consommateur n’est visé qu’à titre résiduel, par exemple s’il déclare lui-même le colis sans passer par l’IOSS, et un client qui découvre des frais à la livraison refuse souvent le colis ou réclame un remboursement. Écrivez dans votre accord avec le fournisseur qui déclare, qui paie et ce que le prix comprend. Comment sécuriser votre coût. La douane propose pour les marchandises de 150 € ou moins vendues à des particuliers un régime facultatif, le guichet unique de TVA à l’importation, appelé IOSS. L’opérateur perçoit la TVA au moment de la vente, donc vend toutes taxes comprises, la reverse chaque mois, et l’importation est alors exonérée de TVA. Ce mécanisme suppose de collecter la TVA à la vente, ce qui ne se concilie pas simplement avec la franchise en base. Faites valider votre situation par le service des impôts des entreprises avant de bâtir votre montage sur l’IOSS.

Conseil Novistart. Demandez à votre fournisseur un prix rendu dédouané, droits de douane, redevance et TVA à l’importation compris, avant de calculer votre marge. Un prix d’achat qui ignore ces taxes donne un tableau de rentabilité faux, et vous ne le verrez qu’au premier relevé de compte.

Cotisations sociales et fiscalité

Le dropshipping relève de la vente de marchandises. Vos cotisations sociales représentent 12,3 % du chiffre d’affaires encaissé, que votre marge soit confortable ou presque nulle. S’y ajoute la contribution à la formation professionnelle (CFP) de 0,1 % du chiffre d’affaires pour un commerçant, 0,3 % pour une activité artisanale, ce qui ne concerne pas la revente pure. Pour une création à partir du 1er juillet 2026, l’ACRE, accordée sous conditions d’éligibilité et sur demande dans les 60 jours suivant l’immatriculation, ramène le taux à 9,3 %, hors contribution à la formation professionnelle de 0,1 %, jusqu’à la fin du troisième trimestre civil suivant la création. Côté impôt sur le revenu, l’administration applique un abattement forfaitaire de 71 % sur le chiffre d’affaires et ignore vos frais réels. Vous pouvez opter pour le versement libératoire si votre revenu fiscal de référence le permet. La franchise en base de TVA vous laisse facturer sans TVA jusqu’à 85 000 € de chiffre d’affaires, mais elle ne couvre que vos ventes, jamais vos achats à l’importation.

Du chiffre d’affaires au revenu réel d’un dropshipper

Prenons Romain, qui vend des accessoires de rangement pour la maison sur sa propre boutique en ligne. Son fournisseur, situé hors de l’Union européenne, lui facture 16 € par commande, livraison au client et formalités douanières comprises. Romain vend 45 € port compris, et ses volumes dépendent de la période.

Profil Volume et panier supposés CA annuel indicatif
Démarrage, tests de produits 20 commandes par mois à 45 € 10 800 €
Rythme de croisière 90 commandes par mois à 45 € 48 600 €
Boutique installée 140 commandes par mois à 48 € 80 640 €
Boutique à fort volume 200 commandes par mois à 42 € 100 800 €

Ces montants correspondent à du chiffre d’affaires, c’est-à-dire aux sommes payées par les clients avant toute dépense. Ils ne disent rien de ce qu’il reste, et le dernier profil a déjà franchi le seuil de tolérance de la franchise de TVA.

Voici ce que devient une année au rythme de croisière, soit 1 080 commandes. Les montants par commande sont des hypothèses de l’exemple, pas des moyennes observées.

