Hypnothérapeute en micro-entreprise : limites légales, TVA et revenus en 2026

Le guide 2026 pour exercer l’hypnose en micro-entreprise, entre titre libre, limites de la loi et revenu réel par séance

Le résumé Novistart

  • L’hypnothérapeute accompagne des personnes par l’hypnose pour le stress, le sommeil, la confiance ou une habitude à changer. Le titre est libre et aucun diplôme d’État n’est exigé, mais le métier s’exerce dans des limites légales strictes.
  • Vous ne pouvez ni diagnostiquer ni traiter une maladie, ni promettre une guérison. Le faire expose à l’exercice illégal de la médecine, puni de deux ans d’emprisonnement et de 30 000 € d’amende.
  • Le titre de psychothérapeute est réservé aux professionnels inscrits au registre national. S’en prévaloir sans inscription constitue une usurpation de titre.
  • Les cotisations représentent 25,6 % du chiffre d’affaires, ramenées à 19,2 % avec l’ACRE sous conditions d’éligibilité, sur demande dans les 60 jours, auxquelles s’ajoute la contribution à la formation professionnelle de 0,2 %.
  • Les séances sont soumises à la TVA, car l’exonération santé ne vise que les professions réglementées. La franchise en base reste possible jusqu’à 37 500 € de chiffre d’affaires.
  • Le chiffre d’affaires plafonne à 83 600 € en micro-BNC, avec un abattement de 34 % pour l’impôt sur le revenu.
  • Le revenu dépend du nombre de séances réellement tenues. À 70 € la séance et 40 séances par mois, le chiffre d’affaires atteint 33 600 € par an, soit environ 24 900 € après cotisations et avant frais et impôt.
Sommaire

Personne ne vous demandera de diplôme pour vous installer comme hypnothérapeute. Aucun ordre, aucune autorisation, aucun examen d’État. Le titre est libre, et c’est ce qui piège les débutants. Ce que la loi vous laisse faire est plus étroit que ce que le marché vous pousse à promettre. Une personne qui vient vous voir pour arrêter de fumer, mieux dormir ou calmer une angoisse attend souvent un résultat médical. Or diagnostiquer ou traiter une maladie, même par de simples échanges, relève de la médecine dès que la pratique devient habituelle ou suivie. L’hypnothérapeute qui écrit « soigne la dépression » sur son site n’a pas seulement un problème de marketing, il s’expose à un risque pénal. À l’inverse, accompagner quelqu’un vers plus de calme, de confiance ou de concentration reste un métier légitime, que la micro-entreprise permet de lancer avec très peu de frais. Cette fiche commence par la frontière légale, appuyée sur les textes officiels, puis déroule les chiffres : cotisations, TVA, plafond, revenu réel selon le nombre de séances. Elle explique ensuite comment trouver des clients sans promettre ce que vous n’avez pas le droit de promettre, et se termine par un Score Novistart qui évalue les perspectives économiques du métier.

Statut et obligations d’un hypnothérapeute en micro-entreprise

L’hypnothérapeute est un indépendant qui utilise l’hypnose, un état de concentration guidée, pour accompagner des personnes dans des situations du quotidien. L’activité est libérale et non réglementée, elle relève donc du micro-BNC. Vous vous déclarez sur le guichet unique en activité libérale, sans diplôme exigé, sans inscription à un ordre et sans carte professionnelle. Les étapes de création sont détaillées dans notre guide pour créer sa micro-entreprise. La liberté s’arrête à deux endroits que vous devez connaître avant votre première séance. Le premier est le titre de psychothérapeute. L’article 52 de la loi du 9 août 2004 en réserve l’usage aux professionnels inscrits au registre national des psychothérapeutes, auprès de l’agence régionale de santé du lieu d’exercice. L’inscription suppose un doctorat en médecine ou un master de psychologie ou de psychanalyse, puis une formation en psychopathologie clinique d’au moins 400 heures de théorie et un stage de cinq mois, avec des dispenses totales ou partielles selon le parcours. Une formation à l’hypnose, même longue, n’ouvre pas ce titre. Se présenter comme psychothérapeute sans être inscrit relève de l’usurpation de titre, punie d’un an d’emprisonnement et de 15 000 € d’amende par l’article 433-17 du code pénal. Le second est l’exercice illégal de la médecine. L’article L4161-1 du code de la santé publique vise toute personne qui prend part habituellement ou par direction suivie, y compris par consultations verbales ou écrites, à l’établissement d’un diagnostic ou au traitement de maladies « réelles ou supposées », par tous procédés quels qu’ils soient, sans être médecin. L’article L4161-5 prévoit deux ans d’emprisonnement et 30 000 € d’amende. Depuis la loi du 10 mai 2024, ces peines passent à cinq ans et 75 000 € lorsque l’infraction est commise en ligne ou par un support numérique, donc aussi par votre site ou vos réseaux sociaux.