Poste Par commande Sur l’année
Prix payé par le client, port compris 45,00 € 48 600 €
Produit livré et dédouané par le fournisseur 16,00 € 17 280 €
Frais de paiement et outils de la boutique 2,00 € 2 160 €
Publicité 10,00 € 10 800 €
Retours, remboursements et litiges 2,50 € 2 700 €
Marge avant cotisations 14,50 € 15 660 €
Cotisations sociales et CFP 5,58 € 6 026 €
Reste avant impôt 8,92 € 9 634 €

Romain garde donc environ 803 € par mois, soit près de 20 % de son chiffre d’affaires, avant impôt, CFE et temps de travail. Ce n’est donc pas un revenu net disponible. Les 2 € de frais de paiement et d’outils sont une moyenne répartie sur les 1 080 commandes de l’année, à recalculer avec votre propre volume. Le prix fournisseur de 16 € est supposé inclure la livraison, les droits de douane, le droit forfaitaire de 3 € et la TVA à l’importation, mais pas la redevance applicable à partir du 1er novembre 2026. Tout repose sur la publicité. Si le coût passe de 10 € à 14 € par commande, ses cotisations ne bougent pas pendant que sa marge fond, et il ne lui reste plus que 4,92 € par commande, soit environ 443 € par mois. Quatre euros de publicité en plus lui retirent près de la moitié de son revenu. Si le fournisseur répercute la redevance et que chaque commande correspond à une seule ligne de déclaration, le reste diminue de 2 € par commande, soit 2 160 € sur 1 080 commandes, et il ne reste que 623 € par mois au lieu de 803 €. La redevance se calcule par article au sens douanier. Dans les systèmes de déclaration concernés, le montant peut dépendre du nombre de lignes déclarées, ce qui ne donne pas nécessairement 2 € par commande. Son revenu imposable est de 14 094 €, soit 29 % de son chiffre d’affaires après l’abattement de 71 %. C’est plus que les 9 634 € qu’il lui reste après cotisations, car le bénéfice imposable forfaitaire n’est pas le revenu disponible. Ses dépenses représentent environ 68 % du chiffre d’affaires, un niveau légèrement inférieur à l’abattement de 71 %. Cette comparaison ne suffit pas à désigner le régime le plus avantageux, puisque les cotisations, les charges réellement déductibles et le coût de la comptabilité entrent aussi en jeu. Une simulation comparative reste nécessaire avant de choisir.

Calculer son prix plancher

Le bon réflexe est de partir du prix plancher. Additionnez le produit rendu dédouané, les frais de paiement, la publicité et la provision pour retours, soit 30,50 € pour Romain, puis divisez par 1 moins le taux de cotisations et de CFP, ici 12,4 %. Cela donne environ 34,82 €. En dessous de ce prix, chaque vente se solde par une perte avant impôt. Si la redevance de 2 € s’applique à chaque commande, le coût retenu passe à 32,50 € et le plancher monte à environ 37,10 €. Avec une publicité à 14 €, le plancher monte à 39,38 € hors redevance, et un prix de vente à 39 € devient déjà perdant. Ces prix restent des points d’équilibre sur les coûts retenus, et le seuil de 37,10 € est provisoire, puisque le nombre de lignes déclarées par commande et le montage d’importation peuvent le faire varier. Ils ne couvrent ni l’impôt sur le revenu, ni la CFE, ni les frais fixes, ni le temps de travail, ni la TVA applicable à la redevance de traitement selon le montage d’importation. Visez une marge au-dessus de ce plancher, jamais pile dessus.

Micro-entreprise ou régime réel

Comme l’achat au fournisseur, la publicité et les frais de paiement absorbent l’essentiel du prix de vente, la question du régime réel se pose plus tôt que pour une activité de service. Au régime réel, vous êtes imposé sur votre bénéfice réel, et vos cotisations se calculent sur ce bénéfice et non sur le chiffre d’affaires. Sortir de la micro-entreprise vous fait aussi quitter le régime micro-social, avec une comptabilité complète, davantage de déclarations et un coût de gestion. L’arbitrage porte donc sur l’impôt, les cotisations, les frais déductibles et ce coût de gestion. Plus la marge est faible par rapport au chiffre d’affaires, plus le régime réel devient intéressant. Pour une marge de 32 % comme celle de Romain, la comparaison est serrée et mérite un calcul avec un comptable. Le régime réel reste distinct de la société, qui est un autre choix, étudié dans notre comparaison micro-entreprise ou SASU.

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Plafonds et seuils à surveiller

Le plafond de chiffre d’affaires de la micro-entreprise pour la vente de marchandises est de 203 100 €, apprécié sur deux années consécutives. En dropshipping, c’est un autre seuil qui arrive en premier. La franchise en base de TVA s’arrête à 85 000 €, avec une tolérance jusqu’à 93 500 €. Au rythme de 45 € le panier, 85 000 € représentent environ 1 890 commandes, soit 157 par mois. Si vous dépassez 85 000 € sans atteindre 93 500 €, la TVA s’applique à partir du 1er janvier suivant. Au-delà de 93 500 €, vous perdez la franchise dès le jour du dépassement. Le plafond de la micro-entreprise et les seuils de TVA sont indépendants, vous pouvez rester en micro tout en facturant la TVA, comme l’explique la page de l’administration fiscale. Une fois la TVA applicable, vous facturez la TVA au taux applicable à vos produits, généralement 20 % pour les biens de consommation courants, et vous récupérez, dans les conditions prévues, celle que vous payez sur vos achats, à l’importation comme sur la publicité. Si vos prix affichés ne bougent pas, la TVA est prélevée sur votre marge. Prévoyez donc ce passage avant d’y arriver, en recalculant vos prix toutes taxes comprises. Un compte bancaire dédié à l’activité devient obligatoire quand le chiffre d’affaires dépasse 10 000 € deux années de suite, et il est de toute façon indispensable pour suivre les paiements et les remboursements. Vous tenez un livre des recettes et, pour la vente de marchandises, un registre des achats qui conserve les factures de votre fournisseur. La cotisation foncière des entreprises ne se paie pas la première année, puis elle est due selon votre commune.

Trouver ses premiers acheteurs

Les acheteurs de boutiques en ligne inconnues sont méfiants, et ils ont des raisons de l’être. Avant de dépenser un euro en publicité, soignez ce qui rassure, c’est-à-dire des mentions légales complètes, une adresse et un moyen de contact réels, des conditions de retour lisibles et des délais de livraison honnêtes. Un délai de 12 jours annoncé franchement convertit sans doute moins qu’un délai de 5 jours promis, mais il évite bien des litiges. La publicité payante, sur les réseaux sociaux ou sur les comparateurs de prix, reste le canal principal, et le plus risqué. Testez un produit avec un budget plafonné, suivez le coût publicitaire par commande chaque jour et arrêtez sans état d’âme un produit dont ce coût dépasse sa marge. Les vidéos courtes publiées sans budget, sur TikTok ou Instagram, servent à tester un produit avant de payer pour le promouvoir, avec des résultats irréguliers. Les places de marché encadrent le dropshipping. Elles exigent en général que vous apparaissiez comme vendeur sur le bon de livraison, et certaines interdisent la pratique. Lisez leurs règles avant d’y référencer un produit, et gardez la liste de vos clients, par exemple par e-mail, plutôt que de dépendre d’une seule plateforme. Pour construire une clientèle plus durable, voyez notre page sur la recherche de clients.

Développer son activité

Le dropshipping se développe rarement par la quantité de produits. Une spécialisation sur un public ou un usage précis, des animaux, le jardin, le sport, donne une boutique cohérente, des annonces plus ciblées et un service client qui connaît ses produits. Le passage à des fournisseurs européens ou à un stock en entrepôt logistique raccourcit les délais, supprime le droit de douane et fait chuter les réclamations. Quand la boutique génère un volume régulier, beaucoup de vendeurs passent au e-commerce avec stock, un autre métier qui change les règles du jeu. Les places de marché de créateurs limitent la revente de produits que vous n’avez ni fabriqués ni conçus, ce que détaille notre fiche sur le vendeur Etsy. La revente d’occasion obéit à d’autres règles, que présente la fiche du revendeur Vinted.