Attention. Le 9 mars 2010 (arrêt n° 09-81.778), la Cour de cassation a rejeté le pourvoi d’un praticien sans diplôme de médecin, condamné pour exercice illégal de la médecine. Il pratiquait l’acupuncture, des manipulations et des séances d’hypnothérapie à visée curative. Cette décision, non publiée au Bulletin, n’interdit pas l’hypnose en général. Elle rappelle toutefois que la pratique habituelle d’actes relevant du diagnostic ou du traitement médical peut caractériser un exercice illégal de la médecine, même lorsque l’un des procédés employés est l’hypnose. Le ministère de la Santé cite cet arrêt dans des réponses publiées au Journal officiel en décembre 2018 et février 2019. Le titre libre ne vous protège donc pas si vous vous présentez comme celui qui soigne une maladie.

Dans ces mêmes réponses, le ministère indique qu’une certification « hypnothérapeute » s’est vu refuser l’enregistrement au Répertoire national des certifications professionnelles, notamment parce que ce terme peut laisser croire au public qu’un diagnostic est posé. Il n’interdit pas le mot, mais il montre comment l’administration le lit. Dans vos textes, parlez d’accompagnement par l’hypnose, de gestion du stress, de confiance en soi ou de préparation à un examen, et laissez les maladies aux soignants. Aucune formation n’est obligatoire, mais elles sont très inégales. Le rapport de l’Inserm de 2015 relève des formations universitaires et de nombreuses formations associatives ou privées, certaines réservées aux professionnels de santé. Avant de payer, demandez le programme, le nombre d’heures de pratique supervisée et ce que vous saurez réellement faire en sortant. Aucun texte propre à l’hypnose n’impose d’assurance, mais l’assurance RC Pro reste indispensable. Une séance qui réveille une émotion forte ou un client qui s’estime mal accompagné peut engager votre responsabilité. Comptez quelques centaines d’euros par an et vérifiez que l’hypnose figure bien dans les activités garanties.

Conseil Novistart. Remettez à chaque client, avant la première séance, une fiche d’information signée. Elle dit ce que vous faites (un accompagnement), ce que vous ne faites pas (diagnostic, traitement, arrêt d’un traitement médical), la durée, le tarif et la politique d’annulation. Ce document protège le client comme vous, et il vous évite de découvrir les limites du métier le jour d’une réclamation.