Ce qui fait gagner de l’argent. Un fournisseur qui expédie depuis l’Union européenne une marchandise déjà dédouanée, ou un stock en entrepôt, coûte souvent plus cher à l’unité, mais il peut supprimer le droit de 3 € et le dédouanement à votre charge. Vérifiez que le colis part bien de l’Union et que la marchandise y est déjà en libre circulation, car un fournisseur européen qui réexpédie depuis l’Asie ne change rien. Sur un article à 8 € d’achat, cela suffit parfois à rendre un produit viable.

Les points de vigilance

La dépendance au fournisseur est le premier risque. Il peut changer son prix, arrêter un produit, expédier plus lentement ou livrer une qualité différente de celle de l’échantillon, et c’est vous qui en répondez devant le client. Commandez vous-même chaque produit avant de le vendre, gardez un fournisseur de secours et conservez ses factures dans votre registre des achats. Les litiges de paiement pèsent aussi sur le vendeur. Un client qui conteste un débit auprès de sa banque peut obtenir un remboursement forcé, sans que votre fournisseur ne vous rende quoi que ce soit, et les solutions de paiement bloquent parfois les fonds d’une boutique dont le taux de litiges grimpe. Une assurance de responsabilité civile professionnelle peut couvrir les dommages causés par un produit vendu, à condition de vérifier que le contrat couvre la vente en ligne de produits importés. Méfiez-vous enfin des promesses de revenus faciles. Aucune statistique officielle ne chiffre ce que gagne un dropshipper, et les montants mis en avant par certaines formations n’ont aucune valeur de référence. La DGCCRF a même relevé que les faux avis étaient parfois présentés comme normaux, voire recommandés, lors de formations. Aucune formation ne rend légal un faux avis.

L’erreur qui coûte le plus cher. Lancer la publicité avant d’avoir calculé le coût réel d’une commande livrée chez le client, droits et TVA à l’importation compris. On vend alors à perte sans le savoir, et chaque commande creuse le trou un peu plus.

L’analyse stratégique Novistart

Critère Note /100 Pourquoi ?
Simplicité du statut 70 Le statut est simple, mais le vendeur en ligne porte seul les obligations d’information, de livraison et de remboursement.
Niveau de revenus 42 L’exemple de la fiche conserve environ 20 % du chiffre d’affaires, et ce niveau chute dès que le coût publicitaire monte.
Facilité de lancement 78 Une boutique s’ouvre en quelques jours, sans stock ni investissement lourd.
Légèreté des charges 40 L’achat au fournisseur, la publicité, les frais de paiement et les cotisations sur le chiffre d’affaires absorbent l’essentiel du prix de vente.
Compatibilité du plafond 50 Le plafond est large, mais le seuil de TVA est atteint tôt et la TVA à l’importation complique la gestion.
Maîtrise de la livraison 38 Le délai, la qualité et le suivi dépendent d’un tiers que le client ne voit pas, alors que vous répondez de tout.

La note globale est la moyenne simple, non pondérée, de ces six notes éditoriales sur 100. Elle exprime l’appréciation de Novistart, pas une mesure statistique.

Score Novistart : 53 / 100. Un métier facile à lancer, dont la rentabilité se joue sur le coût publicitaire et sur la maîtrise des taxes à l’importation.

À qui ce métier convient réellement

Le dropshipping convient à ceux qui aiment autant calculer une marge que tester un produit. Il convient moins à celui qui compte sur un produit viral pour rattraper un prix mal calculé. Une boutique qui dure repose sur trois habitudes. La première est de connaître le coût réel d’une commande livrée chez le client, la deuxième de suivre le coût publicitaire par vente chaque semaine, la troisième de traiter les retards et les retours avant que le client ne réclame. Si l’une de ces habitudes vous pèse, un autre métier de la vente vous sera plus confortable. Sources : DGCCRF pour les obligations du vendeur et les sanctions, douane.gouv.fr pour l’IOSS, info.gouv.fr pour le droit sur les petits colis, EUR-Lex pour la redevance de traitement, autoentrepreneur.urssaf.fr pour les taux, Service-Public pour l’ACRE et la CFP. Les montants de l’exemple de Romain sont des simulations Novistart.