Cotisations sociales et fiscalité

Les cotisations sociales s’élèvent à 25,6 % du chiffre d’affaires encaissé, ramenées à 19,2 % avec l’ACRE, pour une création à compter du 1er juillet 2026. Les créations antérieures relèvent des règles précédentes. Cette aide n’est pas automatique et elle est réservée à certains profils. Sont notamment concernés les demandeurs d’emploi indemnisés ou inscrits depuis plus de six mois au cours des dix-huit derniers mois, les bénéficiaires du RSA ou de l’ASS, les jeunes de 18 à 25 ans (jusqu’à 29 ans en cas de handicap reconnu), certains moins de 30 ans non indemnisés, les créateurs implantés en quartier prioritaire (QPV) ou en zone France ruralités revitalisation (ZFRR ou ZFRR+), les bénéficiaires de la PreParE, ainsi que les repreneurs d’une entreprise en difficulté et les signataires d’un contrat d’appui au projet d’entreprise (Cape). Il ne faut pas en avoir bénéficié durant les trois années précédentes. Elle se demande dans les 60 jours qui suivent votre date de début d’activité et s’applique jusqu’à la fin du troisième trimestre civil qui suit ce début d’activité. Les cotisations se déclarent et se paient à l’Urssaf, et votre retraite relève de l’Assurance retraite. À ces cotisations s’ajoute la contribution à la formation professionnelle (CFP), de 0,2 % du chiffre d’affaires. Elle est collectée par l’Urssaf avec vos cotisations. Pour l’impôt sur le revenu, l’administration applique un abattement forfaitaire de 34 % sur votre chiffre d’affaires et vous impose sur le reste. Vous pouvez opter pour le versement libératoire à 2,2 % du chiffre d’affaires si les revenus de votre foyer le permettent. Il est généralement inutile pour un foyer non imposable et mérite d’être comparé au barème dès que le foyer paie de l’impôt. Beaucoup de praticiens croient leurs séances exonérées de TVA parce qu’elles touchent au bien-être. Ce n’est pas le cas. L’exonération de l’article 261, 4-1° du code général des impôts s’applique, selon la doctrine fiscale, aux seuls membres des professions médicales et paramédicales réglementées, ainsi qu’aux psychologues et aux psychothérapeutes autorisés à porter leur titre. La doctrine écarte nommément des pratiques voisines comme la sophrologie. L’hypnose n’y est pas citée, mais le même principe s’applique. L’exonération dépend aussi de la nature des actes. Un professionnel de santé qui utilise l’hypnose dans le cadre de sa profession peut bénéficier de l’exonération applicable à celle-ci, à condition que la prestation réponde aux critères de qualification et de finalité thérapeutique prévus par la doctrine fiscale. En pratique, la franchise en base vous dispense de facturer la TVA jusqu’à 37 500 € de chiffre d’affaires, avec un seuil majoré de 41 250 €. Deux cas se présentent. Si vous dépassez 37 500 € sans atteindre 41 250 €, vous gardez la franchise jusqu’au 31 décembre et vous facturez la TVA à partir du 1er janvier suivant. Si vous dépassez 41 250 € en cours d’année, vous devenez redevable de la TVA dès le jour du dépassement. Une séance affichée 80 € hors taxe passe alors à 96 € pour votre client, ou ne vous rapporte plus que 66,67 € si vous maintenez le même prix affiché. Les particuliers ne récupèrent pas la TVA, c’est donc une vraie décision de prix. En cas de création en cours d’année, les seuils sont ajustés au nombre de jours d’activité. Le seuil majoré de 41 250 €, ajusté, sert à savoir si la TVA devient applicable dès l’année de création. L’année suivante, la franchise est maintenue si le chiffre d’affaires de la première année n’a pas dépassé le seuil de base de 37 500 €, ajusté de la même façon, puis tant que vous restez sous 41 250 €. Une création en cours d’année peut donc faire perdre la franchise plus tôt que prévu. La cotisation foncière des entreprises (CFE) ne vous est pas facturée l’année de création. L’année suivante, sa base est réduite de moitié. Les entreprises dont le chiffre d’affaires de référence ne dépasse pas 5 000 € sont exonérées de la cotisation minimum. Si vous exercez dans un local professionnel, la CFE reste calculée sur sa valeur locative.

Du chiffre d’affaires au revenu réel d’un hypnothérapeute

Le revenu dépend moins du tarif que du nombre de séances réellement tenues. Un planning est rarement plein, et chaque séance suppose du temps non facturé pour l’accueil, les messages, la préparation et la comptabilité. Le tableau suit quatre profils fictifs. Les tarifs et les volumes sont des hypothèses de simulation Novistart, pas des statistiques. Les simulations sont réalisées sans ACRE, sur la base de 25,6 % de cotisations sociales et de 0,2 % de contribution à la formation professionnelle. Les tarifs sont exprimés hors TVA lorsqu’elle s’applique. Pour votre propre cas, le simulateur Novistart fait le calcul avec vos chiffres.

Profil Séances par mois Prix de la séance CA annuel Cotisations et CFP Reste avant frais et impôt
Démarrage 20 60 € 14 400 € 3 715 € 10 685 €
Installé 40 70 € 33 600 € 8 669 € 24 931 €
Confirmé 60 80 € 57 600 € 14 861 € 42 739 €
Établi et spécialisé 70 90 € 75 600 € 19 505 € 56 095 €

Le profil établi est un scénario de pleine activité, soit environ seize séances par semaine, toute l’année, sans congé ni annulation. Il ne représente pas un revenu facilement accessible. Ces montants sont du chiffre d’affaires diminué des seules cotisations, avant frais professionnels, avant impôt et avant les périodes creuses.

Tarifs et TVA. Tant que vous bénéficiez de la franchise en base, le prix facturé correspond au montant encaissé, sans TVA. Une fois la TVA applicable, les prix du tableau s’entendent hors taxe. Les profils Confirmé et Établi dépassent le seuil de franchise. Si vous conservez un prix affiché de 80 € TTC, votre séance ne vous rapporte plus que 66,67 € hors taxe. Exemple. Laure, ancienne responsable RH, reçoit en moyenne 32 clients par mois à 75 € la séance. Son chiffre d’affaires annuel est de 28 800 €. Elle paie 7 372,80 € de cotisations à 25,6 %, plus 57,60 € de CFP, soit 7 430,40 € de charges sociales. Il lui reste 21 369,60 € avant frais. Ses frais réels s’élèvent à 4 400 € par an, dont 3 000 € de location d’une salle deux jours par semaine, 300 € d’assurance, 600 € de supervision et de formation continue et 500 € de logiciel de réservation et de site. Il lui reste donc 16 969,60 €, soit environ 1 414 € par mois avant impôt. Son bénéfice imposable est de 19 008 €, puisque l’abattement de 34 % retire 9 792 € de son chiffre d’affaires.

Calculer le prix plancher d’une séance

Partez du revenu que vous voulez obtenir, pas du tarif du cabinet voisin. Pour viser 2 000 € par mois avant impôt avec 4 400 € de frais par an, soit environ 367 € par mois, et 25,8 % de charges sociales (cotisations et CFP), il faut un chiffre d’affaires d’environ 3 190 € par mois. À 40 séances, cela donne un prix plancher de 80 € la séance. À 25 séances, il monte à 128 €. Si le marché de votre ville n’accepte pas ce prix, ce sont la structure de vos frais et le nombre de séances qu’il faut revoir, pas votre objectif de revenu. Ce prix suppose une franchise de TVA. Or 3 190 € par mois représentent 38 280 € sur l’année, soit un peu plus que le seuil de 37 500 €. Si vous atteignez ce niveau, la TVA s’appliquera l’année suivante et ces 80 € deviennent un prix hors taxe, soit 96 € TTC pour votre client.

Micro-BNC ou déclaration contrôlée

Le micro-BNC convient particulièrement aux hypnothérapeutes qui reçoivent à domicile, en visioconférence ou dans une salle louée ponctuellement. Il applique un abattement forfaitaire de 34 % sur vos recettes, sans déduction individuelle des dépenses réellement supportées. Quand les frais deviennent importants, avec la location régulière d’un cabinet, une formation coûteuse ou du matériel, la déclaration contrôlée mérite d’être étudiée. Elle permet de déduire vos charges réelles, mais elle demande une comptabilité plus complète. Vous pouvez l’adopter en restant en entreprise individuelle, sans créer de société. Un coût souvent oublié. Selon Service-Public, l’option pour un régime réel d’imposition met fin au régime micro-social et au versement libératoire. Comparez donc l’ensemble des conséquences fiscales, sociales et administratives, et pas seulement le montant de vos frais. La décision se joue sur ce qu’il vous reste réellement après vos dépenses et vos prélèvements. Dépasser le plafond de chiffre d’affaires de 83 600 € deux années de suite ne vous oblige pas non plus à créer une société, car vous pouvez rester en entreprise individuelle sous le régime de la déclaration contrôlée. Si vous hésitez sur la société, le comparatif micro-entreprise ou SASU détaille les cas.