Sources et hypothèses de cette fiche

Les règles viennent de sources officielles. Les montants chiffrés sont des simulations construites à partir d’hypothèses, pas des moyennes observées.

Sources réglementaires

  • Service-Public Entreprendre, taux de cotisations du micro-entrepreneur en 2026, dont 12,3 % pour la vente de marchandises. Consulter la page
  • Service-Public Entreprendre, actualité du 11/02/2026 sur la réforme de l’ACRE (exonération de 25 % pour les créations à partir du 1er juillet 2026). Consulter l’actualité
  • impots.gouv.fr, franchise en base de TVA et seuils applicables, y compris l’année de création. Consulter la page
  • Commission européenne, droit de douane de 3 € par article sur les envois de 150 € ou moins, du 1er juillet 2026 au 1er juillet 2028. Consulter la page
  • douane.gouv.fr, guichet unique de TVA à l’importation (IOSS), régime facultatif. Consulter la page

Hypothèses des simulations

Le prix de vente, le coût du produit, la publicité, les frais et le nombre de commandes de l’exemple sont des hypothèses de simulation, sans source de marché citée. Ils donnent un ordre de grandeur du métier, pas une promesse de revenu.

Comment lire les montants. Les cotisations et la formation professionnelle sont calculées à 12,4 % du prix encaissé, pas de la marge. Le reste est donné avant impôt sur le revenu, CFE et temps de travail. La redevance européenne de 2 € par article, applicable à partir du 1er novembre 2026, n’est pas comprise dans le prix fournisseur de l’exemple.

Fiche vérifiée le 30 octobre 2026. Notre façon de vérifier les règles et de construire les simulations est expliquée sur la page Notre méthode éditoriale.

Questions fréquentes sur le dropshipping en micro-entreprise

Faut-il un statut pour faire du dropshipping ?

Oui, dès que vous vendez de façon régulière pour en tirer un revenu. Le dropshipping est une activité commerciale, même si vous ne stockez rien. La micro-entreprise est le cadre le plus simple pour commencer. Vous vous déclarez sur le guichet unique, puis vous déclarez votre chiffre d’affaires à l’Urssaf. Quelques ventes isolées d’objets personnels ne font pas de vous un professionnel, mais acheter pour revendre de façon répétée avec une marge, si.

Peut-on faire du dropshipping en micro-entreprise tout en restant salarié ?

Oui, la micro-entreprise se cumule avec un emploi salarié. Vérifiez toutefois votre contrat de travail, car une clause d’exclusivité ou de non-concurrence peut limiter une activité parallèle, et certains employeurs demandent à être informés. Le chiffre d’affaires de la boutique s’ajoute à votre salaire dans votre déclaration de revenus. Prévoyez aussi du temps pour répondre aux clients, car un retard de colis ou un retour ne peut pas attendre la fin de votre journée de travail.

À partir de quel chiffre d’affaires faut-il passer de la micro-entreprise à une société pour faire du dropshipping ?

Il n’existe pas de seuil unique. Le plafond de la micro-entreprise est de 203 100 € pour la vente de marchandises, mais la question se pose souvent plus tôt, quand la marge est faible, quand la TVA devient applicable au-delà de 85 000 € ou quand vous voulez vous associer. La comparaison dépend de votre marge réelle, de vos cotisations au régime réel et de vos projets. Notre page micro-entreprise ou SASU détaille les critères à comparer avant de choisir.

Le dropshipping est-il légal en France ?