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Plafonds et seuils à surveiller

Trois seuils comptent : le plafond de chiffre d’affaires de 83 600 € en micro-BNC, la franchise en base de TVA à 37 500 € (41 250 € en seuil majoré) et les limites de revenus du foyer pour le versement libératoire. Pour un hypnothérapeute, c’est le seuil de TVA qui arrive en premier. À 70 € la séance, 37 500 € correspondent à environ 536 séances par an, soit 45 séances par mois. Au-delà de ce seuil de base, la TVA s’applique à partir du 1er janvier suivant. Au-delà du seuil majoré de 41 250 €, elle s’applique dès le jour du dépassement. Si votre chiffre d’affaires dépasse 83 600 € deux années de suite, vous sortez du régime micro l’année suivante. Vous passez alors à la déclaration contrôlée, en entreprise individuelle ou en société. Anticipez ces moments au lieu de les subir.

Trouver ses premiers clients

Le premier canal est la recherche locale. Un profil Google Business complet, des avis authentiques et une page de votre site par motif d’accompagnement (stress, sommeil, confiance, préparation à un examen) travaillent pour vous toute l’année. N’affichez aucun témoignage qui parle de guérison, c’est précisément la promesse que la loi encadre. Le deuxième canal est celui des professionnels voisins. Un sophrologue, un naturopathe, un kinésithérapeute, une sage-femme ou un coach peuvent vous adresser des personnes, à condition que vous sachiez dire en deux phrases ce que vous faites et ce que vous ne faites pas. Un praticien de santé n’oriente pas vers quelqu’un qui promet de tout guérir. Les ateliers collectifs forment le troisième canal. Une intervention sur la gestion du stress ou l’endormissement dans une entreprise, une association ou une salle de sport se facture sur devis et vous fait connaître de plusieurs clients potentiels d’un seul coup. Le quatrième est le contenu. Un article ou une vidéo qui explique le déroulement réel d’une séance rassure ceux qui craignent de perdre le contrôle, une idée reçue héritée de l’hypnose de spectacle, et filtre déjà les attentes irréalistes. Enfin, proposer un échange préalable gratuit de quinze minutes vous permet de repérer les demandes qui relèvent d’un médecin avant même la première séance.

Développer son activité

Un planning individuel plafonne vite, puisque vous ne pouvez tenir qu’une séance à la fois. La première piste est la spécialisation : sommeil, trac et prise de parole, préparation à un examen ou à une compétition, accompagnement des changements de vie. Une spécialité clairement définie permet au client de comprendre immédiatement ce que vous proposez. La deuxième piste consiste à compléter les séances par des ateliers en groupe, des programmes de plusieurs rendez-vous et des supports audio. Après quelques années, vous pouvez transmettre votre expérience par des ateliers, des formations ou des programmes en ligne, en gardant un cadre clair entre transmettre une méthode et promettre un soin. Le cadre fiscal de ces activités est abordé dans notre fiche consacrée à l’infopreneuriat.

Ce qui fait gagner de l’argent. Le plus rentable n’est pas d’ajouter des séances, c’est de réduire le temps non facturé. Un cabinet qui regroupe ses rendez-vous sur trois journées, avec des créneaux de 75 minutes, une réservation en ligne et un acompte à la prise de rendez-vous, gagne plus qu’un cabinet ouvert six jours avec des trous. L’annulation de dernière minute est le premier trou de recette.

La supervision régulière par un confrère plus expérimenté, une formation continue choisie sur programme et l’adhésion à une organisation professionnelle qui impose un code de déontologie renforcent votre crédibilité. Vérifiez ce que l’organisation apporte réellement avant de payer sa cotisation.

Les points de vigilance

Le premier piège est la promesse. Le sevrage tabagique, par exemple, est une demande fréquente, mais selon le rapport de l’Inserm de 2015, les études disponibles ne permettaient pas de conclure sur ce sujet, alors qu’il relevait un intérêt en anesthésie et dans le syndrome de l’intestin irritable. Ne garantissez jamais un arrêt, un résultat ou un nombre de séances. Le deuxième est le traitement médical de vos clients. Le code pénal sanctionne le fait de pousser, par des pressions ou des manœuvres réitérées, une personne atteinte d’une pathologie à abandonner un traitement médical en présentant cet abandon comme bénéfique, alors qu’il est manifestement susceptible, au regard des connaissances médicales, d’entraîner des conséquences particulièrement graves pour sa santé. Les peines sont d’un an d’emprisonnement et de 30 000 € d’amende, portées à trois ans et 45 000 € quand la provocation est suivie d’effet. Cette infraction, créée par l’article 223-1-2 à la suite de la loi du 10 mai 2024, impose une règle simple. Vous ne commentez jamais un traitement prescrit, vous encouragez le client à en parler à son médecin. Le troisième concerne les personnes en souffrance. Un client qui évoque des idées noires, des symptômes psychiques importants ou une douleur inexpliquée doit être orienté vers un médecin, ou vers le 3114, le numéro national de prévention du suicide, sans attendre la séance suivante. En cas de danger immédiat, contactez le 15 ou le 112. Préparez à l’avance une liste de professionnels vers qui adresser. Ce que vos clients vous confient sur leur santé constitue une donnée sensible au sens du RGPD. Notez le strict nécessaire, protégez vos notes et informez le client de ce que vous conservez. Enfin, votre protection sociale d’indépendant est moins étendue que celle d’un salarié, et une semaine d’arrêt maladie vous coûte directement vos séances. Une prévoyance, même minimale, mérite d’être étudiée dès la première année.

L’erreur qui coûte le plus cher. Écrire sur son site ou sur sa carte de visite que l’on guérit ou que l’on traite une maladie, ou le laisser entendre par des témoignages. Une telle promesse peut contribuer à caractériser l’exercice illégal de la médecine, dont les peines montent à cinq ans et 75 000 € quand l’infraction est commise en ligne. Le risque dépend de la nature des actes, des objectifs poursuivis et de la manière dont l’activité est présentée au public. Décrivez ce que la séance fait vivre, jamais ce qu’elle guérit.

L’analyse stratégique Novistart

Critère Note /100 Pourquoi ?
Simplicité du statut 80 Aucun diplôme ni inscription, micro-BNC classique et franchise de TVA possible.
Sécurité juridique 40 La frontière avec la médecine et le titre de psychothérapeute est étroite et les sanctions sont lourdes.
Facilité à trouver des clients 55 La demande existe, mais l’offre est abondante et la confiance se construit lentement.
Rentabilité potentielle 55 Entre 60 et 90 € la séance dans nos simulations, avec un revenu lié au remplissage du planning.
Légèreté des charges 85 Peu de frais fixes si vous recevez à domicile ou louez une salle à la demi-journée.
Potentiel de développement 45 Le planning individuel est borné par vos heures, les ateliers et les programmes élargissent le champ.

La note globale est la moyenne simple, non pondérée, de ces six notes éditoriales sur 100. Elle exprime l’appréciation de Novistart, pas une mesure statistique.

Score Novistart : 60 / 100. Un métier facile à lancer et léger en charges, dont le vrai risque est juridique avant d’être financier.

À qui ce métier convient réellement

L’hypnothérapie convient à ceux qui aiment écouter, structurer et poser un cadre autant que guider une séance. Elle convient moins à celui qui veut guérir les gens ou qui supporte mal la prudence des mots. Une activité qui dure repose sur trois habitudes. La première est de relire chaque texte public avec une seule question, « est-ce que je promets un soin ? ». La deuxième est de tenir un planning regroupé qui limite le temps perdu, la troisième de savoir dire à un client que sa demande relève d’un médecin. Si l’une de ces habitudes vous pèse, un métier qui touche moins au champ de la santé, comme le coaching, vous laissera plus de marge.

Sources et hypothèses de cette fiche

Les règles viennent de sources officielles. Les montants chiffrés sont des simulations construites à partir d’hypothèses, pas des moyennes observées.