Oui, à condition de respecter les règles de la vente à distance et de ne vendre que des produits licites et sûrs. La DGCCRF rappelle que le vendeur est le professionnel qui commercialise le produit, qu’il doit informer le client en français, livrer dans le délai annoncé et assumer les retours. Lors de son enquête de 2022, elle a relevé au moins une anomalie sur 116 des 215 sites contrôlés. Ce n’est donc pas le modèle qui pose problème, mais les pratiques trompeuses comme les faux avis, les fausses origines ou les fausses promotions.

Qui paie la TVA à l’importation en dropshipping ?

Cela dépend du montage de livraison, qu’il faut fixer par écrit avec le fournisseur. Selon l’organisation, la TVA à l’importation est réglée par le fournisseur ou son transporteur, par une plateforme, par vous ou par votre client à la livraison. La franchise en base vous dispense de facturer la TVA à vos clients, elle ne dispense pas de la TVA due à l’importation. Le guichet unique IOSS, facultatif, permet de percevoir la TVA à la vente pour les marchandises de 150 € ou moins, mais il suppose de vendre toutes taxes comprises. Si vous êtes en franchise, faites valider ce choix par le service des impôts des entreprises.

Faut-il révéler le nom de son fournisseur à ses clients ?

Non, aucune règle ne vous impose d’indiquer à qui vous achetez. En revanche, vous devez vous identifier clairement comme vendeur, avec votre nom, votre numéro SIRET, votre adresse et un moyen de contact, sur le site et dans les conditions de vente. Un colis qui arrive d’un expéditeur étranger inconnu, sans aucune mention de votre boutique, provoque des litiges et des refus de colis. Prévenez vos clients dans la fiche produit et dans l’e-mail de confirmation quand l’expédition vient de loin.

Que se passe-t-il si le colis arrive en retard ou n’arrive pas ?

Vous restez responsable de la livraison, quel que soit le comportement de votre fournisseur. Si la date annoncée n’est pas respectée, le client peut vous demander par écrit de livrer dans un délai supplémentaire raisonnable, puis résoudre la vente si rien n’arrive. Vous devez alors le rembourser dans un délai de 14 jours, sans attendre que votre fournisseur vous rembourse. À défaut de délai annoncé, la livraison doit intervenir au plus tard 30 jours après la commande. Annoncez des délais réalistes plutôt que séduisants.

Peut-on vendre n’importe quel produit en dropshipping ?

Non. Les produits doivent être licites et sûrs, et les contrefaçons sont interdites même si vous n’avez jamais touché le colis. Cosmétiques, jouets, produits électriques, articles pour enfants et compléments alimentaires obéissent à des règles de sécurité et d’étiquetage strictes qu’un fournisseur étranger ne respecte pas toujours. La DGCCRF a aussi relevé des produits dangereux ou interdits, comme des médicaments, vendus sur des sites de dropshipping. Avant de référencer un produit, demandez les certificats, l’identité du fabricant et les notices en français.

Combien rapporte le dropshipping en micro-entreprise ?

Cela dépend presque entièrement de la marge par commande et du coût publicitaire. Dans l’exemple de la fiche, Romain vend 90 commandes par mois à 45 € port compris et garde environ 803 € par mois après cotisations, avant impôt, CFE et temps de travail. Avec 4 € de publicité en plus par commande, il tombe à environ 443 €. Ces montants sont des simulations Novistart et non des moyennes observées. Méfiez-vous des chiffres de revenus mis en avant par les vendeurs de formations, qui n’ont aucune valeur de référence.

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jonathan bouveret

À propos de l’auteur

Jonathan Bouveret

Fondateur de Novistart • Expert micro-entreprise

Lancer. Développer. Vivre de son activité.

Jonathan Bouveret aide les micro-entrepreneurs à y arriver. Sans jargon, sans complexité, sans se perdre dans l’administratif. Novistart, c’est son terrain de jeu. Un seul objectif : rendre la micro-entreprise aussi simple qu’elle devrait l’être.

Parce que la liberté se construit.