Sources réglementaires

  • Urssaf, taux de cotisations du micro-entrepreneur en 2026, dont 25,6 % pour les activités libérales non réglementées, et affiliation retraite des professions libérales. Consulter la page
  • Service-Public Entreprendre, actualité du 11/02/2026 sur la réforme de l’ACRE. Consulter la page
  • Légifrance, articles L4161-1 et L4161-5 du code de la santé publique (exercice illégal de la médecine). Consulter la page
  • Légifrance, article 52 de la loi du 9 août 2004 et décret du 20 mai 2010 (titre de psychothérapeute), article 433-17 du code pénal. Consulter la page
  • Légifrance, article 223-1-2 du code pénal (provocation à l’abandon de soins).
  • Cour de cassation, chambre criminelle, 9 mars 2010, pourvoi n° 09-81.778.
  • Assemblée nationale, réponse à la question n° 15090 (JO du 18/12/2018). Consulter la page
  • Sénat, réponse à la question n° 08762 (JO du 14/02/2019). Consulter la page
  • BOFiP, exonération de TVA des soins (BOI-TVA-CHAMP-30-10-20-10). Consulter la page
  • Inserm, évaluation de l’efficacité de la pratique de l’hypnose (2015). Consulter la page

Hypothèses des simulations

Les profils, le nombre de séances par mois et les tarifs sont des hypothèses Novistart, sans source de marché citée. Le chiffre d’affaires annuel est calculé sur 12 mois. Les charges sociales retenues sont de 25,8 % (25,6 % de cotisations et 0,2 % de contribution à la formation professionnelle), sans ACRE. Le reste est donné avant frais professionnels et avant impôt. Fiche vérifiée le 2 novembre 2026. Notre façon de vérifier les règles et de construire les simulations est expliquée sur la page Notre méthode éditoriale.

Prêt à calculer le prix de votre séance ?

Tableau de bord du simulateur Cockpit Novistart, avec la décomposition mensuelle du chiffre d'affaires et le score du modèle
guide micro-entreprise

Questions fréquentes sur le métier d’hypnothérapeute en micro-entreprise

Faut-il un diplôme pour devenir hypnothérapeute ?

Non. L’hypnothérapeute n’est pas une profession réglementée, et aucun diplôme d’État ni inscription à un ordre n’est exigé pour s’installer. Le rapport de l’Inserm de 2015 le constate et note que les formations sont très hétérogènes. Un diplôme universitaire ou une formation longue et supervisée reste un atout de crédibilité. Il ne vous donne en revanche aucun droit supplémentaire, notamment celui de soigner ou de vous dire psychothérapeute.

Peut-on se dire psychothérapeute quand on pratique l’hypnose ?

Non, sauf inscription au registre national des psychothérapeutes. L’article 52 de la loi du 9 août 2004 réserve ce titre aux professionnels inscrits auprès de l’agence régionale de santé, après un doctorat en médecine ou un master de psychologie ou de psychanalyse et une formation en psychopathologie clinique. L’usurpation de titre est punie d’un an d’emprisonnement et de 15 000 € d’amende. Présentez-vous comme praticien en hypnose et décrivez votre accompagnement sans utiliser le mot psychothérapeute.

Qu’a-t-on le droit de promettre à un client ?

Un accompagnement, pas un résultat médical. Vous pouvez proposer une aide pour gérer le stress, améliorer le sommeil, gagner en confiance ou préparer une échéance. Vous ne pouvez ni diagnostiquer ni traiter une maladie, ni garantir une guérison, ni inciter un client à arrêter un traitement. L’exercice illégal de la médecine est puni de deux ans d’emprisonnement et de 30 000 € d’amende, et de cinq ans et 75 000 € lorsque l’infraction est commise en ligne.

Les séances d’hypnose sont-elles soumises à la TVA ?

Oui. L’exonération de TVA prévue pour les soins ne vise que les professions médicales et paramédicales réglementées, ainsi que les psychologues et les psychothérapeutes autorisés à porter leur titre. En micro-entreprise, vous bénéficiez de la franchise en base jusqu’à 37 500 €, avec un seuil majoré de 41 250 €. Si vous dépassez 37 500 € sans atteindre 41 250 €, vous facturez la TVA à partir du 1er janvier suivant. Si vous dépassez 41 250 €, vous la facturez dès le jour du dépassement. Tant que vous êtes en franchise, vos factures portent la mention « TVA non applicable, article 293 B du CGI ».

Quelles cotisations paie un hypnothérapeute en micro-entreprise ?

Vous payez 25,6 % du chiffre d’affaires encaissé, ramenés à 19,2 % avec l’ACRE pour une création à compter du 1er juillet 2026, si vous remplissez les conditions d’éligibilité et que vous la demandez dans les 60 jours qui suivent votre date de début d’activité. S’ajoute la contribution à la formation professionnelle de 0,2 %, collectée par l’Urssaf avec vos cotisations. Vous ne payez rien sur les périodes sans encaissement. Les cotisations se déclarent chaque mois ou chaque trimestre sur le site de l’Urssaf.

Combien gagne un hypnothérapeute en micro-entreprise ?

Cela dépend presque uniquement du nombre de séances tenues. Dans nos simulations, 40 séances par mois à 70 € donnent 33 600 € de chiffre d’affaires par an, soit environ 24 900 € après cotisations et CFP, avant frais et impôt. À 20 séances par mois à 60 €, le reste tombe à environ 10 700 € par an. Les prix s’entendent hors TVA. Ces chiffres sont des hypothèses Novistart, pas des statistiques de la profession.

Faut-il une assurance pour exercer l’hypnose ?

Aucun texte propre à l’hypnose ne l’impose, mais une assurance RC Pro est indispensable pour couvrir un client qui s’estime lésé. Vérifiez que le contrat nomme l’hypnose parmi les activités garanties, et qu’il couvre les séances à distance si vous en proposez. Comptez quelques centaines d’euros par an selon l’assureur, et comparez plusieurs devis.

Peut-on être hypnothérapeute auto-entrepreneur et rester salarié en même temps ?

Oui, le cumul est possible. Relisez d’abord votre contrat de travail, car une clause d’exclusivité ou de non-concurrence peut le limiter, et l’obligation de loyauté vous interdit de démarcher les clients de votre employeur. Exercez en dehors de vos horaires de travail. Si vous êtes agent public, le cumul d’activités est encadré et demande en principe une déclaration ou une autorisation de votre administration.

À partir de quel CA faut-il passer de la micro-entreprise à une société pour un hypnothérapeute ?

Le plafond de la micro-entreprise est de 83 600 €. Seul, il faut environ 77 séances par mois à 90 € pour l’atteindre, ce qui suppose un planning plein toute l’année. Le dépasser ne vous oblige pas à créer une société. Vous pouvez rester en entreprise individuelle sous le régime de la déclaration contrôlée. Une société devient plutôt utile quand vos frais dépassent l’abattement de 34 %, quand vous vous associez ou salariez d’autres praticiens, ou quand vous voulez arbitrer entre rémunération et dividendes. Le comparatif micro-entreprise ou SASU détaille ces cas.

Les séances d’hypnose sont-elles remboursées ?

En règle générale, non. L’Assurance maladie ne prend pas en charge les séances d’un praticien qui n’est pas un professionnel de santé. Certaines mutuelles prévoient un forfait pour les médecines douces, dont les conditions varient d’un contrat à l’autre. Précisez dès la prise de rendez-vous que la séance n’est pas remboursée, pour éviter les malentendus.

POUR ALLER PLUS LOIN

Fixer vos tarifs sans vous sous-payer

Un bon tarif se calcule à partir de vos cotisations, de vos frais et du temps réellement travaillé. Ces guides vous montrent la méthode pas à pas.

jonathan bouveret

À propos de l’auteur

Jonathan Bouveret

Fondateur de Novistart • Expert micro-entreprise

Lancer. Développer. Vivre de son activité.

Jonathan Bouveret aide les micro-entrepreneurs à y arriver. Sans jargon, sans complexité, sans se perdre dans l’administratif. Novistart, c’est son terrain de jeu. Un seul objectif : rendre la micro-entreprise aussi simple qu’elle devrait l’être.

Parce que la liberté se construit.